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CHRONIQUE PAR ...

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Oni²
Cette chronique a été mise en ligne le 27 mars 2011
Sa note : 9/20

LINE UP

-Luis Dubuc
(chant+guitare)

-Zack Ordway
(guitare)

-Elliot Coleman
(basse)

-Travis Orbin
(batterie)

TRACKLIST

1)Nothing Matters
2)Death Eyes
3)Off Guard
4)Save the Humans
5)We Wish Death
6)False God
7)Carpe Noctum
8)Cannibal King
9)Consecro
10)The Last Leader

DISCOGRAPHIE

Stranded (2011)

Of Legends - Stranded
(2011) - hardcore barré dzoing - Label : Season Of Mist



Ces dernières années ont vu émerger une lignée de musiciens fortement influencés par les travaux de Meshuggah, Sikth ou récemment Textures. Cette scène, si on peut la considérer comme telle, est visiblement condamnée à sombrer très vite, vu la proportion de clones dépourvus de réelle personnalité qui l'envahissent. De temps en temps, quelques groupes parviennent à faire ressortir le meilleur du genre, comme ce fut le cas de TesseracT. On ne pourra malheureusement pas en dire autant d’Of Legends, qui a pourtant toutes les connaissances techniques en main, si seulement cela suffisait …

Le démarrage donne une impression de : « je m’échauffe, attention, ça va péter ». On craint que l’intro à base de roulements de batterie ne s’éternise un peu mais finalement le premier riff ne tarde pas trop. Bien, bien, on sent le chanteur beugler avec conviction. Premier break et … mais qu’est-ce donc ? C’est un solo de guitare ça ? Non pas vraiment en fait, plus un brouhaha expérimental qui n'apporte pas grand chose au morceau. Après tout, pourquoi pas. Et ça reprend comme au début. Pour un titre d’ouverture, l’impression est mitigée. Hélas, ce triste constat est valable pour TOUT l’album. Impossible d'en détacher un seul des autres, tant ils se ressemblent. Autant dire que se farcir plus de 2 chansons d’Of Legends à la suite est un supplice. Et aucune d’entre elles n’atteint la barre des 3 minutes ! A l’écoute d’un “Death Eyes”, on se dit : « Hey … on est passé à la piste 2 là ? » Et bien oui, ce n’était pas un autre break.

Stranded est l’exemple même de l’album qui justifie toutes les critiques les plus sévères adressées à la scène dzoing ou quiconque s’est un petit peu approprié l’approche musicale de Meshuggah et ses suiveurs. C’est techniquement irréprochable, mais exaspérant si l’on recherche un tant soit peu d’émotion. On accordera tout de même à “Save the Humans” le mérite d’assurer un beau rôle de défouloir, trop court cependant (même pas 2 minutes). Arrivé à  “We Wish Death” on a tout simplement l’envie furieuse de stopper la lecture (à supposer qu’on ait tenu jusque là). “False God” et “Cannibal King” avec leurs quelques blast-beats parviendront peut-être à sortir momentanément l’auditeur de son ennui. On a plusieurs fois le sentiment que les titres ont en fait été coupés en 2 histoire de rendre les morceaux aussi courts que possible. Mais à quoi bon ?

Le chanteur qui braille toujours sur le même ton, sans une once de modulation, n’arrange pas les choses. Vous me direz : « mais Jens Kidman aussi gueule toujours pareil », oui mais lui, il est secondé intelligemment par ses camarades. Et surtout, les Suédois précurseurs du genre ont quelque chose qui fait cruellement défaut à Of Legends : l’inspiration. Eux ne laissent pas l’impression d’avoir composé 10 fois la même chanson en retournant les riffs et la section rythmique dans tous les sens. L’absence totale de soli ou de plans aérés pénalise définitivement les américains. Ceci dit, si leur objectif était de donner un douloureux mal de crâne c’est gagné. Et Stranded ne dure que 25 minutes. A la dernière piste, une petite accélération thrash laisse espérer qu’ils vont enfin varier un petit peu leur propos et … non, ça n’a duré que quelques secondes. Quelques instants plus tard (à 30 secondes de la fin en fait), on entend  une petite incursion électro… qui ne durera pas non plus. Pas de concession, ont-ils décidé. Et c’est dommage.


À moins d’être drogué aux cassures rythmiques non stop, Of Legends ne devrait plaire qu’à une minorité. Si les qualités techniques suffisaient à faire un bon album, Stranded aurait une bonne place parmi les meilleures sorties de l’année. Au lieu de ça, il n’aura droit qu’à l’indifférence. L’approche jusqu’au-boutiste est louable, mais pas si elle se fait au détriment de la musique. Espérons pour eux qu’ils sauront en tenir compte à l’avenir.




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