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CHRONIQUE PAR ...

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Oni²
Cette chronique a été mise en ligne le 20 décembre 2011
Sa note : 15.5/20

LINE UP

-Yotam “Defiler”Avni
(chant)

-Tal Behar
(guitare)

-Yaniv Aboudy
(guitare)

-Amir Salomon
(basse)

-Iftah Levi
(batterie)

TRACKLIST

1) Treachery
2) My Final Relapse
3) Unmake You
4) Buried By The Light
5) Chekhov's Gun
6) Deciphering The Signal
7) Axis Mundi
8) Home Made Holocaust
9) Tuning Shears To Swords
10) Technocrat
11) Spiritual Guillotine
12) Against All Good
13) Against All Evil

DISCOGRAPHIE


Prey For Nothing - Against All Good and Evil
(2011) - melodeath thrash metal death technique - Label : Massacre Records



Il n’y a pas qu’Orphaned Land en Israel. On a aussi les thrasheux de Betzefer et surement d’autres joyeusetés encore méconnues. Aujourd’hui, nous nous intéressons à Prey For Nothing qui navigue entre thrash, death technique et mélodique. Pas vraiment le créneau le moins populaire ou le plus original qui soit … Mais quand c’est fait avec talent, on se doit d’y prêter attention.
Attention, pavé dès le premier titre. Guitares lugubres, solis déchirants à la Shining, paye ton intro, clichesque mais qui fait son petit effet. Les introductions, ils sont très forts à ce jeu-là les mecs de Prey For Nothing. Et pas que dans ce domaine, les solis virtuoses et les incessants changements de rythmes les rapprochent d’un thrash barré à la Revocation. Un souci récurrent dans les productions récentes en extrême mélodique, c’est le mix, trop typé loudnesss war le plus souvent, mais ici pas d’exagération et même, on entend distinctement la basse, voilà qui fait très plaisir. La voix est hurlée et vomissante la plupart du temps (pensez au Alexi Laiho de la première heure) mais se promène parfois dans les tréfonds du growl très death. Il en va de même pour le batteur, assez typique du thrash / death mélodique mais touchant parfois les horizons plus extrêmes à gros coups de blasts ("My Final Relapse", "Buried by the Light", "Home Made Holocaust"). Les Israéliens ont un sens mélodique bien affûté, chaque titre contient au moins un passage imparable (final au piano de "Buried by the Light", la guitare sèche et les chœurs magnifiques sur "Tuning Shears To Swords"). Mais leur botte secrète, ce sont les breaks. Dès que l’ennui commence à pointer le bout de son nez, ils vous sortent un passage de la mort qui tue vous poussant finalement à revoir votre jugement. Les plans tordus sans queue ni tête sont assez présents au point d’être parfois incompréhensibles ("Chekhov's Gun", "Unmake You"), ce qui à la longue devient un peu fatigant. 
Des reproches, on pourrait leur en faire beaucoup d’autres : l’album est long et la majeure partie des chansons dépassent les  5 minutes. Signalons aussi quelques coups de mous ("Deciphering Signal", "Spritual Guillotine", "Technocrat"), là encore ce sont les breaks touchant parfois au génie du regretté Schuldiner qui les sauvent. Ca commençait très bien, mais une certaine routine semble s’être installée en cours de route. Ajoutez à cela que la voix de Defiler fatigue un peu, mis à part quelques rares passages en voix claire sur 2 titres, rien d’autre à se mettre sous la dent. Un majestueux instrumental vient heureusement relancer la puissante machine entrevue en début de tracklist. Et ça repart sur les chapeaux de roue avec le plutôt bourrin "Home Made Holocaust" : une chiée de solis et de riffs brise-cervicales, un batteur véloce et sans pitié. Le bouquet final est à la hauteur de ce que l’on pouvait attendre vu l’arsenal monstrueux déployé depuis le début des hostilités. La doublette "Against all Good" / "Against all Evil" est impressionnante de maîtrise. Longues instrumentations progressives, guitare folk, orgue hammond sur la première partie. Mix de gros death et de power à l’américaine sur la deuxième, le riff principal évoquant même un Arch Enemy dans ses plus belles années. Un enchaînement de tueries comme on les aime.


Malgré quelques errances peu reluisantes en cours de route, Prey For Nothing en a dans le ventre et fait une démonstration insolente de son talent sur Against All Good and Evil. Reste un léger de manque de personnalité que l’on peut encore leur pardonner compte tenu de leur jeune âge. Des galettes comme celle-ci, on en veut et on en redemande ! 


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