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CHRONIQUE PAR ...

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Wineyard
Cette chronique a été importée depuis metal-immortel
Sa note : 14/20

LINE UP

-S.A.S Guy de Michelin
(chant)

-L.A.B
(guitare)

-Regine Blaude
(claviers)

-Buckaroo Messiah
(guitare)

-George Abitbol
(batterie)

TRACKLIST

1)Capillo Tractum
2)Cook of Revelations
3)4PQ 2WC
4)Black Metal Uten Strev
5)Lord of the Strings
6)M666 - Télévision Bizarre
7)Seventh Son of Massey Fergusson (live)
8)Henry Death
9)La Soupe aux Choux
10)Tof
11)Melissa
12)Das Gross Rigolad

DISCOGRAPHIE


Abitbollus - Clock Me Jesus
(2007) - grindcore - Label : Abitbollus



Après De Mysteriis Don Camillo [insert Dom Satanas where relevant], Abitbollus nous revient plus farceur que jamais avec Clock Me Jesus [insert Fuck where relevant], comme autre clin d’œil au black metal dit « sérieux ». Amis des jeux de mots satiriques soyez les bienvenus, car il faudra vous armer d’un sens de l’humour caustique et décalé, ainsi que de fortes références comiques et musicales pour apprécier ce nouvel opus d’Abitbollus et le groupe lui-même à sa juste valeur. Outre la musique en elle-même, une grande partie de l’intérêt de cet opus réside dans les paroles, truculentes à souhait, et bourrées (j’aurais pu employer le mot « emplies » mais « bourrées » c’était plus à propos) de jeux de mots, débouchant sur une atmosphère vraiment particulière, entrecoupée de parties de dialogues de film (La Classe Américaine…). Et quand musicalement ça tient aussi la route… Chronique d’une farce sérieuse ?

Petit panel des jeux de mots référentiels sur les titres des morceaux, histoire de s’imbiber de l’ambiance : "Capillo Tractum" tout droit sorti d’un sketch de Gustave Parking, "Cook Of Revelation" (remettre le « B » à sa place), "Lord Of The Strings" (je ne vous ferais pas l’affront d’expliciter), "M666 Television Bizarre", "7th Son Of Massey Fergusson" (déviation du grand Iron, sachant que Massey Fergusson est une célèbre marque de tracteurs), "Henry Death", entre autres. Mais il faut s’attarder sur les paroles associées, parfois très osées sur le rapport au titre : « Viens, mon petit, à l’école d’Henry, Apprendre l’anatomie par le meurtre en série, Mais qu’est-ce donc, poil aux roustons, qui me sort du pantalon ? C’est le biscuit du père Henry, Goûte-moi ça mon garçon », quand on connaît le Henri original et ses finalités...

Attardons nous encore sur le contenu de "Cook Of Revelation" où est cité le grand Leguman en personne au milieu de l’histoire d’un canard antéchrist prénommé Anaron (« Plus vilain petit canard qu’on fit »), sur celui de 4PQ2WC (« Soulager mon colon est ma seule préoccupation… J’suis aux cabinets ! »), sur celui de "Lord Of The String" (« Jadis, sur la plage de Meuldor, les fées bronzaient en paix quand arriva, portant un seau rond, un play-boy mystérieux qui leur offrit chacune un string hommage à leur beauté ») ou sur celui de "Melissa" (interprétation personnelle de Mercyful Fate et Julien Clerc : « Melissa Gothique d’Ibiza n’a pas de nez crochu », qui si l’on lit entre les lignes prétend dénoncer de manière décalée une certaine forme de racisme). Et que dire de "Tof" qui retrace de manière non déguisée l’histoire malheureuse de l’acteur Christophe Lambert des succès aux navets intersidéraux.

Au regard du propos textuel, largement assez développé ci-dessus même si l’on aurait pu y passer des heures, le lecteur que vous êtes doit légitimement se demander à quelle sauce musicale il va être mangé. De ce côté-là, nulle inquiétude à avoir pour les amateurs d’extrême : Abitbollus distille plusieurs genres, du grindcore ("Capillo Tractum"), en passant par du heavy Maidenien growlé black ("Seven Son Of Massey Fergusson"), du speed metal gothique (reprise jouissive du thème de la soupe aux choux), du gothique quasi-clérical à l’orgue ("Das Gross Rigolad", sonnant comme une oraison funèbre entrecoupée de cris de poules et de dialogues n’ayant rien à voir du tout), et bien entendu du black metal, qui est en définitive le genre fondateur de l’opus. Du black dépouillé et « raw » de "Black Metal Uter Strev", au black parfois symphonique de "Cook of Revelation", en faisant un détours par le black épico-folklorique avec cornemuse et chants pseudo celtes de "Lord Of the Strings", la palette est là aussi flatteuse et en faisant abstraction du texte, digne des bons groupes du genre. Et comme les voix sont capables de suivre tous ces genres différents sans le moindre problème, justement il n’y a pas de problème. Sachant de plus que la formation amiennoise est assez liée aux deux compères de Carnival In Coal…

À part de Les Nuls et de leur personnage de l’homme le plus classe du monde, savez vous l’autre signification du terme Abitbollus ? De l’aveu de SAS Guy De Michelin, chanteur de son état, cela vient du vieil argot « bite » (qui signifie « verge » comme chacun sait) et de « bollus » , « petit bol ». Le terme complet désigne donc « une verge en forme de petit bol », handicap physique fort rare avoué lors d’une interview en 2004. Trop c’est trop ? C’est finalement la question que je me pose. Passée la découverte de l’objet et des paroles pleines de finesses aux multiples sens décalés ou non, passée la découverte de la musique très bien exécutée au demeurant, que reste-t-il ? Un vraiment bon album, mais dont on ne sait jusqu’où va la parodie, laissant des questions sans réponses derrière lui.


« - T’avais raison, on aurait du prendre une ouiche lorraine.
- Moi j’suis sûr qu’on dit Quiche, ‘fin, bon hein...
- M’emmerde pas avec tes histoires j’te dis que j’ai mal au bide, j’ai la méga chiasse, putain, la méga chiasse!
- Excuse-moi.
- Ah excuse-moi, mal au bide, tu sais ce que c’est ? faut qu’j’aille chier bordel, il faut qu’j’aille chier rapidos! »

S’ensuit une très bonne pièce de black metal. Un bon résumé, non ? Je ne saurais que trop vous conseiller de jeter une oreille sur ce CD, soit pour rigoler un coup, soit pour la musique, soit parce que c’est français, que sais-je, trouvez une bonne raison…


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