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CHRONIQUE PAR ...

88
Mita
Cette chronique a été mise en ligne le 15 septembre 2011
Sa note : 15/20

LINE UP

-Colin H. Van Eeckhout
(chant+basse)

-Mathieu Vandekerckhove
(guitare)

-DehnSora
(guitare)

TRACKLIST

1)Sehikiah Verah Sondeh
2)Troosteloos
3)Helen Leven Lang
4)Seh Verah

DISCOGRAPHIE


Sembler Deah - Kaessariah Heel Een Leven Lang
(2011) - ambient - Label : Kaosthetic Records



Tiens, des compatriotes belges. De Flandres ceux-ci, et c'est un trio officiant sous le nom de Sembler Deah (avec un Français aussi), et jouant de la musique dans le registre du dark ambiant. Et généralement, ça passe (et ça devient magique) ou ça casse (et ça termine dans ma poubelle). Donc, le premier album du groupe porte le nom de Kaessariah Heel Een Leven Lang et j'espère pour eux qu'il ne sera pas à ranger dans la seconde catégorie.

La musique du trio est vraiment difficile d'accès, leur dark ambiant est, dans son ensemble, d'une grande beauté, mais il est ardu d'accrocher à leur univers, éthéré et tranquille, mais aussi sombre et torturé. C'est bien simple, parfois nous sommes suspendus à la musique et à sa beauté, parfois, en revanche, c'est l'ennui qui prend le dessus et il est difficile de continuer l'écoute. Et tout ce Kaessariah Heel Een Leven Lang semble fonctionner sur cette étrange ambivalence, entre une musique qui tantôt répugne, tantôt intrigue et émerveille.''Helen Leven Lang'', par exemple, joue là-dessus, entre d'interminables longueurs qui nous assomment dans l'interminable espoir qu'il se passe quelque chose, et ces sonorités fantomatiques et lugubres qui empêchent de décrocher de la piste, tant on est pris dedans, happés. De plus, la production imparfaite renforce encore ces impressions noires. Nous sommes pris au piège, coincés entre une furieuse envie de décrocher, et celle de rester, d'écouter et de profiter de cette sérénité, cet apaisement.

Car oui, dans son ensemble, il règne un calme plat dans Kaessariah Heel Een Leven Lang , voir même un silence de mort. Pourtant, j'ai accroché à cet album, j'ai été captivée par cette lenteur et cette atmosphère mystérieuse qui s'évapore, dans l'air, s'échappant de la boite de Pandore que l'on ouvre lorsqu'on lance son écoute. Il faut se mettre dans de bonnes conditions, car si vous attendez beaucoup de bruit ou de rythme, c'est ailleurs que ça se trouve, mais pas ici. On croirait presque parfois de la musique de relaxation tant la volupté et la tranquillité sont des mots qui priment dans la musique de Sembler Deah. Cet album, c'est un voyage, qui nous plonge dans un autre monde, et pour se mettre dans les bonnes conditions, il faut fermer les yeux, et laisser les images venir. Bien sûr, on ne prendra pas toujours du plaisir, la route pouvant être escarpée, et l'ambiance déchirante. Mais bien souvent, c'est une beauté qui subjugue, celle d'une musique avec des guitares parfois lourdes, proche du drone, qui rendent un effet lancinant de toute beauté.

Le plus difficile, c'est de décrire les sensations qui nous submergent lors de l'écoute. Parfois, nous sommes chatouillés par une douce lumière, comme sur ''Sehikiah Verah Sondeh'', lors de passages plus clairs, emplis de douceur, côtoyant un son pesant et lourd, ce contraste étant saisissant. Au contraire, ''Troosteloos'' est pleine de clarté, et cette beauté mélodique ne fait que renforcer l'admiration qui croît envers les belges. Même la courte ''Seh Verah'' laisse des traces là où elle passe, et ne laisse pas indifférent. En fait, cet album ne laisse pas de marbre, on aime ou on déteste, mais pas entre les deux. Dès lors c'est à vous de choisir votre camp, même si du mien, je dois dire que le travail rendu ici me comble, tant il est splendide, et en même temps repoussant. Le plus difficile, c'est d'en parler ou d'écrire à propos de Kaessariah Heel Een Leven Lang. Un opus étrange, mais le dark ambiant voit ici naître une belle œuvre, qui comblera les fans du genre qui sont plutôt ouverts d'esprit.


Comment noter cet album ? Comment en parler, faire passer les mêmes émotions que ce que Kaessariah Heel Een Leven Lang m'a fait ressentir au moment où je l'ai écouté ? Cette modeste chronique sera, je l'espère, un bon moyen de vous donner envie de découvrir l'univers de Sembler Deah, d'une étrangeté qui ne laisse pas de glace. Vous aimerez, ou non, ça, c'est à vous de vous faire votre propre opinion, mais je le répète, cet album est subjuguant.


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