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CHRONIQUE PAR ...

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Sven
Cette chronique a été mise en ligne le 23 septembre 2011
Sa note : 17/20

LINE UP

-Gary Wehrkamp
(guitare+clavier)

-Carl Cadden-James
(basse+flute)

-William Brendt Allman
(guitare)

-Brian Ashland
(chant+guitare)

-Joe Nevolo
(batterie)

TRACKLIST

1)With Honor
2)Venom
3)Pain
4)Gold Dust
5)Strong
6)Digital Ghost
7)Haunted

DISCOGRAPHIE

Carved In Stone (1995)
Legacy (2001)
Digital Ghosts (2009)

Shadow Gallery - Digital Ghosts
(2009) - metal prog - Label : Inside Out Music



Salut Mike Baker, c’est moi Sven. Je sais que là où tu es, tu ne dois pas souvent aller sur le Net, surtout pas pour lire des chroniques sur un webzine français, mais je tenais quand même à t’écrire ces quelques lignes, c’est important pour moi. Parce que je ne sais pas si tu es au courant, mais malgré ta disparition, ce tragique 29 octobre 2008, qui les a profondément affectés, tes copains de Shadow Gallery ont décidé  de continuer l’aventure, et ont sorti un an quasiment jour pour jour après ta disparition un nouvel album, Digital Ghosts. Et tu en aurais été fier…

Une chose est sûre, Mike, c’est que ta disparition a chamboulé tout l’univers du métal! Il a même été question un temps de séparation, tout le monde se demandant comment Shadow Gallery pouvait survivre à la disparition de son leader, de sa voix, de son âme. Le groupe est resté en suspens pendant de longs mois. On s'est mis à craindre un split quand on a appris le départ de Chris Ingles, et lu des rumeurs concernant le départ de Brendt Allman ou Joe Nevolo. Mais Gary nous l'avait assuré, le groupe allait continuer, sans toi, mais pour toi! Et ils l'ont fait, Mike, ils l'ont écrit et l'ont sorti, cet album. Digital Ghosts, qu'il s'appelle.  Alors forcément, il est plus sombre, ils n'avaient pas le cœur à écrire des chansons aussi sucrées que par le passé, tu te doutes bien pourquoi ! Mais c'est du pur Shadow Gallery, je peux te l'assurer. Dès le début, avec le magnifique « With Honor », on sent qu'ils ont voulu faire les choses bien. Roulements de double grosse caisse à la « Manhunt », claviers aux sonorités rétro, harmonies vocales somptueuses, quelle superbe entrée en matière, tu aurais adoré!
Bien entendu, la première chose qui trouble, c'est que tu n'es pas là. Pour te remplacer, tes copains ont fait appel à un inconnu, Brian Ashland. Ils n'ont pas cherché à trouver un clone, ils n'auraient pas réussi, il n'aurait pas été aussi bon que toi, de toute façon. Mais il est excellent, dans un registre un peu plus classique, moins larmoyant, avec une voix un peu plus rocailleuse, à la Geoff Tate. Et que ce soit en solo ou en chœur avec les autres membres du groupe, il s'en sort vraiment bien. On ne t'oublie pas, mais ils vont pouvoir aller de l'avant avec celui-ci, c'est assuré désormais. Ils ont même fait appel à Ralf Scheepers de Primal Fear et à Clay Barton de Suspyre pour chanter chacun sur un titre de l'album, pour varier un peu et donner un peu plus d'agressivité à ces titres.
Mais il n'y a pas que le chant, dans cet album. Il y avant tout les chansons, composées essentiellement par Gary Wehrkamp, avec Brendt Allman et Carl Cadden-James. Épiques, riches, rythmées, variées, voilà quelques adjectifs qui pourraient résumer les morceaux de cet album. Et longues aussi, puisqu'ils ont créé sept pièces de 7 à 8 minutes en moyenne. Mais on ne s'ennuie pas un instant. Tu te doutes qu'ils n'ont pas changé leur manière d'écrire, ni leurs tics de composition. À grand renfort de mélodies omniprésentes, de riffs précis et efficaces, de claviers aux sonorités toujours un peu rétro, de choeurs grandiloquents et d'orchestrations à la limite du symphonique par moments, toujours soutenus par cette rythmique impeccable, ils tiennent à prouver au monde qu'ils tiennent le coup, malgré ton départ. Ils ont également tenu à varier le propos entre les morceaux, alternant mid-tempos et morceaux plus rapides, le tout parsemé de soli de guitare et de claviers splendides, ils ont composé un excellent album que tu n'aurais pas renié.
Et surtout, mais je suis sûr que tu leur pardonneras, ils ont écrit l'un des plus beaux morceaux de l'histoire du groupe, « Haunted ». Hanté... On ne se demande pas par qui, tant il ressemble à un hommage, sincère, vibrant, solennel, magnifique, à un compagnon parti trop tôt. Ces harmonies vocales, ce clavier intimiste, ces chœurs angéliques, l'émotion et la tristesse qui en émanent, tout est parfait. Puis vient ce solo magistral que l'on croirait tiré de la guitare de Brian May, avant que le morceau ne reparte de plus belle, comme pour prouver que tout n'est pas fini. Puis la conclusion, sublime, belle à en pleurer, semble nous exhorter à aller de l'avant. Ce morceau, ils l'ont composé sans toi, Mike. Et ne leur en veux pas, c'est le plus bel hommage qu'ils pouvaient te rendre, comme pour te dire qu'ils ne t'oublient pas, mais qu'ils vont poursuivre leur route, avec tout ce que tu leur as, tout ce que tu nous as, apporté. Et  avant de nous laisser, pour rappeler au monde quel immense chanteur tu étais, ils ont ajouté sur la version limitée de l'album l'inédit « Two Shadows », sur lequel on entend ta voix une ultime fois. Comme un testament...


Où que tu sois, sache que l'on ne t'oublie pas, Mike Baker. Tu as été et tu resteras la voix de l'un des plus grands groupes de l'histoire du métal progressif. Tu nous as quittés alors que toi et tes compagnons étiez au sommet de votre talent. Ils ont décidé de continuer l'aventure sans toi, mais ils l'ont fait de la plus belle des manières, en nous offrant un album magnifique, en forme d'au revoir, dont tu aurais été fier, et sur lequel on s'imagine que tu aurais adoré chanter... Tu vas nous manquer !



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