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CHRONIQUE PAR ...

5
Fishbowlman
Cette chronique a été mise en ligne le 19 juin 2011
Sa note : 12/20

LINE UP

-Bernie Shaw
(chant)

-Trevor Bolder
(basse+chant)

-Mick Box
(guitare)

-Phil Lanzon
(claviers)

-Russel Gilbrook
(batterie)

TRACKLIST

1)Nail on the Head
2)I Can See You
3)Into the Wild
4)Money Talk
5)I'm Ready
6)Trail of Diamonds
7)Southern Star
8)Believe
9)Lost
10)T-Bird Angel
11)Kiss of Freedom

DISCOGRAPHIE


Uriah Heep - Into The Wild
(2011) - hard rock - Label : Frontiers Records



Uriah Heep semble enfin décidé à sortir des albums régulièrement, après 10 ans d'absence discographique entre 1998 et 2008, largement compensée par les sorties d'albums live. Uriah Heep s'est également trouvé une maison de disques stable, Frontiers Records... il était temps après plus de 40 ans de carrière ! Ce groupe a toujours souffert d'un management plutôt faiblard et pas à la hauteur de son talent. Wake The Sleeper, le « retour aux sources », décevait par son absence d'audaces et de mélodies fortes, sans parler du recyclage de riffs déjà présents sur les vieux albums ! Ces défauts ont été en partie corrigés sur Into The Wild, qui se veut rassurant à ce niveau.

Pourtant, dès le titre d'ouverture, "Nail on the Head", rien ne semble différencier Into The Wild et Wake The Sleeper: production identique, estampillée « classic-rock » donc sans originalité et bien formatée, avec l'orgue Hammond qui va bien, les guitares wah wah de Mick Box et la grosse batterie sans aucune finesse du nouveau venu Russell Gilbrook, loin du jeu élégant et stylé de Lee Kerslake ! "Nail on the Head", un titre de « classic-rock » sans intérêt, comme on en trouvait pléthore sur Wake The Sleeper, avec une structure trop répétitive, qui tourne vite en rond : pas de quoi être rassuré à première vue ! Par la suite, même si l'énergie est toujours là, on voit bien que le travail sur les mélodies est plus conséquent, que ce soit sur "Southern Star", le très bon "T-Bird Angel" ou sur le refrain de "I'm Ready". L'espace de quelques instants, on se prend même à y croire, à rêver au retour du grand Uriah Heep, épique à souhait, aux mélodies cajoleuses avec un "Trail of Diamonds" qui sonne comme une version moderne de "July Morning" ! Phil Lanzon fait honneur à Ken Hensley sur ce titre et Bernie Shaw rappelle, si besoin était, qu'il est le seul chanteur d'Uriah Heep à pouvoir se rapprocher autant de la légende David Byron !

Même chose pour la belle ballade "Kiss of Freedom", dans le plus pur style des ballades du line-up Shaw-Lanzon, "Shelter from the Rain" et "Love in Silence" en tête ! Et enfin, "Into the Wild", puissant, avec d'excellents chœurs sur le refrain, un titre qui cartonne, même si il n'aura jamais l'aura d'un "Time of Revelation" ou "Universal Wheels" ! Malheureusement, Into The Wild n'échappe pas à quelques écueils, avec plusieurs titres d'une banalité peu commune, « classic-rock » bien comme il faut pour faire plaisir aux anciens : "Money Talk", "Believe" et "Lost", ce dernier se démarquant du reste car chanté par Trevor Bolder, avec Mick Box en renfort ! "Lost" n'a rien de surprenant ceci dit, on retrouvait déjà ce genre de compos sur Sonic Origami ! Si Phil Lanzon fait bien son job, si les chœurs sur les refrains font mouche la plupart du temps, Mick Box lui semble se contenter de faire ce qu'on attend de lui, d'appliquer une recette toute faite, avec quelques coups de wah wah pour faire bonne figure et basta ! On l'a connu plus inspiré, tout comme on a connu Phil Lanzon, Trevor Bolder et Mick Box plus ambitieux dans leurs compos, comme ce fut le cas à l'époque du doublé gagnant Sea Of Light et Sonic Origami ! 


Au final, il y aura trois titres à retenir : "Trail of Diamonds", "Into the Wild" et "Kiss of Freedom" ! Et encore, même sur ces trois titres, on sent que le groupe s'est contenté du minimum syndical, qu'il n'a pas trop forcé son talent et qu'il aurait pu se livrer davantage ! À quand le retour de Ken Hensley ? Pour les compos, il apporterait forcément un gros plus ! Into The Wild, aussi sympathique soit-il, est un album dont on fait très vite le tour et qui ne restera pas dans les annales. On s'en contentera.


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