4795

CHRONIQUE PAR ...

90
Seth
Cette chronique a été mise en ligne le 13 septembre 2011
Sa note : 13/20

LINE UP

-Roy
(chant+claviers+guitare+basse)

-Jorn
(guitare)

-Frode
(batterie)



TRACKLIST

1)Infinity
2)Agony and Domination
3)As I Shine
4)Eternal Sin
5)Abusos
6)The Philantropic
7)Last Day of Your Life
8)Man on Top
9)From Skin to Heart
10)The End of All There Is

DISCOGRAPHIE

As I Shine (2011)

Dominanz - As I Shine



L’Indus n’est pas un style que l’on fréquente souvent finalement, dans nos contrés de True Metal, car il est assez rare que ce style décrié soit accepté dans notre cercle musical pourtant largement étendu. Le meilleur moyen peut-être est de coupler ce style si polémique à un autre, qui bien qu’il l’est tout autant, a fait ses preuves au royaume du True Spirit. Dominanz produit donc un son que l’on pourrait qualifier de Black Metal Industriel, avec son premier album As I Shine.

Pour la petite histoire, Dominanz est en soi le successeur de Cult of Deception, qui était un groupe qui faisait de l’Indus/Goth/Black avec exactement les mêmes membres. Oui, cela peut parfois arriver que l’on ne se sente pas bien avec son nom de groupe pas terrible, et que l’on préfère en changer pour un autre encore moins bien. C’est donc un son dur, industriel et froid que nous propose Dominanz, du fin fond de sa Norvège natale. Les ambiances industrielles sont palpables tellement qu’elles sont étouffantes tout au long de cet album aux mélodies et aux rythmiques malsaines. Les atmosphères martiales de l’industriel sont là, couplées à la froideur du chant black pour donner une musicalité presque encore plus sadique que chacun des deux dans leur domaine. Les voix féminines que l’on pourra entendre ici et là n’auront pas l’effet d’amener de la douceur à l’ambiance, rajoutant même à l’ambiance glauque. On ne sait pas trop où l’on est ni où l’on va avec Dominanz, et les voix éthérées ne sont pas vraiment là pour nous rassurer et nous proposer de confortables repères auxquels s’accrocher. Plus généralement, les sonorités de Dominanz évoquent un univers insidieux, parfois même obscène, ou l’on va souvent regarder par-dessus son épaule pour vérifier que l’on n’est pas suivi par une monstruosité à trois jambes et sans visage. Silent Hill ? La version soft, peut-être.
Au niveau des chansons en elles-mêmes, et hormis quelques morceaux avec plus de personnalité, on aura finalement quelque chose d’assez fade, répétitif et uniformisé, avec un son saturé auquel l’oreille s’adapte très bien, qui finit par devenir un bruit de fond. Oui, c’est triste. Cependant "Infinity", la première chanson de l’album, est peut être aussi la meilleure, avec un tempo rentre-dedans et addictif, celle qui aura le plus hérité du côté noir et excitant de l’Indus. Le problème est qu’à vouloir mélanger deux styles, on finir par y perdre et les fans des deux genres, et les particularités musicales qui y sont séparément attachées. Il s’agit donc d’un défi risqué, que Dominanz maîtrisera peut-être plus au prochain album. L’album se finit cependant sur l’excellente "The End of All There Is", qui remonte la barre d’un album finalement assez monocorde. Cette chanson possède une réelle atmosphère Dark, avec voix plus claires aux refrains, on a quelque chose de plus Goth, plus lent et qui donne plus envie de se plonger dedans avec désespoir. Et c’est avec une réelle frustration que l’on subit, vers la fin de la chanson (histoire de ruiner l’ambiance) les gémissements d’une femelle probablement en train de se faire enfanter. Donc voilà si un jour vous faites de la musique et que vous cherchez un moyen de faire quelque chose de passable et vulgaire, insérez des samples de porno, ça marche toujours.


Dominanz s’essaie donc à une fusion encore peu familière dans le monde du Metal, mais qui pourrait à long terme devenir une valeur sure. Ce qui est certain, c’est qu’une telle musicalité possède clairement son public, et il est plutôt large, depuis les adeptes de Marylin Manson (hé oui…) jusqu’à ceux de Deathstars ou Tiamat. Le premier album de Dominanz pourrait marquer le début d’une longue série pour un groupe qui aura été l’un des pionniers dans son style.


©Les Eternels / Totoro mange des enfants corporation - 2012 - Tous droits réservés
Trefoil polaroid droit 7 polaroid milieu 7 polaroid gauche 7