4940

CHRONIQUE PAR ...

16
Kroboy
Cette chronique a été mise en ligne le 29 novembre 2011
Sa note : 15/20

LINE UP

-Flegias 
(chant) 

-Pier Gonella 
(guitare) 

-GL 
(basse) 

-Peso 
(batterie) 
 

TRACKLIST

1) Part I
2) Part II
3) Part III
4) Part IV
5) Part V
6) Part VI
7) Part VII

DISCOGRAPHIE

Idiosyncrasy (2011)

Necrodeath - Idiosyncrasy
(2011) - heavy metal riche, extrême et progressif - Label : Scarlet Records



Quand on s'attaque au nouveau Necrodeath, on se dit qu'avec un nom aussi clichesque, on doit pouvoir cerner l'album avant même d'y avoir jeté une oreille. Et puis les premières indications brouillent les pistes : une pochette en hommage à Reservoir Dogs, loin des stéréotypes du genre, et une tracklist avec des pistes sans titres, simplement numérotées de 1 à 7. Alors quand l'album débute par la respiration bruyante d'un chien (!) avec des chants grégoriens en bruit de fond (re-!), on se dit que finalement, on a eu tort de tirer des plans sur la comète…

Au bout de quelques secondes, une sentence retentit : « Free from guilt… Free from sin… Free from God ! » Ouais, et aussi free from toutes les conventions qui régissent 99,99 % des albums de metal. Idiosyncrasy n'est pas une collection de chansons, mais un véritable voyage musical de 40 minutes, découpé en 7 plages juste pour ne pas effrayer le chaland pour qui l'adjectif « progressif » est un gros mot. Difficile par conséquent de rapprocher Idiosyncrasy de n'importe quel autre album. Dans l'idée, on n'est pas forcément éloigné du monumental Dante's Inferno d'Iced Earth, car cette odyssée explore de nombreuses voies, passant du heavy au thrash, d'envolées doom à la black Sabbath au death, de passages calmes et ambiants au black metal le plus malsain. Certains thèmes forts sont par ailleurs exploités à différents moments de l'album. Il est donc complètement vain de dire par exemple que la part II déchire plus que la part V, car elles ne constituent chacune qu'une simple partie de l'ensemble. Et c'est sans doute à ce point de vue que Necrodeath a fait très fort : les plans et les ambiances s'enchaînent, mais en conservant une telle cohérence que jamais l'auditeur n'a l'impression de perdre le fil, hormis peut-être dans à certains moments des part V et VI, un peu moins bien intégrées au reste.
Dans ce voyage où les plages instrumentales sont légion (part I et IV surtout), il faut attendre 3 bonnes minutes avant d'attendre Flegias et sa voix malsaine à la Dani Filth. Petite parenthèse, il paraît qu'il faudrait dire l'inverse, l'Italien ayant été une des grosses influences de son homologue anglais ; mais bon, que voulez-vous, l'Histoire est injuste, sinon on parlerait de voix à la Kyle Thomas (Exhorder) plutôt que de voix à la Phil Anselmo…Mais bref, Flegias est impérial sur Idiosyncrasy, où il se montre aussi bien rageur que menaçant (sur la part III notamment). Lorsqu'il commence à alterner chant criard et chant death, par exemple au milieu de la part VI, le résultat est dévastateur. Mais le grand bonhomme de cet album, c'est sans aucun doute Pier Gonella. Mis en valeur par une excellente production (l'album gagnant à être écouté au casque pour profiter des effets de stéréo), le guitariste magnifie les riffs de haut vol principalement composés par le batteur Peso et s'amuse sur les très nombreux solos, où il fait admirer toutes les facettes de son jeu : technique, sens du phrasé ou maîtrise du grand n'importe quoi à la Slayer. Derrière, ça ne rigole pas non plus, avec un batteur au jeu très complet qui s'adapte admirablement à tous les styles pratiqués sur l'album.


Le pari étant aussi gonflé qu'ambitieux, et le résultat est tout simplement impressionnant. Necrodeath nous offre un long titre de heavy extrême d'une insolente réussite, et redonne ainsi un peu de sens à la notion d'album puisque Idiosyncrasy ne prend toute sa dimension que lorsqu'on peut l'écouter dans son intégralité et avec une attention particulière. Si vous n'avez que 15 minutes de bagnole pour aller au boulot ou si vous prenez le métro, laissez tomber ; par contre, si votre femme et vos gosses vous laissent 40 minutes de répit le soir, tentez l'expérience, vous ne serez pas déçu du voyage.


©Les Eternels / Totoro mange des enfants corporation - 2012 - Tous droits réservés
Trefoil polaroid droit 1 polaroid milieu 1 polaroid gauche 1