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CHRONIQUE PAR ...

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Blackmore
Cette chronique a été importée depuis metal-immortel
Sa note : 10/20

LINE UP

-Fred Schendel (instruments)

-Steve Babb (basse+claviers)

-Walter Moore
(chant)

-Susie Bogdanowicz
(chant)

TRACKLIST

1)So Close, So Far
2)Run Lisette
3)Farewell To Shadowlands Longer
4)Behind The Great Beyond

DISCOGRAPHIE

Chronometree (2000)
Shadowlands (2004)

Glass Hammer - Shadowlands
(2004) - rock prog - Label : Arion Records



Après le chouette Chronometree, Glass Hammer s’était permis une petite pause avec The Middle Earth Album, recueil de morceaux acoustiques avec pour toile de fond Tolkien. Grand bien lui en avait pris car l’album suivant, Lex Rex, était une bien belle réussite malgré quelques longueurs. Connaissant le statut de stakhanoviste du groupe (à raison d’un album tous les deux ans), on pouvait légitimement craindre que la malédiction de la redondance prog touche aussi Glass Hammer à la manière d’un Roine Stolt ou d’un Neal Morse.

Progophiles de tout bord, je crains malheureusement que ce soit mal barré. Glass Hammer souffre ici exactement du même mal qui ronge les deux acteurs majeurs cités plus haut. C'est-à-dire que leur talent ne suffit plus à combler le manque de recul dont ils font preuve. En effet, Shadowlands n’est qu’un Lex Rex 1.5. Dans l’absolu, ce ne serait pas si grave (on pourrait leur pardonner leur approche plutôt passéiste du prog) si le groupe prenait le temps de la réflexion sur son propre travail. Si le groupe se posait certaines questions essentielles du genre : "Dis moi Fred, est-ce vraiment utile ce solo de mini-moog la ? Parce que tu viens juste d’en ajouter un il y a deux minutes. J’ai calculé, il y a cinq minutes de solo de clavier dans un morceau qui en fait huit. - Mais que dis-tu Steve ! Nous faisons du prog, il faut donc des solos ! - Ha ouais, je ne voyais pas ça sous cet angle..."

Et cela est terriblement rageant ! Car le groupe sait toujours nous composer des parties démentes. Si seulement ils daignaient sabrer leurs compos pour n’en garder que l’essence ! "Run Lisette" est parfaitement symptomatique de ce problème. On y trouve de magnifiques lignes vocales féminines très accrocheuses avec des canons sublimes sur la fin, certaines parties instru de haut vol et un véritable orgue d’église au son sublime qui feraient de cette compo un petit chef d’œuvre si on amputait les parties redondantes déjà entendues cent mille fois. C’est tout simplement du gâchis. Le morceau d’introduction du disque, "So Close, So Far" possède exactement le même défaut. Bref après deux titres (et environ vingt minutes de musique) on n'a qu’une envie, celle de balancer le disque. Juste histoire de vérifier s'il ne va pas nous jouer un dernier solo d’orgue en touchant le sol.

Enervant. D’autant plus que le dernier morceau échappe à cette logique aberrante pour nous proposer un titre excellent de bout en bout. Alors que la durée de vingt minutes de Behind "The Great Beyond" pouvait faire fuir même le plus aguerri des progeux du dimanche, il s’avère en fait que cette longue montée ne montre aucune baisse d’inspiration ou de redondance à tendance cliché trop marquée ! Surtout qu’on y trouve un violon Kansasien en diable ! Et oui, Glass Hammer est soutenu par quelques cordes qui font des merveilles dans l’intro baroque de "Behind The Great Beyond". Seulement, elles restent complètement sous-employées le reste du temps. On aurait pu espérer voir Glass Hammer faire un détour vers After Crying ou Isildurs Bane. Peine perdue.


Au final, voila encore un groupe typiquement prog qui gâche sont talent. A trop vouloir imiter le passé, il finit par s’auto plagier. Est-ce que le groupe en est conscient ? A l’écoute du dernier disque en date, The Inconsolable Secret, on dirait bien que non.


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