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CHRONIQUE PAR ...

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Blackmore
Cette chronique a été mise en ligne le 18 avril 2011
Sa note : 16/20

LINE UP

-Florent Deyres
(chant+guitare)

-Louis Godart
(guitare)

-Didier Baudet
(basse)

-Ludovic Guyader
(claviers)

-Benoît Sicard
(batterie)

TRACKLIST

1)The Wanderer and the Dead City
2)Origins of a Mind Revolution
3)Reflection / Time of Change
4)The Secret Transmission
5)An Army of Iconoclastic Robots (Preparing For War)
6)Contagion of Anger
7)The Uncovered Conspiracy
8)Second Revolution
9)A Premature Elevation 
10)March of the Puppets
11)The Mechanics of Domination
12)Ruins and Rebirth 
13)The Mechanical Heart of the City 
14)A Moment of Eternity 
15)The Black Octopus 
16)Dissents and Decline
17)Out of These Walls 

DISCOGRAPHIE


A Prison Called Earth - Rise Of The Octopus
(2011) - metal prog - Label : Autoproduction



C’est en fouillant dans le tas des promos classé « complètement à la bourre » que Kroboy s’est rendu compte qu’il fallait absolument chroniquer une auto prod d’un groupe français de metal prog  appelé A Prison Called Earth. Auto prod, français, metal prog, un nom à rallonge qui n'inspire pas confiance… hum autant de termes qui assemblés les uns derrière les autres feraient frémir bien des chroniqueurs ! De plus, A Prison Called Earth affiche clairement ses références avec Arcturus, Opeth, Winds, Green Carnation etc… en bref, la scène extrême prog scandinave.

Enfin ce qu’il en reste parce que c’est plus tellement « extrême » tout ça. Du moins, depuis que ces gros bourrins de machins en core et en prog sont apparus pour vampiriser l’intérêt des proggeux. Bref, on se dit que ça risque pas de nous faire tomber de notre chaise et qu’on finira plutôt par y voir du Dream Theater et du Symphony X comme le veut la tradition. Et là, on met la galette et on se dit qu’il y a une faille dans le raisonnement. Car si la musique de A Prison Called Earth est bel et bien « influencée » par toutes les formations citées (on remplacera néanmoins Symphony X par Pain Of Salvation ce qui n’est pas pour nous déplaire !) elle n’en demeure pas moins digérée ! Et mieux, elle est inspirée et possède ce petit supplément d’âme qui rend les compos intéressantes quand les suiveurs sont passés maîtres dans la cuisine sans saveurs.

Ainsi, les parties instrumentales ne manqueront pas de vous étonner de par leur intérêt. Parfaitement balancées entre sections énervées et plus atmosphériques ou entre breaks syncopés et accalmies aux magnifiques nappes de claviers en fond, elles sont pour la plupart très réussies. Si les influences sont parfois très reconnaissables, les structures restent inattendues. Un petit cliché « dream théatérien » par-ci ne mènera pas sur un duel con-con de gratte-clavier par là ! Le groupe n’en fait jamais trop et propose un excellent travail instrumental, en particulier le clavier qui apporte énormément que ce soit pour l’atmosphère ou ses petits apports électro de grande classe. C’est un vrai plaisir de suivre les musiciens mettre en forme ce concept album.

Car le quintette ne s'est pas contenté d’aligner les morceaux les uns derrière les autres pour une démo classique. Non, nos Français sont suffisamment ambitieux pour sortir un concept album qui est de plus mis en valeur en live par de magnifiques illustrations (ici). Si le concept album est un exercice de style particulièrement périlleux, la formation s’en sort vraiment très bien. Les membres du groupe ont pris une très sage décision en découpant les 44min du disque en 3 parties chacune composée de 5 titres (qui n’en forment qu’un au final) ce qui rend l’album parfaitement écoutable d’une traite et bien rythmé. Après tant d'enthousiasme, on va finir par croire que les eternels sont des vendus qui pour 1000€ vous pondent une critique élogieuse ! C’est là que l’esprit de contradiction du chroniqueur s’élève pour relativiser un peu tout ça.

Tout d’abord, il s’agit d’une démo et si la production est étonnamment bonne, cela reste souvent pénible et ne rend pas hommage au travail des musiciens. Les intermèdes parlés sont aussi très amateur,  ils tombent parfois comme un cheveu sur la soupe quand ils ne sont pas violemment coupés par des chœurs ou des parties instrumentales et plus généralement sortent un peu l’auditeur du disque. Le travail sur l’atmosphère étant aussi un des points forts de cet album, il est dommage que ce point du cahier des charges soit mal traité. Mais le seul défaut véritablement gênant de l’album concerne les quelques gimmicks au niveau chant qui, contrairement aux parties instrus, renvoient systématiquement aux groupes dont ils s’inspirent comme Pain Of Salvation ou Arcturus. Mais pour le reste, les chœurs et les mélodies sont réussis, donc pas de quoi crier au scandale.


A Prison Called Earth vient de réaliser un vrai tour de force avec Rise Of The Octopus. C’est largement du niveau de moult groupes censés être pros, c’est inspiré, c’est ambitieux et bien pensé avec des compositions qui évitent la technique à outrance tout en gardant un rythme et une variété de bon aloi. C’est bien simple, le même disque avec une production digne de ce nom et on tenait là un putain de premier disque. À surveiller de trèèèèèèèèèèèèès près.


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