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CHRONIQUE PAR ...

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Oni²
Cette chronique a été mise en ligne le 02 octobre 2011
Sa note : 12/20

LINE UP

-Luke Davies
(chant)

-Leon Kemp
(guitare)

-Steve Nixon
(guitare)

-James Britton
(basse)

-James Cook
(batterie)

TRACKLIST

1) To Live Not Remain
2) Blood In The Throne Room
3) Tyranny
4) Of Gods And Men
5) By Horror Haunted
6) Echoes Of The Fallen
7) The Evangelist
8) Sleep Soundly No More
9) Venomous
10) Senora De Las Sombras

DISCOGRAPHIE


Anterior - Echoes of the Fallen
(2011) - metalcore - Label : Metal Blade Records



Metalcore, metalcore, metalcore, nul metalleux n’a pu échapper à cette mode qui a sévi non-stop ces dernières années. Avec le déferlement de clones tous plus insipides les uns que les autres, la mort précipitée du genre était inévitable (heureusement diront certains). Quelques-uns tentent encore de continuer à agiter le cadavre en décomposition. Parfois ils arrivent à en extraire un dernier souffle salvateur, plus souvent ils ne font qu’arracher un membre déjà pourri. Les Gallois d’Anterior sont malheureusement dans ce cas.

Intro toute en lead-guitar bien pompeuse, grosse double, riff bateau. Tellement ressemblant à ce qui déborde du rayon metal chaque mois. Et ça continue, voix core monocorde, avouons le, sans le moindre intérêt. Pas assez agressive pour vous donner envie d’agiter votre crinière et gueuler comme un possédé. Pas mélodique non plus car dépourvu de toute nuance, on aurait presque préféré qu’ils se fondent dans la masse de groupes irrémédiablement impersonnels « couplet braillé, refrain minaudé ». Vu la structure des chansons, c’est plus de heavy à vocaux hurlé qu'on parle.

Les solis sont vraiment beaux (et c’est une remarque générale), on ne peut pas leur enlever ça, c’est d’ailleurs ce qui sauve chaque morceau du naufrage quand son extrême conformisme devient trop envahissant. On retrouve ainsi quelques magnifiques envolées guitaristiques  (“Tyranny”, « Senora de las sombras »).  De temps en temps, on tient même quelques véritables tueries, porté par une construction léchée et agrémentée de passages surpuissants (solis de “Blood in the Throne Room”, “By Horror Haunted” et sa combinaison intro shreddée+ rythmiques hachées+ mélodies entêtantes).

Et pourtant … ce qu'Anterior a à offrir demeure vraiment trop commun. Ce sont de bons musiciens et il n'y a aucun doute à avoir sur la dose de kif qu'ils se prennent en jouant. Seulement, les gars, faut sortir de votre hibernation, douze mille groupes ont fait et continuent de faire la même chose que vous depuis plus d’une décennie. Alors forcément, à compétences égales … on a plutôt envie de s’intéresser à ceux qui proposent une musique plus originale, plus fouillée que la moyenne ou qui, au moins, nous livrent un recueil intégral de tueries, quitte à opérer dans un registre vu et revu.

L’interlude central qui sert aussi à ouvrir “The Evangelist” est plutôt  inutile et c’est bien dommage car ce morceau avec ses couplets rappelant Darkest Hour (et donc forcément At The Gates aussi) fait partie des meilleurs. Qualités qu'on retrouve avec plaisir sur “Venomous” et ses roulements de double infernaux. Au final, les ingrédients du meilleur et du pire chez Anterior sont toujours les mêmes. D’un côté les mélodies occasionnellement imparables, les solis épiques et bien pensés, de l’autre côté un brailleur monotone et une très désagréable impression de déjà vu sur chaque titre.

Echoes of the Fallen joue dans la même cours que le dernier Unearth : le metalcore formaté, le chant clair en moins. Mais quelques part on a du mal à vraiment vouloir les défoncer. Mon indulgence à l’égard d’Anterior vient un petit peu du fait qu’ils n’ont à ce jour jamais accouché de chef d’œuvre, contrairement à leurs homologues américains, qui eux ont en plus une part de paternité dans ce genre musical. Et puis bon, ça se laisse quand même écouter, nous n’en sommes pas encore aux gros étrons pondus par Caliban ou Sonic Syndicate.


« Inutile de s'appesantir. Les amoureux du metalcore classique pur et dur devraient être les seuls à trouver leur compte dans This Age Of Silence ». C’est ainsi que mon collègue Wineyard concluait sa chronique de leur premier album. Conclusion qui est toujours d’actualité hélas, à croire que ces messieurs n’ont décidément tenu compte d’aucune remarque sur leur premier effort. Dommage …



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