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CHRONIQUE PAR ...

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Flower King
Cette chronique a été mise en ligne le 05 septembre 2011
Sa note : 12/20

LINE UP

-Franck Carducci
(chant+guitare+basse+claviers+mandoline)

-Florence Marien
(chœurs)

-Marianne Delphin
(chœurs)

-Yanne Matis
(chœurs)

-Richard Vecchi
(guitare+claviers)

-Michael Strobel
(guitare)

-Christophe Obadia
(guitare+didgeridoo)

-Gilles Carducci
(mandoline)

-John Hackett
(flûte)

-Niko Leroy
(claviers)

-Vivika Sapori-Sudemäe
(violon)

-Phildas Bhakta
(batterie)

-Larry Crockett
(batterie)

-Fred Boisson
(batterie)

TRACKLIST

1)Achilles
2)The Quind
3)The Eyes of Age
4)Alice's Eerie Dream
5)The Last Oddity

Titres bonus:
6)The Carpet Crawlers
7)Alice's Eerie Dream (Radio Edit)

DISCOGRAPHIE

Oddity (2011)

Carducci, Franck - Oddity
(2011) - rock prog quand j'étais petit - Label : Autoproduction



Si je tenais un tant soit peu à ma crédibilité, je devrais défoncer cet album. Ceux qui ont eu la malchance de lire plusieurs de mes chroniques connaissent ma sensibilité exacerbée envers les questions d’ « emprunt » ou d’« hommage », lesquels masquent souvent des pompages peu reluisants. Ils sont légion, à s’adonner ponctuellement et clandestinement à cette pratique, mais il existe aussi quelques fous qui l’exercent le sourire aux lèvres, pétris d’amour et de passion, tous prêts à rendre hommage à leurs idoles avec la subtilité d’un Panzer. Franck Carducci est de ceux-là.

Et dans la vie, Franck a deux amours : Pink Floyd et Genesis. Son vivier d’influences est loin de s’y limiter (on y reviendra) mais clairement, Oddity n’aurait jamais vu le jour sans ces 2 groupes. Plus qu’on ne le pense d’ailleurs, car le bonhomme, ne manquant pas d’ambition pour assurer son grand-œuvre, s’est offert les services de pointures du genre, dont nul autre que John Hackett, frérot de Steve, qui promenait déjà sa flûte enchanteresse dans les albums solo du guitariste et que l’on retrouve avec grand plaisir. En particulier sur la grosse pièce d’entrée, "Achilles", belle carte de visite de monsieur Carducci, et seul titre où il parvient à se détacher suffisamment de ses influences pour évoquer une ambiance globale « prog early-seventies » et non pas « patchwork de mes passages préférés de mes groupes préférés ». Les passages soft développent une chouette atmosphère, c’est lyrique sans faire dans la grosse armée d’orgues et de chœurs, ça se construit lentement sans passer du coq à l’âne… c’est une petite réussite. Et puis il y a le reste. Où Franck laisse s’exprimer sa béatitude avant sa maîtrise, et où il déballe le petit manuel du plagiaire, certes avec candeur – ce qui rendra l’expérience plus agréable qu’avec les Flower Kings – mais tout de même.

Des exemples ? "The Quind" avait tout d’une jolie ballade, aux forts relents hackettiens certes, mais une broutille comparé au cœur du refrain, ces « oooooo-aaaaaaa » directement repiqués du "Mother" de vous-savez-qui. Autre chose ? "The Eyes of Age", sympathique comptine qui finit en eau de boudin avec des « da-da-da-da-da » qui rappellent un certain "Siberian Khatru"…  Mais le pompon est atteint sur les deux derniers titres.  "Alice Eerie’s Dream" avait de quoi faire un carton : Un blues progressif autour de l’univers de Carroll, avec citation du Jabberwocky en prime, où ça joue bien, ça chante bien, avec une progression dramatique fabuleuse… pendant 8 minutes. Et puis on ne sait pourquoi, mais le titre s’embarque dans une version leader price du "Another Man’s Woman" de Supertramp, faisant s’écrouler tout l’édifice qui s’était brillamment construit. Mais comptez sur Franck pour se surpasser dans l’inconscience avec la dernière moitié de "The Last Oddity", où il calque sans complexe la partie jam de "Echoes", allant jusqu’à chanter « I call to you across the sky-yy-yy-yy… » avec une naïveté qui laisse pantois. Non mais il pensait vraiment qu’elle passerait, celle-là ?


Avec tout ça dans la balance, comment ensuite vous expliquer qu’Oddity reste, envers et contre tout, un bon petit plaisir coupable ?  Parce que ces inspirations sont assumées, parce que Franck y a mis tout son cœur, ou parce que votre serviteur s’enflammerait pour la moindre partie de 12-cordes accompagnée d’une flûte et d’un mellotron ? Quoi qu’il en soit les amateurs de prog fait à la main, indulgents et compatissants, sauront prendre leur pied et fermer les yeux sur le gros défaut de ce qui reste, il semble, la réalisation d’un rêve de grand gosse. Et qu’il faut prendre comme tel.

Les amateurs de pistes bonus seront ravis d'apprendre l'existence d'une reprise de "Carpet Crawlers" (bien mais pas top), ainsi qu'une version raccourcie d'"Alice's Eerie Dream", où on perd le passage Supertramp (glop), mais aussi la progression dramatique qui le précédait (pas glop).


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