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CHRONIQUE PAR ...

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Jehovad
Cette chronique a été mise en ligne le 27 novembre 2011
Sa note : 15/20

LINE UP

-Tomas Brenna
(chant+guitare)

-Lukas Paulsen
(guitare)

-Stian Helle
(basse)

-Espen Nesset
(batterie)



TRACKLIST

1) Grim Reefer 
2) Evil Man 
3) Blues for the Dead 
4) Rotten Seed 
5) Seventh Son
6) The Prophet 
7) Ragnarökr 
8) Roadtrip with Lucifer 
9) Hard to Please 
10) Whorehouse Groove

DISCOGRAPHIE

Dust Devil (2011)

Lonely Kamel - Dust Devil
(2011) - stoner stoner rock blues - Label : Napalm Records



Non, la Norvège n’enfante pas que des black métalleux dépressifs, pyromanes et/ou meurtriers ou encore des champions olympiques de sports d’hiver… Dans le Grand Nord aussi, le stoner rock dispose de fiers et dignes représentants, incarnés ici par Lonely Kamel. Troisième album pour ces quatre garçons dans le froid qui sont venus réchauffer les carcasses déjà engourdies à l’idée du terrible hiver norvégien qui approche. Vous aussi, laissez-vous entraîner au fond d’un bar au fond d’un fjord qui sent bon la bière, la sueur et le rock n’roll…

C’est un bon vieux « bottle-neck » qui vous accueille sur "Grim Reefer", immédiatement suivi d’un riff traînant purement « bluesy » accompagnant des paroles à la gloire du dieu joint ! On se croirait vraiment au fin fond d’un tripot enfumé de Louisiane à taper le carton avec Phil Anselmo, Zakk Wylde et Tom Waits, plutôt qu’au fin fond d’un fjord à boire une corne d’hydromel en compagnie de descendants de fiers vikings. Le rythme s’accélère sérieusement dès la deuxième moitié du morceau, puis revient à son riff de départ pour conclure à nouveau sur le riff rapide. Ainsi en sera-t-il du reste de l’album qui alterne par série de trois chansons les rythmes enlevés et les rythmes posés. Tous les titres ont cependant en commun d’être bâtis autour de riffs simples, directs et efficaces, et qui ne vous quitteront plus la tête par la suite, agrémentés de refrains accrocheurs et de solos qui vont bien, le tout baigné dans une ambiance rock seventies, parfois psychédélique. Les éléments traditionnels du stoner sont tous présents : le son, l’attitude et les textes. Seule la pesante "Seventh Son" sort du lot à mi-chemin de l’album par sa lenteur et sa lourdeur, piétinant parfois la frontière du doom. "The Prophet" détonne également par son côté hybride en passant d’un rythme enlevé à une fin sludge, avec un son de guitare plus gras qu’un pilon de poulet frit du Kentucky. Enfin "Ragnarökr" clôture ce trio qui scinde l’album en deux – lent et envoûtant à souhait. Pour clore l’album on revient à trois pièces aux rythmes effrénés, aux grooves forcenés et aux solos débridés.
Le chant, quant à lui, s’inscrit parfaitement dans les codes du genre et oscille entre un Pepper Keenan ("Rotten Seed", "Evil Man", "Roadtrip with Lucifer") et un Jimi Hendrix – même les mimiques sont là – vraiment bluffant ("Hard to Please", "Whorehouse Groove", "The Prophet"). Tout ces éléments donnent un stoner blues rock de très bonne facture. Mais alors que pourrait-on espérer de la part de Lonely Kamel à l’avenir? Peut-être partir à la recherche de plus d’originalité, développer sa propre identité, personnaliser son style, sortir des sentiers battus du stoner afin de ne pas demeurer un groupe de plus parmi tous les autres groupes du genre, une simple goutte d’eau dans l’océan, une simple feuille dans la champ de cannabis... Car si Dust Devil laisse une impression très agréable dès la première écoute, on peut lui reprocher de manquer de ces petites trouvailles inattendues auxquelles le genre se prête largement et qui mèneraient vers l’extase… Simple et efficace, oui, mais plus de relief ne pourrait que rendre leur musique plus attrayante, appréciable sur la durée. Après tout, le fait de vivre au milieu des fjords d’Europe du Nord et non pas au cœur du désert du Nevada ou du bayou de Louisiane ne peut que contribuer à donner une couleur locale et exotique à un genre pratiqué si loin de ses racines géographiques. Comment imaginer du black metal joué par un groupe californien ne sentant pas le sable chaud ? Ceci étant dit, messieurs, toute pinaille mise à part, ce que vous faites, vous le faites bien et ça, c’est déjà fort respectable…


Les amateurs de stoner classique trouveront assurément le bonheur dans l’écoute de Dust Devil. Les amateurs de bon rock n’roll en général seront également servis. Les amateurs de sensations nouvelles et/ou uniques risque en revanche de ne pas se satisfaire longtemps d’un album somme toute assez conventionnel.


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