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CHRONIQUE PAR ...

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TheDecline01
Cette chronique a été mise en ligne le 14 décembre 2011
Sa note : 01/20

LINE UP

-Seth Putnam
(chant+guitare)

-Mike Mahan
(guitare)

-Tim Morse
(batterie)

TRACKLIST

1)Un peu de sérieux ...

DISCOGRAPHIE


Anal Cunt - The Old Testament
(2011) - grindcore Néant musical - Label : Relapse Records



Il y a quelque chose de puissamment ironique et foncièrement hilarant à se retrouver en 2011 avec un recueil des démos de Anal Cunt. Le groupe est mort avec la mort de son leader fondateur Seth Putnam et voilà que Relapse trouve les cassettes des démos et des premiers concerts d'un groupe qui n'aurait jamais dû durer. Non non, non pas qu'on n'aurait pas voulu les entendre, mais parce que ce groupe n'était pas censé continuer et survivre à son premier concert. Le groupe ayant toujours été un summum de la destruction sonore et donc viscéralement non commercial, les voir exploités ainsi avec la mort du leader est … ironique, oui.

Ironique mais aussi salement dégueulasse pour nos oreilles. Car ce détritus sonore, ce ramassis d'immondices est une sombre bouse infâme répartie sur 2 CD, oui, 2 !!!! Anal Cunt sur un album de 10-20 minutes, c'est déjà pas fun. Alors un double album, non. Merde, imaginez cette horreur décalcomaniaque un seul instant. Un porcelet élevé au grain au chant, des guitares qui, euh… enfin bref, des guitares et une batterie qui tape le plus vite possible. La basse n'a même pas été conviée. Evitez soigneusement toute appréciation musicale telle que : mélodie, composition, harmonique ou chanson. Puis faites durer le tout. Longtemps. Trop longtemps. Les pistes du CD ne sont pas vraiment des chansons. Vous remarquerez très vite qu'elles durent jusqu'à plus de 6 minutes, ce qui n'est pas normal chez Anal Cunt (pour mémoire, le groupe a sorti un album nommé 5643 Songs EP… sic). Il s'agit en fait de l'agglutination macabre de toutes les « chansons » des démos ou concerts immortalisés pour notre plus grand plaisir en une seule piste.
Et donc, cette fiante auditive (quoique le groupe réussirait l'exploit de passer dans le domaine de l'olfactif tellement sa musique est nauséabonde), ça donne quoi ? Rien, de la merde, de la bouse absolue. Et je pense que c'était le but de Seth Putnam, réussir le parfait non-sens musical. Car vos oreilles ne résisteront pas aux assauts de ces étrons grand-guignolesques bien longtemps. Tout est pourri, et je ne sais pas à qui attribuer la palme entre le vide intersidéral des chansons, l'absence totale de toute notion de « en rythme » ou le son tellement abominable qu'il renvoie chez mémé tous les pseudos true du black ukrainiens. Alors sachez que j'ai fini par entendre une chanson au rythme punk et entraînant. Je ne saurais malheureusement vous dire laquelle elle était, si ce n'est qu'il s'agissait d'un concert. Et de toute façon, le groupe ne mérite pas d'être relevé pour un quelconque de ses méfaits. C'est bien pour ça qu'il se récolte un 1 infamant en lieu et place du 0 rigolo qu'il aurait mérité. Je tiens aussi à souligner par professionnalisme et honnêteté intellectuelle que je n'ai jamais entendu cette fatalité en entier. Je n'ai pas pu.


Vous en conviendrez, Anal Cunt n'était pas intéressant de son vivant. Dans sa mort, il reste au niveau. Et dans ses démos, il… pfff, non difficile de dire qu'il fait pire, mais il fait encore moins attrayant. Alors soit vous êtes déjà lobotomisé et avez déjà acheté des albums du groupe, et dans ce cas, ben oui, procurez-vous cette calamité dont la Terre n'avait pas besoin. Dans tous les autres cas, pleurez avec moi pour tous les groupes qui jamais n'ont pu sortir un album avec une promo décente et demandez-vous pourquoi, ô grand pourquoi, Anal Cunt a eu droit à ne serait-ce qu'une once d'attention de non pas 1, mais 2 labels (Relapse et Earache pour nommer les coupables).


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