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CHRONIQUE PAR ...

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Mita
Cette chronique a été mise en ligne le 29 juin 2011
Sa note : 16/20

LINE UP

-Agnete Kjolsrud
(chant)

-Stian Karstad
(guitare)

-Erlend Gjerde
(batterie)

TRACKLIST

1)Madman
2)
Bowling the Pin
3)
Headstone
4)Gruesome Twosome
5)
Only I Exist
6)Ladder to the Moon
7)Abmuse

8)
Blind the Heat
9)
Immortal

DISCOGRAPHIE

Djerv (2011)

Djerv - Djerv
(2011) - stoner Stoner Black Metal Alternatif Sudiste - Label : Season Of Mist



Certains albums, comme ça, on ne sait pas pourquoi, mais juste à la pochette ou au nom du groupe, ils partent déjà bien. C'est inexplicable mais c'est la sensation que j'ai eue avec ce premier opus d'un combo de Norvège, baptisé Djerv. Déjà la pochette est esthétique, et si elle est aussi représentative de la musique, alors ça peut frapper fort, ce brûlot. Mais qui connaît le groupe scandinave là, en fait ? Fort d'un premier EP du nom d'Headstone, le groupe réalise cette année un premier album éponyme, donc Djerv de son nom mais vous l'aurez tous compris.


La musique de Djerv s'amuse à mettre des influences diverses et variées un peu partout, avec tout de même une certaine cohérence dans le propos. Il suffit juste de se pencher sur "Abmuse" pour comprendre toute la richesse et la subtilité de ce que nous avons sous les yeux, ou plutôt dans les oreilles, avec un savoureux mélange entre des ambiances black metal par des riffs lourds et une ambiance sombre et … du Muse, ni plus ni moins, mixture improbable si nos norvégiens n'étaient pas dotés d'un talent à tout épreuve pour captiver. Et voilà comment ça marche, dans cet album. Il y a beaucoup d'effet de surprise et d'inspiration qui fait que les titres ne tombent pas dans la banalité et trouvent un souffle. En plus, il y en a pour tous les goûts, entre le metal alternatif, le rock, le psychédélique, toujours avec des sonorités black metal dans le fond (pas étonnant pour des norvégiens mine de rien), l'alliance de sonorités lourdes avec la fraicheur d'un hard rock déjanté est souvent gagnante. Rien qu'un "Madman", single exaltant, en dit long sur ce qui va suivre. Grain de folie, puissance, originalité, le groupe ne fait pas les choses à moitié. On pourra même retrouver un peu de grunge, comme sur "The Bowling Pin" qui sera parfaite pour faire plaisir aux nostalgiques de cette époque.


Derrière le micro c'est une vraie furie qui se déchaine. Agnete Kjølsrud n'est pas une débutante, et franchement, ça s'entend à chaque instant ! Elle qui avait déjà fait vibrer sur "Gateways" de Dimmu Borgir ou sur "Vitets Vidd I Verdi" des excellents Solefald. La jeune femme est maintenant connue pour sa démence, elle le prouve, comme avec ses expérimentations vocales lui octroyant des variations sur-mesure, petit exemple avec son cri sur "Madman". Pierre angulaire d'un opus déjà lui-même fort appréciable par sa musicalité à l'épreuve des chocs, elle enfonce le clou et donne le coup de grâce ! Alors dit comme ça on pourrait croire que la musique de Djerv est parfaite, et bien, si elle est de très bonne facture, il y a quelques points qui passent un peu moins bien. Parfois, la musique semble tellement dans l'expérimentation, dans la diversification ici et là (entre black metal, rock, stoner, rock sudiste, metal alternatif) qu'on se perd un peu et qu'il manque un certain fil conducteur qui permette de s'y raccrocher pour adhérer de bout en bout au trip maniaque et loufoque des norvégiens.


Rien de bien grave car au moins, ils s'évertuent à nous montrer qu'ils sont plein de talent. Sur ce premier album, il n'y a pas de temps mort ni de titre en dessous d'un autre. Même si musicalement l'ensemble n'est pas très homogène, il le reste qualitativement. On navigue entre le bon et l'excellent, cette dernière catégorie n'étant évidemment pas en manque, entre le tubesque et dynamique "Madman", l'accrocheuse et plus sombre "Ladder to the Moon", la sublime "Abmuse" qui est la plus réussie et la plus aboutie, les perles ne sont pas rares. Et comme le format des morceaux et de l'album en lui même est plutôt court (moins de 40 minutes et des titres autour de 4 minutes), point de longueurs ni d'ennui à l'horizon, juste une bonne grosse dose d'insanité, de rythmiques au groove endiablé, de refrains plus percutants les uns que les autres. Pour faire la chipoteuse, "Headstone" est peut-être moins marquante, mais c'est vraiment si on a envie d'aller chercher la petite bête, d'autant plus que la production est excellente et n'a pas ce côté aseptisée et lisse du metal moderne en ce moment.



Ce n'est qu'un premier album et pourtant, ça donne envie d'en entendre beaucoup plus ! Djerv restera facilement parmi les groupes amorçant un beau contrat pour l'avenir en cette année 2011, avec ce mélange stoner/hard rock/metal/alternatif/black metal nordique/rock sudiste qui ne décevra pas un moment. Il ne reste qu'aux norvégiens un effort à accomplir sur une plus grande cohérence et un peu plus d'uniformité, sans proposer bien sûr un schéma similaire sur chaque morceau, ne pas tomber dans l'autre excès en gros. Une personnalité bien dessinée, une démence incontrôlable, et surtout une incroyable chanteuse, avec des capacités impressionnantes, probablement l'empreinte même du groupe. Madame et messieurs, félicitations, vous venez d'impressionner votre public. La suite se fait attendre, et vite.



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