4961

CHRONIQUE PAR ...

1
Blackmore
Cette chronique a été mise en ligne le 21 décembre 2011
Sa note : 16.5/20

LINE UP

-Aurelia Nardini 
(chant)

-Sébastien Ruiz 
(guitare+claviers)

-Tomas Legon 
(guitare+claviers+batterie)

-Remy 
(basse)

TRACKLIST

1)L'absence
2)Femelles 
3)Le Mal Est Fait
4)Ready To Explose
5)Animal
6)Ça
7)Orpheline
8)Presque Rien 
9)Immobile 
10)Lost
11)Now Or Never 
12)A Bout De Souffle 

DISCOGRAPHIE

Eole (2009)
Femelles (2011)

Eole - Femelles
(2011) - pop prog - Label : Autoproduction



Vous n'êtes pas sans savoir que lorsqu'une chronique se conclue avec une phrase du genre « le groupe a du potentiel, attendons la suite », personne n’y croit réellement. Prenez Pure Reason Revolution, leur premier disque était ultra prometteur puis les anglais ont sombré petit à petit dans un cauchemar électro pop. Les exemples sont nombreux et le ratio est plutôt du côté des déceptions que des confirmations. La question du jour sera donc de savoir de quel côté penche la balance pour le nouvel effort d'Eole. Et autant le dire tout de suite, vu la tronche du skeud, la promesse du coup de bottine (voir conclusion) a porté ses fruits !

Car Femelles, non content de corriger les défauts de la première galette, se permet également d’exploser les limites musicales du quinquette et le propulse directement dans la cour des grands de la pop à tendance prog ! Mais pour appuyer tout ça, faisons un petit inventaire des forces de l'album. Tout d'abord, il y a ce mélange des genres ou se côtoient allègrement pop, progressif, post-rock et métal. Si le doute était encore permis quant aux influences des français à leurs débuts, cette fois-ci tout est clair : vous allez bouffer en vrac du Toto, du ACT, du Dream Theater, du Queen, du Tool, du Dredg, du Oceansize, du Kings X et encore moultes excellentes références ! Si l'on peut légitimement craindre le pire avec une musique qui part dans le n'importe quoi, il faut savoir que Eole a bien pris soin de garder une ligne de conduite claire tout au long du disque.
Ce qui nous amène à un autre point positif : la cohérence. En effet, le groupe n'a pas commis l'erreur de partir d'une base prog en y ajoutant des touches pop, mais bien de faire l'inverse. La pop est donc le fil qui liera l'intégralité des titres, qu'ils soient sautillants, joyeux, plus aériens ou plus agressifs. L'auditeur n'est donc jamais perdu et Eole l'emmène où il veut sans même qu'il s'en rende compte ! Un morceau pop dérivant, le plus naturellement du monde, sur un break prog de malade, un gros riff métal ou un long passage post-rockien. Ou même tout ça en même temps au sein d'un même morceau comme l'excellente suite "Immobile"/"Lost" qui totalise près de 14 min avec son long développement instrumental. 
Il faut ensuite souligner l'excelent niveau technique des membres du groupe qui prennent un plaisir évident a tordre des parties instrumentales simples en apparence mais qui dévoilent des trésors insoupçonnés au fil des écoutes. On notera en particulier la section rythmique et son batteur dont les subtilités dans le jeu ne sont pas sans rappeler son homonyme suédois. Le chant s'est aussi grandement amélioré, les mélodies vocales étant cette fois-ci particulièrement catchy voir imparable comme sur "Orpheline" ou "Le Mal Est Fait". Même la production est réussie avec un son clair et crystallin sur les parties pop et lourd comme il faut quand ça balance la purée ("Presque Rien"). Il faut dire qu'Eole s'est adjoint les services de Yann Klimezyk (guitariste de Mypollux) pour l'enregistrement/mix et de ... Ty Tabor pour le mastering. Ce dernier en profite même pour jouer un long solo (excusez du peu) sur le final de "Ça".
Ce dernier est d'ailleurs l'un des rares titres juste « sympa » avec l'opener, ce qui constitue le seul véritable point faible du disque. On pourrait peut-être attendre des instrumentistes qu'ils se lâchent un peu plus dans la composante prog, mais l'efficacité des morceaux ACTiens comme "Orpheline" ou le génial "Ready To Explode" compense largement ces quelques moments de flottements. Et si ça ne suffit pas, il y a toujours le Toolien "A Bout de Souffle" et ses riffs crimsonien sous refrain pop ou "
Femelles" avec sa rythmique qui ne tient pas en place, son gros break limite postcore et ses grattes ultra mélodique ! Bref, Il y a vraiment de quoi faire pour peu que vous soyez un peu curieux et que l'aspect pop ne vous fasse pas fuir en courant. Cependant, tout ça manque quand même de mellotron !
Vous l'aurez compris, Eole a tenu toutes ses promesses avec Femelles. On n'en espérait pas tant mais le résultat est bien là : tout amateur de pop prog qui a un jour kiffé des albums comme Last Epic, Once Arround The World ou The Day The Earth Caught Fire doit au moins poser une oreille sur Femelles. Le groupe doit désormais confirmer tout ça avec un futur album que l'on espère encore meilleur. Si ce n'est pas le cas, on ira lui péter les genoux à coup de batte de baseball (le coup de bottine n'étant plus dissuasif de nos jours !).



©Les Eternels / Totoro mange des enfants corporation - 2012 - Tous droits réservés
Trefoil polaroid droit 6 polaroid milieu 6 polaroid gauche 6