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CHRONIQUE PAR ...

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Jehovad
Cette chronique a été mise en ligne le 25 octobre 2011
Sa note : 9/20

LINE UP

-Stephen “Snips” W. Parson
(chant)

-Chris Spedding
(guitare)

-Sixteen
(guitare)

-Glen Matlock
(basse)

-Martin Chambers
(batterie)


TRACKLIST

1)Lover of High Renown
2)Who’s Chasing Who
3)Va Vah Voom
4)Secret Song
5)American Slaves
6)Chapel of Love
7)I Was There
8)Make That Call
9)China Waters
10)Selene Selene
11)King Mob

DISCOGRAPHIE

Force 9 (2011)

King Mob - Force 9
(2011) - rock rock n' roll bluesy - Label : SPV



Voici qu’une poignée de vieux gentlemen anglais, chacun affichant un CV plus que respectable (collaborations avec Paul McCartney, Elton John, John Cale, The Sex Pistols, The Pretenders, …) s’est nouvellement assemblée pour fonder King Mob et raviver la flamme des glorieuses sixties… Des sons, des images, des odeurs nous chatouillent les sens… Quoi de plus alléchant qu’un petit voyage dans cette période bénie et exaltante ? Enfilez vos perfectos, gominez vos bananes, on y va…

C’est à un groupuscule radical londonien des années 1970 prônant la révolution prolétarienne que King Mob a emprunté son nom. Tout cela sent bon le voyage dans le temps… Alors ? Nostalgie d’une époque définitivement révolue et péniblement ressuscitée par quatre vieux briscards en mal de publicité ? Ou bien brillante replongée au cœur de l’âge d’or du rock n’ roll ? Il est bien sûr hors de propos de remettre en question la sincérité et la passion des messieurs. Celle-ci est palpable dès les premières mesures de "Lover of High Renown" et l’on sent tout au long de l’album que les 4 sexagénaires (Sixteen, étant un jeune et illustre inconnu) retrouvent leurs vingt ans. Le plaisir est-il partagé par l’auditeur ? Loin s’en faut… Mis à part quelques passages et refrains sympathiques disséminés ça et là qui fleurent bon le blues ou boogie rock ("Vah Vah Voom", "Selene Selene" et son petit riff à la AC/DC), le constat est inévitable : il ne se passe pas grand chose sur ce Force 9, nom énigmatique qui, s’il fait référence à l’échelle de Richter, ne secoue finalement pas grand chose… Premier point, l’effet de "reverb" permanent utilisé pour la voix. Il semble qu’on ait ici affaire à une tradition de l’époque, mais le résultat n’est pas des plus agréables. Ensuite, la répétition excessive des plans rend les chansons monotones puis vite ennuyeuses. Un grand maximum de trois minutes trente aurait bien suffi à maintenir l’attention, mais la plupart des morceaux dépassent les quatre voire les cinq minutes…C’est long… C’est trop long…

L’impression n’en est que renforcée par le jeu monolithique de Martin Chambers, qui évolue dans la plus pure tradition du batteur exclusivement rythmique et manque de fleurir ses créations d’ornementations et autres fioritures qui apporteraient de la saveur à l’ensemble. Les guitares quant à elles ne brillent guère plus. Chris Spedding, le nom le plus « médaillé » de la bande, ne confère pas pour autant de gloire aux créations de King Mob : aucun riff mémorable en vue qui permettrait de marquer les esprits et les années 2010 du sceau King Mob. Là où les années 1960 et 1970 ont vu naître des riffs de guitare légendaires qui ont chamboulé à tout jamais le monde entier et l’histoire de la musique, et sont encore fredonnés probablement jusqu’au fin fond de la forêt amazonienne, sans même connaître l’origine de telle ou telle mélodie, les deux guitaristes nous livrent de l’hyper réchauffé bien insipide. La plupart des parties de guitare ressemblent plus à des petits délires improvisés, structurés de quelques ternes accords, ce qui empêche les chansons d’accrocher l’auditeur. Seul le chant de Snips pourrait encore relever ce défi… Mais il n’en est rien tant les mélodies vocales sont pauvres et se résument le plus souvent à d’interminables lignes parlées. Alors on écoute et ré-écoute ce Force 9 en se disant qu’on a dû rater quelque chose, du génie subliminal… Mais rien ne vient. Les onze titres s’enchaînent sans relief aucun et l’on peine à garder son attention éveillée jusqu’à la dernière seconde de la dernière minute.

Si l’idée du retour aux sources, très à la mode en ce moment, pouvait facilement attirer le badaud, le cruel manque d’inspiration aura tôt fait de le faire fuir vers d’autres adorateurs de l’âge d’or. Cet énigmatique Force 9 et sa pochette tout aussi énigmatique ne feront pas date dans l’histoire du rock et King Mob ne révolutionnera rien cette fois-ci.


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