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CHRONIQUE PAR ...

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TheDecline01
Cette chronique a été mise en ligne le 18 février 2011
Sa note : 12/20

LINE UP

Agoraphobic Nosebleed :

-Jay Randall
(chant)
 
-Katherine Katz
(chant)
 
-Richard Johnson
(basse+chant)

Scott Hull
(guitare+batterie+programmation) 

Despise You :

-??

TRACKLIST

Despise You :
1) Bereft
2) Repeat Until you Fail
3) Roll Call
4) 3/26/2000
5) Three Day Hold
6) Yes Officer/No Officer
7) Fear’s Song
8) Two or Ten Faces
9) Shit Goes in, Shit Comes out
10) You Can’t Fix Me, Don’t Trip
11) Painted Gray
12) All the Regimes You Hold Most Dear
13) Destinial
14) Bankrupt Social Code
15) Seven Funerals
16) They All Died Is What Happened
17) ...And Expirations
18) Cedar Ave. (Was the Best Place to Watch People Ascend to Heaven)
 
Agoraphobic Nosebleed :
19) Half Dead
20) As Bad as It Is...
21) Miscommunication
22) Los Infernos
23) Ungrateful
24) Possession
25) Burlap Sack

DISCOGRAPHIE


Agoraphobic Nosebleed + Despise You - And On And On...
(2011) - grindcore - Label : Relapse Records



Split : n.c. d’origine anglaise désignant la faculté de séparer un crâne en 2 parties plus ou moins égales. Autre signification : Inclination des groupes underground à faire un album commun pour partager leurs visions musicales.
La 2ème définition est ici de rigueur. Peu étonnante en soi lorsqu’elle est appliquée au grindcore, genre par définition confiné à l’underground par son extrémisme. En plus, l’esprit de famille grind pousse les groupes vers ce genre de pratique à plusieurs, mêlant plaisirs buccaux, martèlements et assauts cordés.

 
L’affaire est plus sérieuse encore car Despise You revient après un long silence de 10 ans, délaissant ses fans de gâteries hardcore. Et symboliquement, il s’agit d’une confrontation West Coast (Despise You)/East Coast (Agoraphobic Nosebleed). Les dés sont jetés, il va falloir que ça fasse mal pour célébrer cette réunion. Despise You s’offre la première partie de cette mini galette au travers de 18 chansons qui vous feront allègrement naviguer par le grindcore, le hardcore et même un poil de Motörhead (écoutez donc "Fear’s Song" qui n’aurait pas dépareillée sur un Ace of Spades). Et dans une tradition très core du grind, donc forcément vindicative avec des hurlements beuglés bien éloignés de borborygmes graisseux qui affligent le grind/death. L’honneur est maintenu sauf tout au long de ces 18 pistes, tant par la conviction du combo qui alterne chant masculin/chant féminin que par la qualité des compositions. Point de révolution, mais des touches salutaires d’originalité ou d’inspiration. Touches audibles sur une "Three Day Hold" qui propose un mid-tempo tout à fait agréable dans cette sécheresse core et un "Yes Officer/No Officer" (notez par la confirmation des titres que nous sommes bien en présence de core et non de gore) qui offre une bonne montée en puissance. L’ensemble est évidemment contenu à la minute par chanson, sauf pour la trop longue "Cedar Ave.", comme son titre d’ailleurs, qui conclut la face Despise You.
 
Vient ensuite la face Agoraphobic. Surprise ! Le 1er titre dépasse les 4 minutes ! Horreur et trahison ! Pour qui se souvient de la farce Altered States Of America (100titres en 22 min pour mémoire), l’alarme vient à  l’œil. Autre étonnement, ou ligne logique, le groupe continue dans sa musicalité de plus en plus grande. De vrais riffs sont clairement audibles et la chanson tient la route, vraiment. Les blagues de 4 secondes sont loin. La démarche suit en ce sens Agorapocalypse déjà nettement moins extrême dans sa forme. On se rapproche clairement de riffs thrash (à peu près sur toutes les 8 chansons, notamment "Possession" qui n’est pas très loin de rappeler Celtic Frost sur son refrain et possède un solo à faire pâlir de jalousie Death Angel) dans de réelles compositions. En fait, seuls 3 titres viennent descendre nettement sous la minute, quel chemin parcouru par le groupe ! Est-ce pour autant agréable ? Oui, la détermination de l’ex-Anal Cunt Scott Hull est intacte dans sa force de caractère mais différente dans son expression. Malheureusement on pourra regretter que le groupe cherche absolument à s’étendre sur plus de 4 minutes (cela arrive 2 fois), c’est trop pour un groupe qui maintient sa filiation grindcore. Le format de 2 minutes de "Possession" est bien plus convaincant. Toutefois, la démarche est louable et salvatrice face à l’auto-confinement dans lequel risquait de se noyer le groupe à faire des chansons de 4 secondes.

 
Que reste-t-il à moudre (to grind, ah ah => rires) de ce split au final ? L’impression de 2 groupes intègres et respectueux de leur genre punkisant, vindicatifs, surtout pour le plus vieux des 2 (Despise You). Agoraphobic tend à montrer une nouvelle facette moins grind pure et plus axée « musique » qui ne convainc pas entièrement. L’ensemble est à écouter pour l’amateur de core en tout genre mais les amateurs plus metal seraient avisés de ne poser qu’une oreille curieuse sans probablement s’attarder.


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