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CHRONIQUE PAR ...

73
Dimebag
Cette chronique a été mise en ligne le 03 avril 2011
Sa note : 13/20

LINE UP

-Lars Tekolf
(chant)

-Marco Andree
(guitare)

-Loc Tran
(guitare)

-Matthias Machenheimer
(basse)

-Florian Dürr
(batterie)

TRACKLIST

1)Welcome to Forever
2)My Bitterness
3)False Absolution
4)Perfection
5)Awaken
6)My Poison
7)Day of the Apocalypse
8)Scum Belongs to Scum
9)Wanderin Stars
10)Buried to the Sea

DISCOGRAPHIE


Six Reasons To Kill - Architects Of Perfection
(2011) - metalcore deathcore - Label : Massacre



Le moins que l'on puisse dire, c'est que la scène metalcore est, en Europe comme aux USA, quelque peu embouteillée. Mais il serait plus proche de la vérité de dire qu'elle est en fait complètement saturée, envahie par des groupes qu'il devient difficile de différencier tant le son qu'ils proposent est similaire. Bref, c'est pas trop l'éclate pour les fans de la première heure dont je fais partie, qui se demandent comment un groupe peut arriver à tirer son épingle du jeu et arriver à proposer à truc un peu plus kiffant que la moyenne.


Certains y arrivent en mélangeant les genres ou en se démarquant par un côté barré plus ou moins prononcé (Iwrestledabearonce, Arsonists Get All The Girls, etc.), ou encore en faisant preuve d'une virtuosité technique à part (Born Of Osiris et certains de leurs consorts de chez Sumerian Records), mais d'autres parviennent également à proposer des trucs assez agréables tout en restant bien ancrés dans les codes du genre et sans donc faire preuve de la moindre originalité. Les Allemands de Six Reasons To Kill sont indéniablement de ceux-là. Ce Architects Of Perfection, 6e sortie du groupe (4 albums et 2 splits), porte clairement la marque d'un groupe mûr et qui maîtrise parfaitement son propos. Et comme je le disais pourtant, rien d'hyper original dans tout ce que les teutons proposent : du metalcore à tendance bourrin tirant sur le deathcore, surproduit comme il se doit (guitares ultra lourdes, batterie triggée à mort, grosse basse qui traine par terre), soutenu par une voix alternant les classiques du genre entre growl caverneux, cris coreux et quelques pigsqueals de ci de là (fort heureusement utilisés avec parcimonie). Très peu de voix claires (à part sur ''My Poison''), ce qui finit par étonner pour un groupe de metalcore et vient confirmer la veine assez violente choisie par le groupe. Mais du classique de chez classique donc. Ce qui fait la force des Allemands, c'est en fait tout simplement un certain talent de composition, une capacité à alterner les rythmes et les ambiances en gardant une ligne directrice claire et une cohérence dans les compos.

L'ensemble est soutenu par une technique irréprochable et deux guitaristes loin d'être manchots, que ce soit au niveau des riffs ou des quelques soli qui émaillent ce Architects Of Perfection. Les influences sont nombreuses, aussi bien purement metalcore (Killswitch Engage ou Chimaira) que mélodeath (In Flames notamment), voire hardcore (sur ''Awaken'' par exemple). Les Allemands n'évitent pas forcément les écueils du genre (un peu trop de beatdowns bas du front à mon goût, comme sur le final de ''Day of the Apocalypse'' par exemple), mais ils s'en sortent avec les honneurs en envoyant quelques séquences dignes des meilleurs groupes du genre (le refrain de ''My Bitterness'' par exemple, ou le très bon '''Perfection''), et plus généralement en proposant un truc agréable à écouter, qui ne lasse pas malgré la durée assez longue de l'opus (50 minutes pour du metalcore, par les temps qui courent, ça commence à ressembler à du prog !). Bref, un album solide, sérieux et qui ne manque pas de balls et de sincérité. Cependant, on ne peut s'empêcher de regretter un tel manque de prise de risque et d'originalité. Certes les mecs sont bons, mais c'est peut-être justement pour cela qu'ils pourraient tenter d'aller un peu plus loin et de proposer quelque chose de plus que du metalcore certes bien exécuté et inspiré mais encore très loin de rattraper les gros poissons du genre (This Or The Apocalypse ou encore Sylosis, qui vient d'accoucher d'un véritable monstre très prochainement chroniqué et encensé dans ces pages !).


Bref, tout ça me donne assez envie de finir avec un bon vieux cliché sur la rigueur allemande, la qualité du travail produit, tout ça, et je ne m'en prive donc pas. Six Reasons To Kill c'est un peu Volkswagen. C'est solide, de qualité, mais indéniablement, il manque un truc par rapport aux concurrents plus « chicos » du genre. Un supplément d'âme, d'identité. L'énergie est là, elle est maitrisée, mais il manque encore la petite étincelle qui fera de ce groupe de véritables « architectes de la perfection ».


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