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CHRONIQUE PAR ...

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Dimebag
Cette chronique a été mise en ligne le 05 octobre 2011
Sa note : 12/20

LINE UP

-Andrew Fidler
(chant+guitare)

-Jonathan Athon
(chant+basse)

-James May
(chant+batterie)

TRACKLIST

1)Witch's Spell
2)Fixed In The Ice
3)Mind Moves Something
4)Interlude
5)End Of Days
6)Prophecy One By One
7)Falling Down
8)Breaking The Backs Of Men
9)Call Of The Sewer Rat
10)Beneath (bonus track)
11)Fatal Kiss (bonus track)

DISCOGRAPHIE


Black Tusk - Passage Through Purgatory
(2011) - hard rock sludge métal swamp métal de Savannah - Label : Relapse Records



Savannah, Géorgie (le 4e état américain, pas le pauvre petit pays du caucase à la botte de Vladimir et ses sbires) : 350 000 habitants avec son agglo, cette charmante cité du sud des Etats Unis est notamment connue pour avoir accueilli le tournage de plusieurs films célèbres (Minuit dans le jardin du bien et du mal, Forrest Gump, La légende de Bagger Vance), donné naissance à Cee-Lo Green de Gnarls Barkley et.....Eh mais OH on s'en fout là, merci Wikipedia ! Savannah c'est surtout la génitrice de deux grands groupes de sludge, Baroness et Kylesa, proches cousins des géants issus d'Atlanta : Mastodon.

Un pedigree qui tape lourd donc, tant la Géorgie s'est elle-même mise sur la carte des incontournables places fortes du métal US (au même titre que la mythique Bay Area ou la scène hardcore de la côte est) avec l'occurrence de ces trois groupes et de leurs suiveurs. Black Tusk, messieurs dames, est de ceux-là, et le Passage Through Purgatory qui vous est présenté ce jour est en fait une réédition de leur premier opus sorti en 2008, réédition qui est d'ailleurs très commodément sortie peu avant l'occurrence de leur troisième skeud, Set The Dial. On passera sur le couplet « ouaiiiis encore une réédition de chez Relapse, ils se font vraiment pas chier sur ce label », tout le monde ou presque partage cet avis : chez Relapse, entre envoi au compte goutte de promos bippées et rééditions incessantes, ils se font vraiment pas chier et font rentrer de l'argent. D'un autre côté si ça peut les aider à continuer à sortir autant d'artistes de fou et de musique de qualité, qu'ils continuent (Dillinger Escape Plan, Mastodon, Obscura, Gengis Tron, Baroness, des tas d'autres, PARDON quoi !).

Toujours-est il que cette réédition n'est pas non plus totalement sans intérêt, la prod' ayant été correctement améliorée par rapport à la version de base de l'opus, assez crasspeck. Et pour un album de sludge (voire swamp) métal aussi lourd et rugueux que celui-ci, ce n'était pas inutile. L'important était de garder une dose de gras là-dessus pour bien mettre en valeur le groove vaseux du groupe, et ça a été fait. Point d'affreux scandale donc. Sur le fonds par contre, pour qui découvre cet album comme ce fut le cas de votre serviteur, on est en droit d'être légèrement plus mesurés. Black Tusk n'est vraiment, mais alors vraiment pas, au niveau de ses illustres collègues. Moins lourds et groovy que Kylesa, moins accrocheurs également, bien moins ''musicaux'' et fouillés que Baroness, les Black Tusk envoient sans coup férir 35 minutes de gros rock métal du sud qui fait des sacrées tâches de gras sur ta chemise à carreaux avec un son quasi identique à celui de Kylesa.

Certes c'est efficace (l'assez bon ''Fixed In The Ice'', ou ''Falling Down''), burné et rentre dedans (''Mind Moves Something''), carré, et ça donne envie de remuer un peu la tête (''Beneath''), mais c'est tout de même sacrément convenu ma bonne dame ! Là où Kylesa et surtout Baroness et Mastodon (ou Kvelertak, qui pour le coup sont norvégiens mais évoluent dans le même type d'univers) innovaient en proposant des trucs relativement frais (même si la fraicheur n'est pas exactement le premier ressenti qui survient à l'écoute de ces groupes, on est d'accord) et originaux, Black Tusk a un peu tendance à racler le fonds des vieilles marmites sudistes pour en faire sa tambouille. L'ensemble n'est pas indigeste et serait même plutot cool à écouter de temps en temps, mais on décroche, VITE. Les compos manquent d'accroche et  leur linéarité à tendance à fatiguer (''End Of Days'' ; ''Prophecy One By One''), les voix piochent sévère en termes de profondeur et de modulations (très dommage alors que les trois gusses chantent), et le niveau technique traine un peu des pieds également, l'ensemble manquant sérieusement de variété. Bref, c'est cohérent et ça envoie, mais pas beaucoup plus.


De là à dire qu'il s'agit d'un groupe sans talent aucun et qui a juste cherché à surfer sur la vague du succès de ses illustres potes, il n'y a qu'un pas qu'il semble présomptueux de franchir. Black Tusk propose un truc sincère, direct et plein de bonne volonté, mais le résultat souffre un peu de la comparaison avec les poids lourds du genre. Il ne suffit pas de mixer Down à du gros stoner et de dire qu'on ne fait pas pareil que les premiers Kylesa ou Baroness alors que clairement, SI, pour en faire un truc qui déboite. Elève sympa mais un peu feignasse sur les bords donc.


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