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CHRONIQUE PAR ...

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Blackmore
Cette chronique a été mise en ligne le 12 janvier 2011
Sa note : 15/20

LINE UP

-Arjen Anthony Lucassen
(guitares + Minimoog + Hammond)

-Peter Vink
(basse)

-Ed Warby
(batterie)

TRACKLIST

1) Down the Rabbit Hole
2) Digital Rain
3) Earth That Was 
4) Victim of the Modern Age 
5) Human See, Human Do 
6) 24 Hours
7) Cassandra Complex
8) It's Alive, She's Alive, We're Alive
9) It All Ends Here

DISCOGRAPHIE


Star One - Victims Of The Modern Age
(2010) - metal prog Space Metal - Label : Inside Out Music



Le stakhanoviste néerlandais du space opera rock est de retour ! A peine un an après la sortie de son dernier projet en date (l'excellent Guilt Machine), le voila qui rempile pour donner une suite à un autre, à savoir Star One ! De toute évidence, les caisses ne désemplissent pas avec Arjen et personne ne semble vouloir que la machine s'arrête. Sauf peut-être une partie des fans qui se morfondent devant tant de redondances et de gâchis, en particulier sur les albums du plus gros projet du monsieur, Ayreon.

Mais attaquer Lucassen sous le prisme de l'innovation n'est sans doute pas la plus pertinente des manières d'analyser son travail. Car ce qui rendait le dernier Ayreon peu digeste est bel et bien son casting mammouthesque et son manque d'inspiration ! Lucassen est en fait tout à fait capable d'accoucher d'albums intéressants et cohérents et l'a prouvé en 2009 avec Guilt Machine (qui se permettait même quelques pointes novatrices). Reste donc à savoir si Victim Of The Modern Age est un disque qui s'inscrit dans la même logique ou si ses boursouflures auront raison de lui face à la critique. La bonne nouvelle, chers amis, c'est qu'Anthony est clairement dans une période d'inspiration fertile et le prouve dès son excellent opener, "Digital Rain" !

Au programme : gros riffs, mur de guitares rythmiques bien carré, mélodie aérienne, moog et orgue hammond utlisé en lead à l'occase et en nappe de fond le reste du temps le tout intégré dans des structures suffisamment « complexes » pour susciter l'intérêt. L'orientation est claire et le fan ne sera pas perdu, on reprend les bases du premier Star One avec une prod plus lourde et des titres un poil plus recherchés. D'aucuns trouveront sans doute cette suite moins catchy mais les mélodies restent dans l'ensemble efficace. Surtout que le casting est excellent avec une mention très bien pour Damian Wilson et une excellente pour Russel Allen, tout simplement royal sur toute la durée du disque.

On l'a dit, l'orientation est heavy, tellement même qu'il s'agit sans doute de l'offrande musicale la plus lourde d'Arjen depuis Flight Of The Migrator. Les amateurs apprécieront donc l'étalage de roubignoles dont fait preuve le skeud, notamment sur "Victim of the Modern Age" ou "Cassandra Complex". Si la musique est ici forcément moins variée que sur un album d'Ayreon, les nombreux breaks instrumentaux ("Human See, Human Do") et la qualité constante des morceaux évacueront toute trace d'ennui. On remerciera d'ailleurs la durée relativement modeste du disque, de 53 min. Comme quoi, en allégeant un peu ses galettes, Arjen a finalement trouvé le bon équilibre et certains sont invités à faire de même.


Victim Of The Modern Age est donc une vraie réussite. Si le tout est bien moins aventureux qu'un Guilt Machine, il est aussi plus carré et réussi que les derniers Ayreon. Tout cela tend à prouver qu'Arjen s'est posé les bonnes questions sur les qualités de sa musique et ce, en dépit de l'aspect « commande » de ce type de projet. Il faut cependant bien être conscient de l'endroit ou l'on pose ses oreilles et ne pas s'émouvoir devant la redondance mélodique et instrumentale du tout. Mais ce coup-ci, les qualités du Star One outrepassent le problème.



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