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CHRONIQUE PAR ...

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Kroboy
Cette chronique a été mise en ligne le 06 juin 2011
Sa note : 11/20

LINE UP

-Nicklas Stalvind 
(guitare+chant) 

-Johannes Losbäck 
(guitare) 

-Anders Modd 
(basse) 

-Richard Holmgren 
(batterie)


TRACKLIST

1)Vicious Companions
2)Skull Crusher
3)Full Moon Possession
4)Jekyll & Hyde
5)Absinthe
6)Tales from the Crypt
7)Nocturnal Rites
8)Road to Hell
9)False Preacher
10)Hope to Die
11)K-141 Kursk

DISCOGRAPHIE


Wolf - Legions Of Bastards
(2011) - heavy metal - Label : Century Media




Ah, Wolf… Dire qu'il y a quelques années, notamment après la sortie d'Evil Star qui venait confirmer un début de carrière prometteur, j'étais prêt à mettre une pièce sur eux pour incarner la relève du heavy. Pas en tant que génie capable de repousser les frontières du genre, bien sûr, mais plus dans le style Hammerfall, à savoir un groupe ayant parfaitement bien intégré les codes du bon heavy et capables de sortir des albums bonnards à défaut d'être originaux. Ça paraît si loin désormais…


En effet, si l'on se base sur les deux derniers albums de Wolf, la tendance est assez nettement à l'essoufflement, avec des coups d'éclat de plus en plus espacés. Disons-le tout de suite, Legions Of Bastards ne restera pas comme l'album qui brisera cette mauvaise série, au contraire, puisque Wolf se révèle plus inconstant que jamais. Comme d'habitude, les Suédois envoient pourtant du lourd d'entrée de jeu. "Vicious Companions" contient tout ce que l'on aime chez Wolf et dans le heavy metal en général : un bon riff, de l'énergie à revendre, un refrain accrocheur, des solos en pagaille… On se doute que tout l'album ne sera pas du même niveau, mais à ce moment-là, on espère que la baisse de régime interviendra le plus tard possible. Malheureusement, celle-ci intervient dans la foulée. Avec son riff banal et son refrain minimaliste, "Skull Crusher" manque d'imagination. Ça peut arriver certes, mais dans ce cas-là, seul le chanteur peut encore sauver les meubles ; or, espérer cela du très faiblard Niklas Stalvind, cela revient à demander à un Français de remporter Roland Garros…

Et des morceaux qui ne cassent pas des briques, on en retrouve malheureusement une grosse poignée sur Legions Of Bastards. Les cas de "Absinthe" ou du mid tempo "Nocturnal Rites" se rapprochent de "Skull Crusher", avec le sentiment d'avoir affaire à quelque chose de carrément bâclé, que ce soit dans les riffs ou sur les refrains. Le constat est encore pire sur "Full Moon Possession", "Jekyll & Hyde" ou "Hope to Die" : non seulement on a une fois de plus affaire à des titres très légers niveau inspiration, mais en plus il faut composer avec un Niklas Stalvind particulièrement irritant, plus particulièrement sur les deux derniers où ses tentatives de sonner de façon un peu plus mélodique se soldent par deux échecs cuisants. Faisons déjà un rapide bilan : 6 titres évoqués, 1 seul valable et 5 allant du moyen au mauvais, et quasiment tous sur la première moitié. À ce stade, il n'est même plus question de savoir si Legions Of Bastards est un bon album, l'affaire est déjà entendue. Il ne reste dès lors plus qu'à attendre la fin, histoire de voir si Wolf a au moins sauvé l'honneur.

On se rassure comme on peut, mais c'est effectivement le cas. A moins que ce ne soit qu'un simple effet de contraste avec la médiocrité ambiante ? Toujours est-il que "Tales from the Crypt", après son intro à la "Mother Russia" de Maiden, dispose enfin d'une ligne vocale digne de ce nom sur le prérefrain ; que l'énergique "Road to Hell" ramène un petit vent de fraîcheur qui nous rappelle les débuts de Wolf ; et que "False Preacher", dans un registre Judas Priest en un peu plus méchant (qui a dit Primal Fear ?), provoque de furieuses envies de headbanging. Mais incontestablement, les Suédois ont gardé le meilleur avec "K-141 Koursk" qui, comme son nom l'indique, traite du destin tragique de l'équipage de ce sous-marin russe ayant fait naufrage il y a une dizaine d'années. On y retrouve un esprit proche de "Powerslave", Stalvind se montre enfin convaincant avec ses « Die ! » habités, les riffs rageurs se succèdent, la montée en puissance du break est un modèle du genre… et puis il y a ce monstrueux plan final avec ce petit bruit de sonar qui fait froid dans le dos. Complètement imparable.


Deux bons voire très bons titres aux extrémités et presque rien entre les deux, avec au mieux du correct, au pire du gros plantage en beauté : voilà une architecture d'album que je n'avais quasiment plus vue depuis The Rivalry de Running Wild. Avec Legions Of Bastards, Wolf confirme malheureusement sa longue descente aux enfers, rejoignant les rangs des groupes de heavy de seconde zone incapable de faire mieux que signer un bon morceau de temps en temps. La même trajectoire qu'Hammerfall donc…


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