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CHRONIQUE PAR ...

15
Flower King
Cette chronique a été mise en ligne le 07 février 2011
Sa note : 15/20

LINE UP

-Conrad Keely
(chant+guitare+claviers)

-Jason Reece
(guitare+batterie+chœurs)

-Autry Fulbright II
(?)

-Aaron Ford
(?)

TRACKLIST

Tao Of The Dead Part One:
1) Introduction: "Let's Experiment"
2) Pure Radio Cosplay
3) Summer of All Dead Souls
4) Cover the Days Like a Tidal Wave
5) Fall of the Empire
6) The Wasteland
7) Spiral Jetty
8) Weight of the Sun (or the Post-Modern Prometheus)
9) Pure Radio Cosplay (Reprise)
10) Ebb Away
11) The Fairlight Pendant

12)
Tao Of The Dead Part Two:
- Know Your Honor
- Rule by Being Just
- The Ship Impossible
- Strange Epiphany
- Racing and Hunting


DISCOGRAPHIE


(2011) - rock - Label : Superball Music



Ça leur pendait au nez, à nos geeks texans préférés : à force d’enregistrer des disques qui se voulaient gargantuesques dans le fond, il fallait bien qu’un jour ou l’autre la forme suive. C’aurait pu être le coup du triple album, mais les Trail Of Dead ont préféré opter pour le concept : un bloc de cinquante minutes découpé en deux parties, et voilà que le progueux qui sommeille en vous s’émoustille en pensant que le groupe est passé en mutation Yes pour de bon. Désolé de vous décevoir, mais concept ou pas, la formule ToD n’a pas connu de grands changements… et ce n’est pas si mal.

Tao Of The Dead commence d’ailleurs de la même manière que The Century Of Self : une intro épique qui fait monter la sauce, plus un titre d’entrée qui explose sur son riff principal, balancé à toute allure et toutes tripes dehors. Et si "Pure Radio Cosplay" n’a pas l’impact fulgurant de "Far Pavilions", ça reste une sacrée bombe de rock maximaliste, comme à l’accoutumée chez eux. Pour autant on ne peut pas dire que le groupe fasse du surplace. Quelque chose a changé dans la façon de procéder ; est-ce dû à la configuration réduite du line-up, réduit de 2 membres ? Difficile à dire, car à 4, les Trail Of Dead ont encore de quoi faire un sacré boucan quand ils le veulent, et le jour où ils se mettront au lo-fi n’est pas encore né. Ceux qui n’ont pas supporté la grandiloquence de The Century Of Self sont dispensés de se présenter à cette session, ça n’ira pas mieux pour vous. En revanche, le discours s’est fait plus aéré, et les espaces non saturés, réduits à la portion minimale sur l’album précédent, sont plus présents, mieux répartis, et surtout moins anecdotiques.

Bah oui, on avait beau aimer "Luna Park" ou "Pictures of an Only Child", on avait bien du mal à les considérer comme un sommet du disque, ou même à les sentir comme indispensables dans la dynamique globale. Alors qu’ici, les "Spiral Jetty", "Ebb Away" ou "Rule by Being Just", au-delà de leur rôle de pauses bienvenues, se fondent à merveille dans le décor et prolongent, dans leur atmosphère acoustique et cotonneuse, le beau film qui se déroule devant nos oreilles. C’est là la belle réussite de ce Tao Of The Dead, quand bien même on n’aurait aucune idée de l’histoire qui nous est racontée – et c’est le cas – d’avoir réussi à proposer un tout bien agencé, sans temps mort, et plutôt diversifié, jusqu’à nous donner de sacrées belles surprises : quand déboule le beat motorik de "The Fairlight Pendant", on se dit que le groupe ne va quand même pas oser l’instrumental krautrock… sauf que si, ils s’y tiennent, et dans cet exercice de brume psychédélique dissonante, ils cartonnent. Et ils le savent, tant et si bien qu’ils passent la seconde couche dans la Part II ("The Ship Impossible") avec un peu moins de succès, mais ça reste une corde à ajouter à leur arc ! Et une direction qui pourrait donner de belles choses à l’avenir.

Tao Of The Dead, c’est un voyage en terrain – presque – connu, auquel on se prête sans peur d’être déçu, tant les Texans savent y faire pour enchaîner les accroches mélodiques et empiler les couches sonores dans un grand concerto rock pétaradant. Mais l’absence, durant le trajet, de vraies claques dans la tronche à répétition, nous empêche d’être aussi enthousiastes que pour l’excursion précédente, certes plus éclatée, mais où les sommets étaient aussi plus nombreux. Que cela ne vous empêche pas de vous éclater dans cette très belle escapade en Technicolor… elle en vaut la peine.



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