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CHRONIQUE PAR ...

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Oni²
Cette chronique a été mise en ligne le 08 avril 2011
Sa note : 11/20

LINE UP

-Roberth Karlsson
(chant)

-Lars Palmqvist
(chant)

-Jonas Kjellgren
(guitare+clavier)

-Per Nilsson
(guitare+claviers)

-Kenneth Seil
(basse)

-Henrik Ohlsson
(batterie)

TRACKLIST

1)The Anomaly
2)Illuminoid Dream Sequence
3)Extinction Mantra
4)Seers of the Schaton
5)Domination Agenda
6)Astronomicon
7)Rise of the Reptilian Regime
8)The Draconian Arrival
9)Alpha and Omega

DISCOGRAPHIE


Scar Symmetry - The Unseen Empire
(2011) - melodeath - Label : Nuclear Blast



La force du nombre : il n’en est point question chez Scar Symmetry. Depuis leur séparation de l’excellent Christian Alvestam, ils peinent à satisfaire l’amateur de death mélodique à très forte consonance pop. Et pourtant le monsieur est, depuis, parti faire à peu près la même chose qu’avant, chez Solution.45. Ces deux remplaçants (et oui, ils doivent s’y prendre à deux), malgré toute leur bonne volonté n’étaient pas parvenus pas à restituer ce contraste si saisissant que Christian maîtrisait comme personne. Deux ans après un Dark Matter Dimensions peu mémorable, qu’en est-il ?

Le constat est à peu près le même. D’originalité, il n’en est pas question non plus. Les Suédois appliquent la même formule depuis leur très bon Symmetric In Design, formule elle-même largement appliquée par leurs compatriotes de Soilwork et In Flames auparavant. Là où ce cher Christian parvenait régulièrement à nous faire dire : « Whoua ! C’est le même gus qui fait tout ça ? », avec seulement deux registres vocaux (death très death et son extrême opposé, clair ultra-mélodique, gay diront les détracteurs), Roberth Karlsson et Lars Palmqvist sont anecdotiques. On ne pourra à aucun moment leur reprocher d’être vraiment mauvais dans leurs rôles, mais l’impression, comme sur le précédent opus, qu’ils « se contentent d’être là » perdure. Et là aussi, comme sur Dark Matter Dimensions, ce sont les autres musiciens qui viennent agiter le public.

Les guitaristes en premier, on les savait parfaitement maîtres de leurs gammes, mais là ils ne lésinent vraiment pas sur les notes quand c’est leur tour de jouer. Parfois très démonstratifs (“Astronomicon”), ils ont déjà largement prouvé qu’ils étaient des chefs. Les soli viennent un peu dépoussiérer des compos prévisibles (“The Anomaly”: exemple type de l’opener dont on ne se souviendra pas) ou simplement ennuyeuses. “Illuminoid Dream Sequence” nous fait pendant un petit instant espérer le meilleur. Un bel effort d’ambiance et de riffs, des couplets chantés, juste ce qu'il faut de growl et une petite accélération précédant le solo, comme ils nous y ont habitués. Du coup, on se prend à rêver que le reste de l’album puisse être du même niveau. La suite ne nous apportera que désillusion. On y croit encore un peu au début de “Extinction Mantra” … mais non. La magie du passé n’opère plus.

On ne peut pas reprocher aux Suédois d’avoir négligé l’écriture, loin de là, mais il est clair qu’on ne retrouvera à aucun moment le charme d’antan (c’était il n’y a pas si longtemps en fait). Le morceau précité demeure la seule véritable réussite de l’album, un succès à la charge des gratteux surtout. Pour vous dire, les Suédois ne s’étaient pas montrés aussi entraînants depuis l’excellent "Holographic Universe". Les titres plus pop que metal (“Domination Agenda”) sont terriblement mous et même les tentatives de la jouer vraiment méchant sont finalement assez bancales. À chaque fois ce sont les mélodies de guitare et les soli qui viennent nous rappeler à quel point ces messieurs sont doués. Si seulement leur virtuosité suffisait… Dans les meilleurs cas, le résultat est tout juste moyen.


Venant d’un groupe qui avait su raviver un genre musical où tout avait plus ou moins été dit, c’est assez décevant. Relégué au même rang que ceux-là même dont il s’était si bien démarqué, que peut-on maintenant attendre de Scar Symmetry ? Sans doute, devrait-on espérer pour eux que tout ceci soit seulement une traversée du désert … pourvu qu’elle ne s’éternise pas trop.



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