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CHRONIQUE PAR ...

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Dupinguez
Cette chronique a été mise en ligne le 19 juillet 2011
Sa note : 14.5/20

LINE UP

-Joacim Cans
(chant)

-Oscar Dronjak
(guitare)

-Pontus Norgren
(guitare)

-Fredrik Larsson
(basse)

-Anders Johansson
(batterie)

TRACKLIST

1)Patient Zero
2)B.Y.H
3)One More Time
4)The Outlaw
5)Send Me a Sign
6)Dia De Los Muertos
7)I Refuse
8)666 - The Enemy Within
9)Immortalized
10)Let's Get It On
11)Redemption

DISCOGRAPHIE

Renegade (2000)
Threshold (2006)
No Sacrifice, No Victory (2009)
Infected (2011)

Hammerfall - Infected
(2011) - heavy metal - Label : Nuclear Blast



Mes fidèles lecteurs – en admettant que j’en ai – savent que leur serviteur ne porte pas forcément Hammerfall dans son cœur. Ayant pris le train du revival true heavy des années 90, les Suédois en ont toujours représenté le dernier wagon, pratiquant un heavy dénué de toute originalité, sans patate particulière et sans personnalité marquée. Une sorte de Manowar sans les couilles, si vous voulez. La perspective de se farcir un huitième album du combo n’était donc a priori guère encourageante, d’autant que l’innovation n’est pas leur fort…

Pourtant, cette fameuse paire de couilles, Hammerfall semble se l’être achetée avant de composer Infected. Et s’en est même servi. Du coup, la musique du combo s’en trouve rafraichie et c’est tant mieux. Ce regain de virilité prend plusieurs formes. Tout d’abord dans les riffs, qui se font plus puissants, plus rentre-dedans qu’à l’accoutumée. "The Outlaw" fait par exemple preuve d’une patate bienvenue. On trouve également une touche un peu plus sombre sur certains titres. "Dia de los Muertos", malgré un pont emprunté à "Legions" de Stratovarius, est dotée d’un riff réjouissant et d’une noirceur qui lui donne une saveur toute particulière. "Immortalized" est également doté d’un pont bien dark qui sublime le traditionnel passage en twin lead qui suit. Dans un genre un peu plus rock, "I Refuse" fait mouche avec son riff qui pourrait sortir tout droit d’un album d’Edguy. Tout cela semble coller avec l’identité visuelle de l’album, qui semble tourner autour du thème des morts-vivants. Ce qui sied bien mieux au groupe et qui change des sempiternels guerriers en armure et autres futilités, d’ailleurs.

Bon, pour autant, il ne faut pas s’attendre à un revirement musical total, Hammerfall n’ayant pas non plus envoyé promener ses influences d’un revers de Gasquet, pardon, de la main. Il faut donc toujours se farcir du heavy metal de base sans saveur, comme "Let’s Get It On", qui commence sur un faux live. Parenthèse : quand les groupes vont-ils comprendre que le faux live, c’est systématiquement ridicule ? Pourtant, et on ne saurait dire si c’est dû à l’embellie générale qui rend plus indulgent ou à un vrai regain de patate, mais ce titre dégage un feeling hard rock pas dégueu, et passe sans problème. Bon, il n’en reste pas grand-chose une fois l’écoute terminée, mais tout de même. À remplacer ce qui était jusque-là une gageure par du filler sympathique, on y gagne au change. Peut-être aussi que les Suédois ont su rajouter à leur musique les petits ingrédients qui manquaient pour rendre les moments faibles plus acceptables, comme "One More Time", par exemple, qui se dote d’un passage calme en fin de titre qui fait son petit effet. Bon, on n’échappe pas à la sempiternelle ballade, "Send Me a Sign", mais on en profitera pour noter que Joacim Cans est arrivé à maturité. L’album se termine sur la mélancolique "Redemption", titre à tiroirs qui aurait peut-être mérité plus de développement, mais qui clot idéalement Infected.


L’impossible est donc arrivé : Hammerfall a non seulement réussi à partiellement se renouveler, mais également à produire un album de qualité. Bon, rien de révolutionnaire ni d’exceptionnel là-dedans, mais les Suédois ont su ajouter à leur musique les quelques touches nécessaires à la reconquête d’un intérêt musical. Reste à savoir s’ils vont maintenant poursuivre plus avant dans cette voie, dans une version pleinement assumée cette fois-ci.


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