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CHRONIQUE PAR ...

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Dupinguez
Cette chronique a été mise en ligne le 19 avril 2011
Sa note : 11.5/20

LINE UP

-Maxi Nil
(chant)

-Mario Plank
(chant)

-Werner Fiedler
(guitare)

-Mario Lochert
(basse)

-Martin Harb
(claviers)

-Thomas Caser
(batterie)

TRACKLIST

1)Black River Delta
2)Memento
3)New Dawn
4)Where Daylight Fails
5)Conquest of Others
6)Twist of Fate
7)Elegy of Existence
8)Reflection 
9)Sonar 
10)Gravitate Towards Fatality

DISCOGRAPHIE

Delta (2011)
Ethera (2013)
The Deep & the Dark (2017)
Wanderers (2019)




Chez Les Éternels, vous l’avez peut-être remarqué, nous sommes quelques chroniqueurs a bien aimer les comparaisons foireuses entre le metal et le sport, et plus particulièrement le football. Car, quand il s’agit d’expliquer en termes intelligibles la qualité d’un album donné, dire que le groupe qui l’a composé appartient à telle ou telle division est bien souvent le moyen le plus simple et efficace pour celui qui comprend les choses de ce sport si populaire. Allons-y donc gaiement ! Prenez votre bière bon marché et la cagette de tomates pourries, c’est parti.

Visions Of Atlantis, les Autrichiens qui nous intéressent ici (pour ceux qui ne suivent pas) officient dans ce genre si appétissant du Metal Symphonique. Sous cette appellation pompeuse, bien des équipes ont été formées. Mais peu nombreuses sont celles à avoir accédé à la prestigieuse première division du metal (Rhapsody of Fire, Angra) et encore moins nombreuses sont celles à y demeurer durablement (Nightwish). Les Autrichiens qui nous intéressent ici font partie de ce genre de formations de troisième division, qui ont sans doute raté de peu la montée en plusieurs occasions. À qui la faute ? Le manque de moyens est sans doute une première explication valable, le staff et l’encadrement du groupe n’étant peut-être pas à la hauteur de ses ambitions. En résulte une production parfois brouillonne, le projet de jeu n’étant pas forcément très clair. À envoyer tout le monde en attaque, que ce soit les guitares, la section rythmique ou les parties orchestrales, difficile de créer des espaces dans la défense adverse. L’ensemble finit par devenir brouillon et manque de cohésion. Pourtant, le jeu de Visions of Atlantis sait parfois s’inspirer des meilleurs, même si l’on est parfois assez proche de la copie. En témoigne le final de "Memento", dont les lignes orchestrales ne sont pas sans rappeler "Ghost Love Score" de Nightwish, ou encore le riff de "New Dawn" qui fait référence aux mêmes Finlandais.

Mais ce qui pénalise le plus Visions of Atlantis, ce sont peut-être ces trous de concentration qui les empêchent de gérer un match entier correctement. Prenons pour exemple "Reflection" : quatre minutes de ballade (mal) chantées par Maxi Nil, quatre minutes d’ennui pur qui coûtent cher à Visions Of Atlantis, puisque si les plus aguerris arriveront à passer outre cette épreuve, les spectateurs moins patients n’attendront même pas la fin pour quitter le stade. D’ailleurs, on ne peut pas dire que la gestion du dernier mercato ait été très judicieuse en défense, l’embauche de cette chanteuse soi-disant très talentueuse, issue du championnat grec, n’ayant clairement pas porté ses fruits. On se demande même parfois si les Autrichiens n’auraient pas intérêt à jouer en infériorité numérique… En tout cas, ce n’est certainement pas avec ça qu’ils vont obtenir la montée cette saison ! Pourtant, ce ne sont pas les talents individuels qui manquent dans ce groupe. Dans ses bonnes périodes, Visions Of Atlantis est capable d’allier un sens de l’accroche certain et un jeu mélodique imparable ("New Dawn"), sans pour autant oublier une défense rugueuse et dure sur l’homme, grâce à une charnière centrale Lochert – Caser qui sait appuyer là où ça fait mal ("Conquest of Others").


Malheureusement, ces séquences de jeu lumineuses sont un peu trop rares pour espérer autre chose que le ventre mou ou les places d’honneur, au mieux. Avec des schémas de jeu un peu trop prévisibles, un talent pas toujours bien utilisé et un encadrement pas à la hauteur, Visions Of Atlantis est plombé par autant de tares qui l’empêchent de viser plus haut.


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