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CHRONIQUE PAR ...

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Oni²
Cette chronique a été mise en ligne le 01 mai 2011
Sa note : 10/20

LINE UP

-Bo Summer
(chant)

-Jacob Batten
(guitare)

-Franz Hellboss
(guitare)

-Jonas Kloge
(basse)

-Thomas Jensen
(batterie)

TRACKLIST

1)Your Own Best Companion
2)Heaven Forbid
3)Our Words Betrayed
4)The Taste of You
5)As the Day Rottens
6)Reality to Fall
7)Step Into My Winter
8)Rape
9)Sunday Black
10)We
11)Alone (bonus track Digipak)

DISCOGRAPHIE


Illdisposed - There Is Light (But It's Not For Me)
(2011) - melodeath electro - Label : Massacre




Ces messieurs sont, paraît-ils, parmi les plus anciens et les plus dignes représentants de la scène danoise … 20 ans de carrière et 11 albums après leurs débuts, Illdisposed seraient plus grands et plus forts encore … Enfin, c’est ce qu’ils disent, mais à mon grand regret, ces fiers ambassadeurs du Danemark semblent bien fatigués. Ou sont-ils juste peu inspirés ce coup-ci ?


Bien qu’ils se classent eux-mêmes dans le thrash, ce que j’entends y ressemble assez peu. C’est plutôt du death mélodique (voix, riffs atmosphères), avec quelques touches électroniques. Les samples sont assez présents ("Your Own Best Companion"), tout comme les claviers ("Heaven Forbid"), mais pas assez affirmés pour vraiment prétendre à une certaine identité de groupe. Tout juste a-t-on l’impression qu’ils servent à combler le vide créatif en matière de riffs, parfois vraiment bateaux ("The Taste of You" qui est désespérément ennuyeux à mourir du début à la fin, à tel point qu’on a envie de zapper la piste avant même d'être arrivé à la moitié).

Le growl (si on peut l’appeler ainsi) de Bo Summer est par contre assez particulier et je dois l’avouer, très reconnaissable bien qu’un peu trafiqué (doublé de temps en temps). Étant monocorde et sans une once de modulation durant les 45 minutes du disque (enfin si, il s’aventure dans les aigus sur "Sunday Black" … et ce sera tout), il finit par lasser inévitablement. De temps à autre, certains plans surprennent (solo final de "Our Words Betrayed", trop court hélas). Arrivé à "As the Day Rottens", on s’aperçoit qu’ils ont trouvé un vrai bon riff, simple mais efficace. Et ils l’exploitent jusqu’à plus soif. Pourquoi pas après tout, si la répétitivité ne prend pas le dessus autant les laisser faire.

Un peu plus loin, un instrumental très convenu vient couper l’album en deux. C'est déjà beaucoup mieux, en comparaison des premières pistes honnêtement chiantes. On ne comprend guère où le groupe veut en venir, mais ce n’est pas insupportable, alors on écoute. Vient alors "Step Into My Winter" et nos Danois semblent s’être revigorés. Ça ne casse pas trois pattes à un canard, mais ça réveille l’auditeur s’il s’était endormi. Peut-être le seul morceau qui justifie un peu leur étiquette thrash d’ailleurs et surtout l’une des seules vraies tueries. La présence d’électronique et la rythmique thrash font penser à Blood Stain Child (l’album étant produit par le même Tue Madsen qui a œuvré chez les Japonais, ce n’est guère étonnant).

Illdisposed rappelle d’ailleurs plusieurs fois d’autres formations notoires du metal moderne. Le riff du début de "Rape" qui succède au sample parlé fait penser à une version ralentie du "Weisses Fleisch" de Rammstein. Bizarrement, le bonus track du digipak s’avère nettement plus intéressant que la majorité de ce qu’on a entendu jusque là. Et il se pose en bon morceau final avec ce sample d’orgue pour finir. Mais malgré cette conclusion pas désagréable tout ceci reste bien insuffisant pour des musiciens se targuant d’avoir leur expérience et leur longévité. Ne connaissant pas leurs méfaits passés, j’ose espérer qu’ils ont mérité leur étiquette d’émissaires danois auparavant.


« Il y a une lumière mais elle n'est pas pour eux », c'est très clair. À bout de souffle ? Souhaitons-leur de se reprendre en main au prochain tour. Illdisposed n’en est certainement plus au stade de fanbase à construire, toujours est-il que négliger de la sorte leurs productions est maladroit, surtout compte tenu de leur statut par rapport au metal extrême venu du Danemark. A moins qu’ils aient vraiment perdu toute imagination… Espérons qu’ils me donneront tort à l’avenir.


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