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CHRONIQUE PAR ...

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Seth
Cette chronique a été mise en ligne le 14 janvier 2012
Sa note : 12/20

LINE UP

-Vojta Simonik 
(chant)
 
-Michal Kus
(guitare+choeurs)

-Martin "Metallika" Klekner
(guitare)
 
-Jiøí "Wagner" Fiala 
(basse)
 
-Zdenek "Smrt" Vemola
(batterie)

TRACKLIST

1)Insomnia
2)Shades of Nothing
3)Taste my Pain
4)Lost in the Dead End
5)Creator of Time
6)Nothing Remains
7)Dreamtherapy
8)Burned by the Sun
9)Glass Mountain
10)Wheel of Sorrow

DISCOGRAPHIE

Dreamtherapy (2011)

Eagleheart - Dreamtherapy
(2011) - heavy metal speed metal - Label : Metalswamp



Eagleheart est, contre toute attente, un groupe de speed mélodique. Bon d’accord peut-être qu’on s’y attendait un peu en fait. Et c'est avec Dreamtherapy, (un nom soit dit en passant superbe, qui nous fera presque regretter une ambiance prog qui ne viendra jamais) que le jeune groupe Tchèque revient avec l'espoir de marquer l'année 2012, après un premier album en 2008, Moment of Life, qui était pas vraiment resté dans les annales. 

Le heavy speed de Eagleheart se situe au croisement des influences de Stratovarius (qui l’eut cru ?) et de Freedom Call. Le problème lorsqu’on est guidé aveuglement par ses influences, c’est qu’il y a le risque de faire une pâle copie du groupe qui nous sert de modèle d’une part, mais d'autre part on peut également reproduire les défauts de celui-ci. C’est malheureusement, et sans surprise, le cas pour Eagleheart, qui reproduira les introductions au clavier électronique pas crédible et peu agréable que Stratovarius a pu composer pour divers morceaux ("Burned by the Sun", avec des fautes d’anglais en plus). La chanson a beau se révéler sympathique par la suite, on n’oublie jamais le traumatisme de ce son digital proprement effrayant qui n’a pas grand-chose à voir avec celui d’un vrai piano. Les passages chœurs plus piano si typiques du genre seront également excessivement présents et attendus. Bien qu’auditivement pas désagréable, cet aspect manque tellement de surprise que cela manquera également de nous prendre au tripes et de provoquer une réaction intense chez l’auditeur.
On se situe donc plus ou moins dans le cliché total, avec des passages calmes au piano suivis par le rythme speed par excellence, dans cette veine Stratovariesque usée jusqu’à la corde. Le heavy speed de Eagleheart reste cependant bon et honnête, proposant des mélodies plaisantes et complexes. Les schémas de chansons quant à eux restent basiques sans pour autant que cela soit mauvais, loin de là. On aura même quelques apports intéressants, notamment au niveau du double chant, avec l’arrivée d’une voix bien plus sombre au départ de "Taste My Pain", ou une musicalité plus dure et relativement étonnante comme au début de la chanson de conclusion de l’album, "Wheel of Sorrow"; l’ambiance et la mélodie de ces chansons ainsi que sa rythmique dénote par ailleurs des thématiques plus sombres, moins lyriques, et un peu moins attendus sur l’album d’un groupe qui s’appelle Eagleheart. Le tout sera cependant pour le moins lyrique, et généralement assez prenant même si l’on a pu écouter similaire musicalité par le passé.
Car la musique et les thèmes de Eagleheart ont beau être terriblement clichés (« By The Moonlight We Pray In The Shadows… »), l’ensemble reste donc vraiment plaisant, et encore une fois d’une qualité certaine qui ne manque pas de faire son effet. Certes on a déjà entendu créations similaires, mais pourquoi se refuser le plaisir d’un énième groupe basé sur Stratovarius puisque leurs chansons sont agréables à écouter ? De plus, on ne peut nier que le groupe fait usage des outils du speed mélodique avec brio, comme les chœurs (au moins une fois par chanson, mais toujours aussi épiques), les montées en puissance et les passages à l’octave, qui font toujours leur petit effet ("Creator of Time"). En cela, le nom choisi pour l’album, Dreamtherapy, reflète assez bien l’ambiance que l’on trouvera sur l’album. Cependant, encore et toujours, la ballade viendra une fois de plus casser la dynamique de l’album avec un début mid-tempo pas forcément terrible, même si le refrain vient quelque peu rattraper l’affaire. Il faudrait peut-être commencer à signaler aux groupes qu’ils ne sont obligés par rien d’insérer la ballade syndicale dans chacun de leurs albums.


Même si le mot pour qualifier la musique de Eagleheart est « prévisible », on ne peut nier l’efficacité de la recette, qui pour les fans de ce type de metal marchera toujours. Il est clair que Dreamtherapy n’est pas à conseiller aux fans de Steven Wilson ou encore de metal avant-gardiste, mais Eagleheart trouvera assurément son public.
 


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