453

CHRONIQUE PAR ...

5
Fishbowlman
Cette chronique a été importée depuis metal-immortel
Sa note : 14/20

LINE UP

-Ian Gillan
(chant)

-Invités

TRACKLIST

1)Unchain Your Brain
2)Bluesy Blue Sea
3)Day Late and a Dollar Short
4)Hang Me Out to Dry
5)Men of War
6)When a Blind Man Cries
7)Sugar Plum
8)Trashed
9)No Worries
10)Smoke on the Water
11)No Laughing in Heaven
12)Speed King
13)Loving on Borrowed
14)I'll Be Your Baby Tonight

DISCOGRAPHIE


Gillan - Gillan's Inn
(2006) - hard rock - Label : Silverline



Non, Gillan's Inn n'est pas un recueil de chants de Noël, il ne faut surtout pas se fier à la pochette! Qui aurait cru que Ian Gillan allait rejouer un jour les titres les plus heavy de toute sa carrière? Depuis l'annonce du projet Gillan's Inn, on sait que notre homme n'entend pas renier le passé, sa carrière solo ou même son passage chez Black Sabbath. Un projet alléchant, avec une tonne d'invités des plus prestigieux, on peut citer en vrac Joe Satriani, Toni Iommi, Steve Morse, Roger Glover, Ian Paice, Jon Lord, Jannick Gers, Uli Jon Roth, Ronnie James Dio, Joe Elliott... et j'en oublie! On retrouve aussi des musiciens qui l'ont accompagné durant sa carrière solo (Steve Morris et Mickey Lee Soule). Il est surprenant par contre que les musiciens des heures glorieuses de Gillan, entre 1979 et 1982, n'aient pas été conviés. Hormis Jannick Gers, les autres semblent ne toujours pas avoir digéré les conditions douteuses dans lesquelles le split de Gillan a eu lieu.

Quelques réserves avaient été émises quant à l'intérêt d'un tel album: qu'est-ce que les nouvelles versions vont apporter de plus par rapport aux versions originales? Ian Gillan sera-t-il toujours capable de les chanter correctement C'est vrai qu'il n'a pas choisi les plus simples: "Bluesy Blue Sea", "Unchain Your Brain", "Men Of War", "Hang Me Out To Dry", "No Laughing In Heaven"... Autant de titres particulièrement exigeants sur lesquels Ian Gillan hurlaient comme jamais à l'époque. Inutile de rappeler que les albums solo sont bien meilleurs que ceux de Deep Purple depuis la reformation (hormis Purpendicular, Perfect Strangers et - dans une moindre mesure - Rapture Of The Deep), tout l'intérêt est là en fait, se faire plaisir avant tout!

Et le plus inattendu dans tout ça, c'est bien la nouvelle version de "Trashed"... Ian Gillan qui rechante du Born Again en 2006, a priori il y avait de quoi s'inquiéter! Dans une configuration Deep Sabbath inédite (avec Toni Iommi, Roger Glover et Ian Paice) et avec des guitares très heavy, accordées plus graves, Gillan s'en sort plutôt bien. Etonnant! Comme quoi en studio, on est capable d'accomplir des miracles mais on le voit mal tenir toute une tournée comme ça. Il se lâche quand même plus en solo que chez Deep Purple. Bien sûr, il n'a plus le même niveau qu'en 1982 et on pourra s'étonner qu'il ait choisi de reprendre "Bluesy Blue Sea" et "Men Of War", ça entraîne inévitablement des problèmes de justesse pour le chant, il ne maîtrise pas toujours les "screamings". C'est l'intention qui compte, c'est déjà bien qu'il réessaye de pousser des gueulantes, il aurait pu se contenter de ne reprendre que des morceaux calmes.

On appréciera aussi la diversité du disque, on passe du gros heavy à du blues-rock peinard ("I'll Be Your Baby Tonight", excellente reprise de Bob Dylan, oui il arrive même à me faire aimer du Dylan ce gars). Un nouveau titre ("No Worries"), blues-rock cliché avec harmonica et des versions plus roots de "Hang Me Out To Dry" et "Loving On Borrowed Time", tous issus de sa période "américaine" sur Naked Thunder et Toolbox. On s'interrogera par contre sur la nécessité de reprendre du Deep Purple (pour des raisons commerciales j'imagine): "Smoke On The Water" et "When A Blind Man Cries" n'apportent absolument rien de neuf ici. Seule "Speed King" est excellente et très agitée comme à son habitude... Satriani la joue: c'est là où on voit à quel point Steve Morse et Joe Satriani ont un jeu quasi identique pour ce qui est de reprendre du Deep Purple!


Bref, bilan positif, ça n'apporte pas grand chose de neuf, c'est juste un album pour se faire plaisir. Il ne faut rien en attendre de plus. Les versions modernisées sont assez réussies dans l'ensemble, hormis quelques ratages ("Unchain Your Brain", un très bon Satriani mais des claviers massacrés, Gillan à la rue sur "Bluesy Blue Sea"). Mais cela passe comme une lettre à la poste une fois que l'on cesse de les comparer systématiquement avec les versions originales... Et comme les personnes qui ont jeté une oreille sur ses albums solos ne se bousculent pas au portillon, la question ne se pose même plus! Un très bon moyen de découverte donc que ce Gillan's Inn!


©Les Eternels / Totoro mange des enfants corporation - 2012 - Tous droits réservés
Trefoil polaroid droit 7 polaroid milieu 7 polaroid gauche 7