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CHRONIQUE PAR ...

89
Fealakwen
Cette chronique a été mise en ligne le 29 juin 2011
Sa note : 11/20

LINE UP

-Foxy
(chant)

-Pete Broom
(guitare)

-Mark Magill
(basse)

-Dave Ferguson
(batterie)

TRACKLIST

1)The Kill Floor
2)Out The Loop
3)Birdshit
4)Laughing Leads To Crying
5)White Bread
6)Eat Me Drink Me Burn Me 
7)Foreign Body Plot 
8)Roar 
9)Sick Pleasures 
10)Direct Action 
11)What Would Cards Do?
12)Man Against Man
13)Tales Out Of School 
14)Rats Nest 
15)Cathode Control 
16)Painting By Numbers 
17)Quick Fix 
18)Future Primitive 
19)
Trapped Inside Two States Of Mind 
20)Politics Of Convenience 
21)Here Comes The Neighbourhood 
22)Deep Sleep 
23)Speed Freaks
24)Dismantle The Dream
25)Strangenotes

DISCOGRAPHIE


SSS - Problem To The Answer
(2011) - punk thrash metal - Label : Earache Records



Si SSS avait été un groupe Allemand, il n'aurait probablement pas eu le droit d'exister. Si SSS avait été un groupe Français, il aurait pu tenter sa chance, péniblement, entre les attaques à répétition d'un C.R.I.F. en mode Berzerk, comme la magnifique jaquette de l'album, et les plaintes pour offense au devoir de mémoire. Mais SSS est un groupe Anglais, ce superbe pays ou les princes royaux vont aux anniversaires avec des uniformes trop choux des Panzer Divizion (Marduhuhuk!). Aucun problème donc, et c'est un vibrant hommage sonore aux hommes morts au combat de la Waffen qui nous attend.


En fait non, pas du tout, cette intro était piteuse, basée sur un humour plus que douteux, et si tu as esquissé un mouvement de commissure labiale, le fouet t'attend, dans le petit coin sale là-bas, avec une édition commentée par BHL de tous les Primo Levi. Tu tiendras compagnie à Francis Kuntz. Et oui, déjà dix lignes de meublage, parce qu'il sera bien délicat de remplir toute une chronique avec le contenu du skeud étudié. Problem To The Answer, c'est le deuxième album studio d'un groupe de Liverpool, qui prône son attachement profond à la scène Crossover Thrash. Municipal Waste, Nuclear Assault, The Exploited, pour situer les choses. Et s'il y a un aspect du genre qu'ils adoptent particulièrement bien, c'est celui du format exploité : vingt cinq pistes. Pas mal de labels utilisent cette technique qui consiste à découper les morceaux en petits bouts, pour rendre le piratage plus délicat. Mais là, ce n'est pas le fait d'un manager retord. Sigh. En tout cas, les effets sont les mêmes: grande galère pour se repérer dans ce capharnaüm bruyant, surtout que rien n'est fait pour nous y aider. Et en bonus, un mal de chien pour se souvenir de la seule piste qui t'as un petit peu tapé dans l'oeil.


Normalement, ce style de Metal un peu bâtard, à la limite du Punk Hardcore, c'est très groovy. On tape vite, on utilise nos grattes comme un jeune ado utilise son zizi devant un mauvais porno, et on secoue la tête comme un épileptique, mais on coordonne un minimum cet asile acoustique. Pour que le gus derrière son poste arrive à suivre un minimum, et qu'il gueule, l'air ravi, les trois mots qui composent le refrain. Le reste, il ne le comprend pas. Mais Problem To The Answer a un problème (Ma qué calambouro !) : il n'y a pas de point d'attache, rien qui te permette de poser un pied dans cet univers qui a pourtant l'air bien sympathique. Comme un South of Heaven, en pire. C'est parfois même caricatural. Illustrons. "Sick Pleasures". Du Chipmunk Metal ou du René la Taupe Metal, pour mettre en valeur le patrimoine artistique hexagonal. Le morceau est tellement rapide, le chant de Foxy est tellement haché qu'il est impossible de communier avec cet ersatz de Municipal Waste. Et c'est le gros défaut de toute la première partie de l'album, jouée ad libitum pour cacher le manque criant d'inspiration. Une redite complète de ce qui se fait déjà, un nom à ajouter à une liste d'albums un peu fades, réservés aux dingues de la chose, ou bien à la scène, comme fond sonore de Samedi soir sympa, avec une bonne bière. Allez hop, dans le range-disques, et pour longtemps.


Et non ! Car en parfait élément perturbateur du schéma narratif classique (et par ailleurs, en sauveur inespéré d'une chronique qui s'essouffle), "Future Primitive" arrive à point nommé pour rebattre les cartes. Une longue instrumentale de quatre minutes (les groupes de Crossover sont d'ordinaire très précoces, un coït si long est un exploit), qui dépote méchamment. Solo Heavy, riff bourrin, mais enfin effectué sur un ton mezzo voce, qui laisse pour une fois un peu plus d'espace à l'improvisation, à la prise de risque, et à la variété. Sauf que c'est pas du Thrash, mais du Heavy. Pour le coup, le retour aux sources est totalement réussi, et la NWOBHM revendique ses droits d'auteur sur un pareil titre. Mais Nuclear Assault pousse une gueulante. Tant pis pour les punks à chien. Et les pistes suivantes seront elles aussi bien plus réussies que les précédentes. Enfin, de la reverb' sur les chorus bien sale, bien inaudible ! De la crash à tout va, surtout quand il n'en faut pas (sinon c'est pas drôle). Quant aux breakdowns, miam ! De la brutalité concoctée avec amour, du gros son "Straight To You Face", copyright Hatebreed. Ça y est, tu prends ton pied, t'en redemandes. Metal is Alive. Sauf que non, c'est déjà la fin, les lumières s'allument, tout le monde dehors.



On pourra maugréer à volonté sur l'outro. Strangenotes, qui reprend le même riff cinquante trois fois sur trois octaves différentes, avant de l'adapter au piano, puis de le réitérer durant quarante sec....    Okay, on s'en fout. Alors concluons. Un opus globalement commun qui donnera aux uns l'envie de se pencher à nouveau sur leur discographie anarchiste, et qui fera chanter (faux) le refrain de Aces High aux autres. Du coup, plus grand monde pour applaudir Short Sharp Shock. Voilà, j'ai réussi à caser leur nom complet, nous n'avons plus rien à nous dire. Allez choisir votre camp !





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