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CHRONIQUE PAR ...

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[MäelströM]
Cette chronique a été importée depuis metal-immortel
Sa note : 9.5/20

LINE UP

-Olivier Daguerre (chant+guitares+percus)

-Michel Françoise
(guitares)

-Michel Moussel
(basse)

-Brice Sansonetto
(batterie)

-Cédric Moulie
(cordes+divers)

TRACKLIST

1)La rencontre
2)J'aime tout chez vous
3)Se déplaire
4)Et si l'on y croyait
5)Les sillons de nos rides
6)Où te reposes-tu?
7)À notre guise
8)Insoumise
9)Sur mes paupières
10)Sûr de rien
11)Quelques bouffées
12)Une chanson pour Renaud

DISCOGRAPHIE

Ô Désirs (2006)

Daguerre - Ô Désirs
(2006) - rock chanson - Label : 3Label Nocturne



Après avoir fait toute sorte de choses dans toutes sortes de domaines artistiques (il faisait partie du groupe punk Les Veilleurs de Nuit) Olivier Daguerre sort son troisième effort solo. Un effort, c’en fut un. Et heureusement pour les gens qui écouteront ce disque, nul effort ne sera à faire quant à l’audition de cette perle complaisante, (très) facile d’accès, qui colle parfaitement avec toutes les productions françaises qui sortent actuellement.

L’album de Daguerre, donc, raconte «une vérité sans fard, entre bouffées de cordes classieuses et riffs vitaminés.» Oui, si on veut… Entre Renaud et Louise Attaque, il est effectivement vrai que le bonhomme hésite tour à tour entre le rock le plus brut (“À Notre Guise”, “Sûr de Rien”) et les sanglots longs des violons de l’automne (“Et si l’On y Croyait”, “Quelques Bouffées”). Et parfois, il décide de mélanger les deux (“Où te Reposes-Tu ?”), histoire de changer un peu. La ligne directrice du disque Ô Désirs, ce sont en fait les textes. Parfois baveux ou touchants, parfois énervés mais souvent plats, Daguerre semble encore chercher un style d’écriture propre. Pas assez soigné pour Cabrel, trop peu inspiré pour Frandol, la plupart des paroles n’évoquent que des thèmes maintes fois repris, auquel il peine sérieusement pour en donner une réécriture correcte. Il suffit d’ailleurs d’écouter le refrain de “J’Aime Tout Chez Vous” qui joue sur un splendide jeu de mot (j’aime touchez vous, pour les lents du fond), montrant par la même un texte d’une profondeur mésestimée de prime abord, un sens aiguë de l’humour et de la dérision. Oui, si on veut…

La musique en elle-même ne fait qu’accompagner le thème de chaque chanson et malgré les efforts accordés à la production et aux arrangements, le côté chansonnier l’emporte indubitablement et aucune musique intéressante ne ressort réellement. Mais c’est normal car après tout, il est dit qu’il travaille sur «une ligne esthétique sobre, épurée, mêlant subtilement ambiances électriques et climats acoustiques.» Oui, si on veut… S’il est clair qu’il a déjà nombre d’années effectives en pratique du chant, il a par contre plus de mal à imager ses récits. On peut par contre mettre à crédit son total manque de boboserie qui (à moins d’être particulièrement pervers) devrait lui permettre de ne pas être affilié à tous ces tristes chanteurs plein d’argents. On peut même l’entendre pousser sa voix à fond dans le rocailleux pour “Sur mes Paupières”, en essayant de donner du corps (du Miossec, quoi) à son texte… en vain. Peut-être est-ce de la poésie, peut-être est-ce de la musique, peut-être est un mélange des deux qui corrompt toute chance d’arriver à développer correctement l’un ou l’autre mais qui témoigne d’une dure épreuve dans laquelle Daguerre s’est jeté à corps perdu. Oui, si on veut…

Et puis après tout, nul besoin d’être sarcastique dans l’analyse, même pas d’essayer de se brancher dans la perfusion Daguerroise pour apprécier la bipolarisation de sa musique. Le travail est bien fait, il lui manque juste du corps et de la profondeur. L’ensemble résonne comme un travail personnel et agréable, mais on ne s’égare que rarement au cœur de l’univers réel mené par le chanteur. Trop de cordes, trop de temps morts, trop de langueurs monotones, des textes parfois trop bas et qu’on imagine terminés dans l’urgence… Trop d’éléments concourent à diminuer l’intérêt d’un disque somme toute «mignon». Malheureusement, je ne crois pas que mignon soit le terme que Daguerre ait tenté de faire ressentir à ses auditeurs – mais la rocaille de sa voix n’arrive que rarement à émouvoir. Il faudra confirmer un disque plutôt décevant, qui pourtant partait intelligemment. Cela reste un noble effort, mais face Ô Désirs, nous restons trop souvent de marbre.




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