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CHRONIQUE PAR ...

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Flower King
Cette chronique a été mise en ligne le 17 janvier 2011
Sa note : 13/20

LINE UP

-Tommy Karevik
(chant)

-Johan Liefvendahl
(guitare)

-Andreas Söderin
(claviers)

-Andreas Blomqvist
(basse)

-Johnny Sandin
(batterie)

TRACKLIST

1)Wiseman
2)Alley Cat
3)The Angelmaker
4)King of Whitewater
5)Long Way Home
6)Move On Through
7)The Great Escape


DISCOGRAPHIE


Seventh Wonder - The Great Escape
(2010) - metal prog - Label : Lion Music



Avec Mercy Falls, Seventh Wonder avait de quoi se placer dans le peloton de tête des seconds couteaux du metal prog. Ils avaient l’ambition, le niveau technique pour l’assumer, un son parfait, et une aisance pour pondre des refrains composés aux petits oignons, qui vous accrochent et ne faiblissent pas avec les écoutes. Restait, pour frapper fort, à gommer leur tendance mélodramatique latente, et à ne pas chercher à remplir la galette à ras-bord. Ce dernier point est le seul à marquer une évolution entre le précédent disque et The Great Escape, car pour le reste, ça sent le surplace…

Voyons le bon côté des choses : les points forts du groupe sont toujours en place. On retrouve ses marques dès "Wiseman", pièce d’entrée hyper-pêchue portée par le chant vibrant de Tommy. On attend que le refrain vienne nous cueillir comme un fruit mûr… et on n’est pas déçu. Sauf que ce titre, on aurait pu le retrouver sans problème sur Mercy Falls : l’atmosphère dégagée, les twists mélodiques, ou même la forte présence du piano nous renvoient aux "Paradise" et "Welcome to…" d’il y a 2 ans. Et cette impression, elle ne nous quittera pas tout au long du disque ; comme si les Suédois tenaient une formule de composition déclinable à l’envi, avec certes de meilleurs résultats qu’une majorité de leurs camarades, mais qui sonne malgré tout comme une variation de ce que l’on a déjà connu. Maintenant, si on accepte de ne pas rester le petit doigt levé, il y a quand même de quoi se faire plaisir en plus de "Wiseman" ; que dire de "King of Whitewater", qui démarre d’entrée par une mélodie aussi cul-cul qu’entêtante, enchaîne les lignes vocales à tomber, fait dans la section instrumentale bien troussée, avec un côté « happy » qui ne lâche rien durant les presque huit minutes de ce carton ? On se tait, et on se régale.

Le problème, c’est que les points critiques de l’album précédent font également leur retour sur The Great Escape, à commencer par leur goût douteux pour les ballades sirupeuses. Par chance, il n’y en a qu’une cette fois-ci ; mais par malchance, cette "Long Way Home" est plus intolérable que l'ensemble de celles que l’on pouvait trouver sur Mercy Falls. Une mélodie larmoyante qui tape sur les nerfs, un refrain qui essaie très fort de retrouver l’esprit d’un "Wind of Change" mais passe complètement à côté, et une reprise avec voix féminine en hypertension : n’en jetez plus, c’est une catastrophe. Passe encore pour cet écart, mais quand le morceau-titre, gros pavé d’une demi-heure, démarre de la même manière, avec un Tommy qui en fait plus que jamais des caisses, on craint le pire. Fort heureusement, la pièce s’emballe rapidement, et entame un périple sympathique parsemé de thèmes, comme à l’habitude du groupe, bien troussés, aux accroches vocales fortes, avec de belles harmonies ici et là. Ça s’écoule bien, mais il manque un liant, un thème fort, et on en sort plus avec l’impression d’avoir dégusté cinq mignardises qu’une véritable pièce montée. Un bon moment, mais pas ce qui fera entrer Seventh Wonder dans l’Histoire.


Petite déception sur ce millésimé 2010 qui n’est pas plus heavy, sombre, pop, complexe ou quoi-que-ce-soit que le précédent, mais qui s’est contenté gentiment de vivre sur ses acquis, tout en proposant une pièce de résistance pour faire bonne figure. Il y a là un savoir-faire qu’on ne niera pas, et qui aide The Great Escape à sortir de la masse sans trop de problèmes ; mais il ne faudrait pas nous faire ce coup-là trop souvent, quand même.



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