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CHRONIQUE PAR ...

90
Seth
Cette chronique a été mise en ligne le 13 septembre 2011
Sa note : 14/20

LINE UP

-Siegfried "Lord Siggi" Schüßler
(chant)

-Patrick "DECKES" Deckram
(guitare)

-Frank "Kette" Kettenhofen
(guitare)

-Thomas "Das Luder" Scherer
(basse)

-Marco "Schlachzeuscher" Schmieden
(batterie)

TRACKLIST

1)Flames of Revenge
2)See You in Hell
3)Make It Right
4)The Prophecy
5)Alien Autopsy
6)Final Thunder
7)Falconlord
8)The Dragonships

9)Lindisfarne
10)Valkyries
11)Land of the Brave
12)Dr. Stein

DISCOGRAPHIE


Messenger - See You In Hell
(2011) - heavy metal - Label : Massacre Records



Messenger est un groupe de Heavy Allemand dans toute sa splendeur : un son True Heavy sans concession, des ambiances fières et guerrières, des cheveux, des poils et de la sueur, voilà ce que promet le groupe à ses auditeurs. Et tant mieux. Cependant, bien que ce groupe se soit fondé en 1990 et sorte cette année son quatrième album, See You In Hell, il n’a pas forcément fait activement partie de la relève Heavy du début des années 2000 aux côtés d’Edguy et des autres copains allemands.

Pourtant, et même si la musique que produit Messenger n’a rien de bien neuf, il s’agit d’un Heavy qui fait plaisir à entendre, plein d’énergie et de volonté. Et surtout, Messenger a choisi son camp, à base de dragon, de cuir et de True Spirit. Et bien qu’on ait déjà eu l’expérience de ce style par le passé par les divers groupes qui ont rendu le genre célèbre, un groupe qui a sa personnalité et une tonalité musicale bien marquée fait toujours plaisir à entendre. Nous sommes bien évidemment en terrain connu, avec des thèmes familiers au style (les dragons, les valkyries, l’enfer) mais ce n’est pas pour nous déplaire. Ce côté épique et aventureux du Heavy est toujours agréable et agit comme un souffle de courage pour l’auditeur, qui aura probablement également envie d’aller chasser le dragon au bout d’un moment. On remarquera parfois des passages un peu plus longuets, des refrains un peu moins puissants que ce qu’ils auraient pu être (produisant ainsi une frustration légère), mais il s’agit globalement d’un Heavy de bonne facture, qui ne manque ni de cran ni de caractère.
Les chansons en elles-mêmes n’ont rien de révolutionnaire, mais elles font leur petit effet et restent assez agréables. La chanson "See You in Hell", éponyme de l’album, est parfaite pour entamer l’album, avec son côté rentre-dedans et ses tonalités Heavy Traditionnel à tendance True Germanique. Et l’on a probablement la meilleure chanson de l’album avec "The Dragonships", qui est un excellent titre power, avec les thèmes qui vont bien et la musicalité épique. Les chansons sont donc bonnes, mais la voix du chanteur sera quelquefois un peu limitée, surtout dans les envolées lyriques et aiguës des refrains power. Cependant, si à l’avenir cette faiblesse est maitrisée, cela pourrait apporter un côté caractéritique à la musique de Messenger. On ne compte plus les groupes de Heavy dont le chanteur n’a pas une voix lyrique et que l’on reconnait pourtant entre mille (UDO, Andi Deris d’Helloween…). Mais le chanteur a clairement besoin de trouver SON style, sa façon de chanter sans essayer de copier le chant de groupes plus connus, ce qui lui portera forcément préjudice.
Car oui, Messenger présente des similitudes avec plusieurs groupes déjà reconnus, leur son est notamment apparenté à ceux des géants du heavy allemand du type Helloween ou Gamma Ray. On finit d’ailleurs par penser très souvent à Helloween tant on sent clairement leur influence, dans les envolées aiguës comme dans les ambiances plus sombres, un peu underground que les Germains se plaisent parfois à adopter sur leurs albums récents. Cette ressemblance ne fait que se confirmer par la reprise qui clôt l’album, "Dr. Stein", titre culte d’une grande époque d’Helloween. La reprise n’apportant en elle-même pas grand-chose, on sent bien qu’elle est là car le groupe a plus eu envie de se faire plaisir qu’autre chose en interprétant cette chanson. En fait le véritable problème de Messenger est de tour à tour ressembler aux différents groupes qui forgent leur influence. Et ça se remarque. Si l’on a plus tôt pensé à Helloween, on pensera également à Manowar ou encore Hammerfall. En dépit de la qualité de leur son, il semble nécessaire que Messenger gomme ces ressemblances qui ne feront qu’amener de néfastes comparaisons, dans lesquelles ils seront forcément désavantagés. Ce groupe se trouve dans la nécessité de se forger sa personnalité.


Messenger est donc un groupe qui a un bon potentiel, capable de faire de la qualité, mais qui doit trouver son truc à lui, qui lui permettra de ne pas rester dans l’ombre des maîtres du Heavy. Le chanteur a quant à lui besoin de trouver un placement de voix qui lui correspond mieux, et ils doivent définitivement renoncer à faire du Helloween / Gamma Ray / Manowar / Hammerfall pour commencer à faire du Messenger.




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