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CHRONIQUE PAR ...

73
Dimebag
Cette chronique a été mise en ligne le 03 octobre 2011
Sa note : 6/20

LINE UP

-Snyder
(chant)

-Gozer
(guitare)

-Jimbo
(basse)

-Eggroll
(batterie)

TRACKLIST

1)Hometown Hero
2)Obituary
3)Black Earth
4)For Life
5)Old Friends Don't Mean Shit
6)Frostbitten
7)The Meeting
8)Worthless
9)Friendship
10)Jock Powerviolence
11)The Fine Art of Bullshit
12)Dubviolence
13)You Could Exist Tomorrow
14)Future

DISCOGRAPHIE

Worthless (2011)

Week-end Nachos - Worthless
(2011) - hardcore grindcore power violence fainéant - Label : Relapse Records



« Worthless », adjectif : sans valeur, inutile, à deux balles, bon à rien. On pourra pas me dire que j'étais pas prévenu. Auteur du méfait : « Weekend Nachos » : sans commentaire. Si avec un tel attirail les mecs ne faisaient pas du gros grindcore décalé sans prétention aucune, c'était la bulle direct. Ils font du grind, merci pour eux. Et même du power violence. Mais si vous savez bien, ce genre de punk bourrin, dissonant, anti-musical, enfin dégueulasse quoi. Le mix des deux genres (qui sont finalement assez proches, faut arrêter avec les étiquettes étriquées) promettait l'enfer au profane : ça n'a pas loupé.

Non pas que votre serviteur ne possède absolument aucune connaissance en la matière, ayant écouté plus qu'à son tour les bons vieux Nasum, Fuck The Facts, Agoraphobic Nosebleed et autres Napalm Death. Pour autant, jamais ne fut-il un seul instant séduit par le genre. Cette chronique et la note désastreuse frappant ce groupe d'un puissant ostracisme (notoirement relativisé par le fait que ce papier sera probablement assez peu lu !) viennent donc d'une âme hermétiquement close aux douteux charmes du style. Aux fans die hard (mais alors vraiment super hardcore hein) de grind, ne pas tenir compte de ce papier serait judicieux, tant cet album pourrait leur plaire (que le holy god of metôl aie pitié de leur âme). Pour le reste, la solution, chers amis, réside dans la fuite. Immédiate et sans retour. Cet album, c'est le VIDE, le néant complet, la fin de toute création, le foutage de gueule à tous les niveaux. Tout d'abord une durée ridicule, car même si c'est du grind il est toujours comique de voir des groupes sortir 14 « compos » très hasardeuses atteignant en tout et pour tout les vingt-cinq grosses minutes et appeler ça un album. Ensuite, un degré de composition atteignant les bas fonds des pires moments de doute d'un mauvais auteur en fin de carrière, écrivant à titre alimentaire des musiques pour téléphone mobile voire des publicités pour des monte-escalier Stannah (''For Life'', ''Friendship'', scandaleux).

Le fond du bol quoi, les tréfonds de l'abysse, sans doute atteints sur le morceau titre ''Worthless'', qui est en fait un gros larsen crasseux de deux interminables minutes suivies d'un ou deux riffs bancals et d'un type qui éructe par dessus. Minable, c'est le mot. Bancal c'est également le mot, tant c'est d'assez loin le sentiment le plus prégnant qui s'empare de l'auditeur un peu médusé de ce qu'il entend, ou plutôt de ce qu'on lui défèque sans ambages dans les oreilles pour parler crûment, à l'écoute de cet album paresseux, inutile et sans valeur : worthless quoi. C'est cool d'annoncer la couleur messieurs, l'auditoire a bien saisi que cet opus était un peu là pour faire dans la gaudriole et permettre à ses géniteurs de s'éclater, mais quel intérêt de dépenser temps, argent et énergie pour en faire un VRAI album ? Pourquoi ne pas se contenter d'enregistrer tout ça sur un mauvais 4 pistes, de balancer les sons sur myspace et de se bidonner en lisant les commentaires soit outrés soit dithyrambiques des rares followers ? Quoique vu la qualité du produit fini (à la pisse très probablement), il est clair que sortir ce ''Worthless'' n'a coûté que peu d'argent, n'a accaparé que peu de temps, n'a demandé qu'une dépense d'énergie des plus minime, et surtout n'a requis aucun, mais alors absolument aucun talent.

Sans trop s'avancer, il ne semble pas honteux d'affirmer que quiconque possédant de légers rudiments en - batterie / guitare / basse / gueulage – pourrait sortir tel étron, et même faire mieux sans trop se fouler (sans trop pousser ?).Parler musique après un développement si abrupt semble illusoire, tant vous aurez déjà bien saisi le cœur de l'avis présenté ici : cet album, c'est le désert. Des riffs pauvres comme tout font la ronde (''Obituary'', ''Future'' et ses 7 minutes de rien, authentique foutage de gueule), habillés d'un son gras et pataud, rythmés par une batterie un peu fainéante mais qui sauve limite les meubles face à la pauvreté abyssale du reste, et saupoudrés à la hussarde d'un chant criard monocorde, éructé en mode growl enrhumé sans aucune ligne un minimum accrocheuse où que ce soit (sauf éventuellement sur ''Jock Powerviolence'', pendant genre 20 secondes, super). Bref, une coloscopie auditive, où quand la ridiculement courte durée d'un album devient finalement son meilleur atout. Bonjour tristesse.


Alors oui, je vais sans doute passer pour un con hautain et sans aucun second degré, mais franchement y a des limites au maxi-foutage de gueule. Je veux dire, GRONIBARD ferait presque plus d'efforts dans ses compos. Là, il n'y a rien de rien, on se fait chi***, tant et si bien que cet album pourrait être une réponse grasse et vénère au drone doom, éloge bourdonnant de la complète vacuité musicale érigé en style à part entière (ça faisait longtemps que je voulais mettre une cartouche gratuite à ce sous-genre que je ne comprends ni ne conçois, m'enfin, il faut de tout pour faire un monde de barges !).


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