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CHRONIQUE PAR ...

85
JC
Cette chronique a été mise en ligne le 30 mai 2011
Sa note : 16/20

LINE UP

-William Mecum
(guitare)

-Richard Mullins
(basse)

-Rob Oswald
(batterie)

+ Guests:

-Daniel Davis
(chant+guitare)

TRACKLIST

1)47
2)
50
3)
48
4)The Cynic
5)
49
6)
51
7)Jimmy Dean
8)
Never Say Die

DISCOGRAPHIE

V (2011)

(2011) - stoner Stoner instrumental - Label : Napalm Records






« Hey toi là ! Le gamin avec le tricycle et la sucette ! Ça te dit une leçon de stoner ? »
« Oh oui m'sieur ! »
« Alors viens voir par là et écoute bien sagement ».





Karma to Burn et Napalm Records, voilà une coopération qui semble opérer. Il aura fallu attendre... un an, avant de voir sortir le nouvel album des Virginiens sobrement intitulé V; les fourbes. Car oui, « fourbes » semble être un terme bien approprié pour qualifier nos larrons. Non contents de nous offrir un album au même titre qu'un de leurs morceaux, les propos de Richard Mullins (bassiste) avaient fait se questionner bon nombre de fans: Karma To Burn allaient-ils devenir, le temps d'un album, un quatuor, en intégrant en son sein Daniel Davis? (déjà présent sur un titre d'Appalachian Incantation). Que nenni! Karma To Burn reste avant tout une formation stoner sudiste instrumentale. Et quel stoner mes aïeux! Le genre à vous faire suer un reptile en plein blizzard.

Le ton est tout de suite donné avec le titre "47". Un riff d'intro' désertique et plombé; nous voilà sous ce cagnard aussi bien infernal qu'assommant où le démon bouc nous apparaît. S'ensuit une salve de riffs alliant lourdeur et « groove », légion dans cet album, qui n'offre que très peu de répit à nos nuques au cours de ces huit titres. Oui, huit titres! C'est court certes, mais l'exemple nous est merveilleusement montré ici que la qualité n'a pas besoin de quantité. Une recette simple à ingurgiter, parfaite pour faire passer l'énergie dégagée par la galette Virginienne dont la force reste la même: Offrir des compositions instrumentales dont on ne se lasse pas ("47", "48", "51"). Bon sang, notre gang aurait-il passé un pacte avec sir Belzébuth? Ce n'est d'ailleurs pas les menaçantes tournures dans lesquelles partent certains morceaux ("Jimmy Dean") qui vont ôter cet aspect jouissif aux compositions.

Bref, pas de remise en question ici. « Efficacité » semble être l'un des maitres mots et non pas « originalité », et c'est tant mieux. La présence de Daniel Davis sur trois titres n'y change rien et se présente plus comme des ruptures parfaitement agencées au milieu des pistes instrumentales. La collaboration qui avait déjà porté ses fruits en 2010 sur le titre "Waiting on the Western World" continue ici avec un chant donnant une dimension très Black Sabbathienne aux compositions. Il n'y a qu'à écouter les titres "The Cynic" (mon Dieu, ce clip!) et "Jimmy Dean" pour s'en apercevoir. D'ailleurs, ô surprise! le troisième titre n'est autre qu'une reprise de "Never Say Die", ben voilà, tout se rejoint! Nul doute que l'écoute de ces trois pistes chargées d'ondes diaboliques feront changer d'avis les derniers récalcitrants qui n'imaginent pas Karma To Burn chanter.

Le soleil, la chaleur, une énergie diabolique, une atmosphère sudiste, un hommage à un défunt ("Jimmy Dean", toujours...), et un clin d'œil à Black Sabbath, voilà qui nous ramène au feu, au vrai, celui de l'enfer. Sacrée flamme dont font preuve les Virginiens, depuis leur retour en 2009, qui semblent bien décidés à confirmer auprès de la masse de jeunes groupes leur place sur le trône du stoner instrumental (voir stoner tout court) dont ils sont l'un des principaux géniteurs. Non, Karma To Burn n'en est pas à son deuxième album mais bel et bien son cinquième. Et si leur avance avait été un « poids » pour eux il y a dix ans ce n'est plus le cas aujourd'hui. Dur dur d'être précurseur... . Vous l'aurez compris, V se révèle être une parfaite réussite, et ce sur tous les plans. À écouter de toute urgence.


« Alors gamin, elle t'a plu cette leçon ? »
« Monsieur, l'enfant à qui vous donniez une leçon de guitare sèche vient de se faire enlever par un motard ! »
« Le sale mioche. Qu'il aille au diable ! ».




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