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CHRONIQUE PAR ...

77
Sven
Cette chronique a été mise en ligne le 26 juillet 2011
Sa note : 17/20

LINE UP

- Zaher Zorgatti
(chant)

- Malek Ben Arbia
(guitare)

- Saif Ouhibi
(batterie)

- Elyes Bouchoucha
(chant+claviers)

- Anis Jouini
(basse)

TRACKLIST

1)Forever And A Day
2)Tempests Of Sorrows
3)Desert Call
4)Madness
5)Silent Cries
6)Memories
7)Ironic Destiny
8)No Turning Back 
9)Empty World
10)Shockwave


DISCOGRAPHIE

Desert Call (2010)
Tales Of The Sands (2011)
Legacy (2016)

Myrath - Desert Call
(2010) - metal prog oriental - Label : XIII Bis Records



Même si Hope, sorti en 2007, était un excellent premier album, beaucoup avaient reproché à Myrath de trop copier Symphony X, même s'il est de notoriété publique que Michael Romeo et ses sbires sont l'influence majeure du guitariste et principal compositeur du groupe Malek Ben Arbia. Ces mêmes "beaucoup" espéraient que le groupe irait plus loin dans l'affirmation de son style, notamment en jouant un peu plus la carte des ambiances arabisantes, qui n'étaient qu'entrevues sur Hope. Ce Desert Call allait-il répondre aux attentes? Le groupe y développerait-il enfin une identité propre? Qui veut du couscous? Des réponses à ces questions pour ceux qui liront la suite…
 
Dès le début de l'album, on en est désormais sûr: Myrath a entendu les demandes de ses fans! "Forever and a Day" nous plonge d'entrée de jeu dans les profondeurs du Maghreb, avec ses percussions, ses ambiances orientales, et un début de morceau chanté en arabe ! Oui, mesdames et messieurs, vous avez bien lu ! Le groupe semble avoir décidé de montrer qu'il n'est pas qu'un nouveau clone de Symphony X, en jouant à fond la carte ethnique. Et ça réussit plutôt bien ! Ce premier morceau met directement dans le bain : guitare omniprésente, rythmique lourde, basse virevoltante, alliée aux violons et autres darboukas, chant mélodieux et puissant, le ton est donné, on a affaire à de la bonne came! 

Myrath continue à faire ce qu'il fait de mieux, à savoir du metal progressif, mais la musique du groupe a évolué, et les Tunisiens semblent vouloir s'affranchir de leur glorieux aîné. Même si certains passages semblent déjà entendus, cet album fait la part belle au mélange des genres et des influences, pour arriver enfin à dégager une vraie identité! Ainsi, sur la plupart des morceaux, se mêlent riffs tranchants, mélodies et plans typiquement « metal prog », nappes de claviers, et instruments plus exotiques, percussions, instruments à vent et à cordes qui accentuent pour notre plus grand plaisir l'aspect oriental de la formation, lui conférant une originalité indéniable et très appréciable.

Mais il n'y a pas que le côté exotique dans cet album, loin de là. Deux autres éléments indispensables font de cet album une vraie réussite. D'une part, le son, énorme et parfaitement clair, dû à la production sans faille de Kevin Codfert, claviériste d'Adagio, qui fait ressortir distinctement tous les instruments, permettant de souligner les performances instrumentales de tous les musiciens du groupe. D'autre part, le nouveau chanteur, Zaher Zorgati, qui remplace le claviériste Elyes Bouchoucha, qui avait assuré non sans brio mais dans un registre très (trop?) proche de Russell Allen, le chant sur Hope. Celui-ci a un registre plus varié mais délivre également plus de puissance et de maîtrise, comme sur "Silent Cries" ou sur "Tempests of Sorrow" et son superbe refrain.

On ne saurait également faire de chronique de cet album sans parler de la formidable performance de Malek Ben Arbia, virtuose de la 7 cordes, qui livre ici une prestation digne des plus grands guitaristes du genre. Écoutez donc la fin de "Silent Cries", "Ironic Destiny", ou "Shockwave", pour vous en convaincre ! Multipliant les effets, il délivre soli et riffs briseurs de nuque à foison, alternant vitesse et mélodie, émotion et puissance, le tout toujours servi par une production définitivement brillante. Maître de la composition à bord, il réussit à varier le propos du groupe alternant morceaux speed et mid-tempo ainsi que l'indispensable power ballad, mais également à l'intérieur des morceaux, enchaînant les variations de rythme, de son et de style, assurant une diversité vraiment intéressante dans la musique du groupe.


Vous l'aurez compris, Myrath réussit avec Desert Call à allier les qualités déjà largement entrevues sur Hope et une accentuation de son identité orientale. Le résultat est-il parfait? Les plus tatillons diront que non, la faute à un style qui donne souvent dans la redite et à des influences un peu trop marquées. Mais les Tunisiens jouent quand même dans la cour des grands en offrant un deuxième album riche, inspiré, original, et ont en plus le culot de ne jamais verser dans la technique masturbatoire, caractéristique trop souvent présente dans le genre. Chapeau bas messieurs !


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