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CHRONIQUE PAR ...

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Gazus
Cette chronique a été mise en ligne le 14 janvier 2011
Sa note : 16/20

LINE UP

-Dan Tompkins
(chant)

-Acle Kahney
(guitare)
 
-James Monteith
(guitare)
 
-Amos Williams
(basse+chœurs)
 
-Jay Postones
(batterie)

TRACKLIST

1) Acceptance - Concealing Fate Part One
2) Deception - Concealing Fate Part Two
3) The Impossible - Concealing Fate Part Three
4) Perfection - Concealing Fate Part Four
5) Epiphany - Concealing Fate Part Five
6) Origin - Concealing Fate Part Six

DISCOGRAPHIE

Concealing Fate EP (2010)
One (2011)
Altered State (2013)
Polaris (2015)

TesseracT - Concealing Fate EP
(2010) - barré metal prog Dzoïng metal texturé - Label : Century Media



En l’espace de six morceaux imbriqués dans un ordre logique sur le plan musical et inversé dans sa thématique et son émotion, TesseracT montre qu’il a en main tous les atouts pour se faire l’un des, sinon le, meneur d’une scène « Dzoïng » autoproclamée qui a encore tout à prouver si elle ne veut pas vite tomber en décrépitude. Pour ce qui est de TesseracT, en revanche, pas trop de souci à se faire. Non, vraiment pas.

Les six titres de ce Concealing Fate EP s’enchaînent selon un ordre assez particulier. La clé semble donnée par les noms des morceaux, comme l’explication des émotions et couleurs que l’on traverse durant près d’une demi-heure. Un départ mélancolique et libérateur. Une tourmente rythmée et envolée. Une spirale mélodique et désespérée. Un état de grâce downtempo. Une apparition groovy et violente. Une origine conclusive emplie d’un espoir qui ne pourra finir que déçu, mais ça, on ne le comprend que trop tard. L’humeur est âcre. L’impact indéniable.
Autre atout de TesseracT, et non des moindres, le chant de Dan Tompkins s’avère tout d’abord très agréable dans ses lignes claires, notamment dans les nombreux soundscapes et chœurs qu’il officie, mais aussi dans un registre agressif très type core. Pour faire simple, il suffit d’imaginer un mélange entre Ian Kenny de Karnivool pour l’aspect mélodique et de Devin Townsend pour l’aspect stratifié des chœurs, entre hurlements et chant clair agressif, sans pour autant atteindre le niveau des deux références en question. Reste que le jeune chanteur possède déjà un grain bien personnel.
Bien que tordus à souhait et pas forcément assimilables dès la première écoute, ces parties de guitare s’avèrent à la fois inspirées, variées (il faudrait compter le nombre de plans différents servis par morceau) et baignant dans un groove constant mené par un jeu de batterie complexe et ample. Le plus réussi reste sans doute le fait que la lassitude n’est pas de la partie, une bien bonne chose, étant donné que c’est certainement ce qui tuera à la longue ce mouvement autoproclamé qu’est le « Dzoïng ».Car si Meshuggah arrive à tenir bon après plusieurs albums, difficile d’en dire autant de toute une scène.
En attendant ce jour, autant se concentrer sur le metal « Dzoïng » de TesseracT, qui s’avère non dénué d’intérêt. Si les guitares éhontément graves remplissent leur office sur le plan rythmique avec une précision qui force le respect (à se demander à quoi peut bien servir la basse), elles servent tout autant à assurer les plans mélodiques, tant par les lignes claires qui font bien souvent office d’introduction ("Acceptance", "The Impossible") que par la construction des riffs. Autant dire que le temps de la blague sur les riffs à une note est tout simplement révolu. D’autant que les riffs en question sont excellents.
Si le groupe définit sa musique comme du metal progressif, celle-ci est bien souvent rattachée au mouvement « Djent »,un terme bien barbare pour décrire un metal polyrythmique intimement lié à Meshuggah, mais aussi à Textures pour son aspect mélodique et atmosphérique. Pour info, l’expression « Djent » fait directement référence au son des guitares sous-accordées utilisées dans le genre. D’ici-là que l’Académie française y mette son nez, il y aura donc bientôt des rayons « Dzoïng », « Klonk Klonk » ou encore « Kreuh Kreuh » chez tout bon disquaire spécialisé.


Après une démo sortie en 2007 qui permet au groupe de se faire pas mal de fans sur le plan international, ainsi qu’une grosse série de concerts qui ne fait qu’accroître leur réputation de potentiels tueurs, notamment auprès de Devin Townsend, les Anglais de TesseracT livrent en 2010 ce Concealing Fate EP... en attendant leur premier album prévu pour 2011. Voilà un début de carrière qui suit un ordre assez particulier­.


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