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CHRONIQUE PAR ...

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Silverbard
Cette chronique a été mise en ligne le 04 septembre 2011
Sa note : 15/20

LINE UP

-Chris G
(chant)

-Daniel Owen
(guitare)

-Steven Barberini
(guitare)

-Jonathan Letson
(basse)

-Matthew ‘Animal’ Thomas
(batterie)

TRACKLIST

1)Welcome the Dead
2)Silence of Minds
3)Chosen
4)Aria (In Memoriam)
5)The Incident
6)Impaled
7)Scars
8)I Want Nothing
9)Shadows
10)The Heart Collector

DISCOGRAPHIE


Hunted - Welcome The End



Le heavy est mort, tout le monde sait ça voyons. C’était aussi plus ou moins ma réaction à la première écoute de ce Welcome The End, premier album des Gallois de Hunted. Au vu de la note ci-contre, vous vous doutez que mon opinion a un tantinet changé depuis. Il faut dire que malgré une prédominance de style heavy traditionnel, le groupe affiche un goût fort prononcé pour la complexité et le mélange des genres, pas forcément facile à appréhender de prime abord.

Il suffisait de se pencher sur la description faite par le label : « True, emotional Heavy Metal with progressive, thrash and power influences ». Pompeux, vous trouvez ? Pourtant, elle résume au mieux la musique de Hunted. Prenez par exemple "Aria (In Memoriam)", peut-être le morceau le plus riche de l’album et vous trouverez tous les genres cités. Alors pourquoi un bon nombre d’écoutes est nécessaire pour profiter pleinement de cette galette ? En premier lieu : le chant. Votre serviteur n’a jamais été un grand adepte ni des screamings ni des tremoli à outrance dans le heavy. Malheureusement, Chris G semble se faire un plaisir d’en abuser à outrance faisant ainsi passer les pires méfaits de Tobias Sammet ou Tim « Ripper » Owens pour des berceuses. À sa décharge, le monsieur s’efforce néanmoins de moduler assez intelligemment. Ainsi, il sera plutôt à rapprocher du style théâtral de Warrel Dane (Nevermore) ou pour rester dans l’actualité : David Bower (Hell) sans atteindre toutefois une maîtrise parfaite. En effet, même une fois l’ensemble assimilé, le style vocal demeure fatigant et constitue le principal point noir. Il faudra donc essayer dans un premier temps de faire abstraction de ce point pour rentrer au mieux dans l’album.

Et ça vaut franchement le détour ! Car l’écriture instrumentale est d’excellente facture ; en particulier, les soli font mouche à chaque fois. Complexe, la musique de Hunted l’est essentiellement par des changements de tempo et de thèmes. C’est à la fois le point fort et le point faible de l’album car à l’instar du chant, cette complexité n’est pas toujours parfaitement maîtrisée et dessert certains passages ("Impaled"). Malheureusement, le style est cruel et ne pardonne guère les écarts de conduite : il est en effet facile de tomber dans le confus à force de virevolter sans cesse. De plus, il semble manquer une ligne directrice à la galette qui enchaîne des titres tantôt plus progressifs avec d’autres plus speed/thrash sans réelle cohérence. Cependant, ces écarts restent marginaux et les structures instrumentales à tiroirs demeurent la principale qualité des gGllois. La technique n’est pas en reste, le morceau "Scars" en est le meilleur exemple faisant la part belle aux tappings de guitare ainsi qu’au bassiste Jonathan Letson, qui démontre ici tout son talent. Un mot enfin sur le bonus "The Heart Collector", reprise de Nevermore, totalement fidèle à l’originale et qui s’insère parfaitement dans le style de l’album.

Voici donc un effort très prometteur pour un premier album ! Malgré une petite retenue sur le chant certes spécial mais assez usant à la fin et une musique parfois trop alambiquée, Hunted livre une performance convaincante. Le groupe, déjà signé chez Massacre Records, semble avoir un bel avenir devant lui et s’il parvient à corriger ses quelques défauts de jeunesse, il pourra être en mesure de concurrencer les grosses pointures du genre.


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