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CHRONIQUE PAR ...

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Jehovad
Cette chronique a été mise en ligne le 15 janvier 2012
Sa note : 13/20

LINE UP

-Sean McBay
(chant+guitare)

-Steve McLaughlin
(guitare)

-David McLaughlin
(basse)

-Dan Lafford
(batterie)

TRACKLIST

1)Reckless Thought
2)Little Forgeries
3)Fading
4)Leaning on an Arrow
5)Carefree Moment
6)Silent Suicide
7)Black Skies
8)No More
9)Sleep Trick of Mind

DISCOGRAPHIE


Sandstone - Cultural Dissonance
(2011) - heavy metal power heavy metal prog - Label : Limb Music



Aaah, l’Irlande… Ses verts paysages, ses jolies rousses, sa musique folk enjouée, sa bière généreuse, ses lutins farceurs. Et Sandstone. Son power heavy metal mélodique héritier des 80s, filtré à travers les 90s, inscrit dans l’esprit des 2010s. Tout ça dans un troisième album qui fait suite à deux prédécesseurs couverts de louanges dans les Iles Britanniques et promus par des prestations scéniques qui semblent valoir le détour. A nous Français de nous faire un avis sur la question, car les goûts d’un pays à l’autre peuvent parfois diverger …
 
Deux remarques s’imposent dès les premières secondes : Sandstone est là pour en découdre. Pas d’intro à rallonge, on rentre directement dans le vif du sujet avec un riff bien hargneux et une double pédale agressive. Bémol : est-ce un vrai batteur ou une mauvaise boîte à rythmes ? On n’avait pas entendu si piètre son de batterie, particulièrement de caisse claire, depuis 1988 et And Justice For All… Non contente de sonner comme les effets sonores de coups de feu dans « LesTontons Flingueurs », elle est en outre surmixée. On n’entend donc qu’elle, ce qui devient vite pénible et gâche l’album d’entrée de jeu. Heureusement, la qualité de la musique parvient, au fil des chansons, à faire un peu oublier cet outrage. Sandstone envoie un power heavy metal mélodique, très porté sur la guitare – il est loin d’être manchot le frère McLaughlin, tant pour la rythmique que pour les solos. Le récent ajout d’une corde (même six) à l’arc du vocaliste Sean McBay ne fait que renforcer la puissance de feu des Paddys (surnom donné aux Irlandais). Le hors d’œuvre "Reckless Thought" peut, à lui seul, en témoigner, ainsi que de l’autre péché mignon de Sandstone : les refrains qui marquent. Le chant typiquement heavy metal de Sean McBay, parfois très proche d’un Axl Rose, colle plutôt pas mal au décor sonore. Mais ne vos arrêtez pas à cette première piste. Poursuivez votre découverte deCultural Dissonance avec "Little Forgeries",  sa belle intro mélodique soutenue par une savoureuse couche de guitare acoustique, ses arrangements de cordes et son superbe refrain. 
Le gros atout de Sandstone réside assurément dans le soin qu’ils apportent à leurs compositions et leurs arrangements : piano, cordes, guitares acoustiques colorent de nombreuses intros, break et refrains et donnent à l’ensemble un relief et une texture fort appréciables. On relèvera parmi tant d’autres le très beau prechorus de "Leaning on an Arrow" et ses cordes – on aurait même envie d’entendre un vrai grand orchestre au lieu d’un synthé. Curieux, au passage, qu’aucun musicien du line-up ne soit crédité pour les claviers qui sont pourtant omniprésents… Attention cependant, aucun aspect de Sandstone n’est réellement original ou novateur en soi. Il s’agit purement de heavy metal bien exécuté. Mais même si Sandstone semble faire du neuf avec du vieux – les riffs étant majoritairement très marqués 80s et 90s, on sent qu’ils se font manifestement plaisir à rendre hommage à leurs sources d’inspiration. La ballade – exercice traditionnel mais périlleux qui peut facilement virer à la faute de goût – intitulée "Sleep" tire honnêtement son épingle du jeu sans pour autant être foncièrement dispensable. Le morceau de clôture de l’album, "Trick of Mind", fait figure de bouquet final pour lequel le groupe relance une dernière fois la machine avec toutes ses tripes, incluant une fois de plus unbeau refrain à l’atmosphère épique, un couplet vigoureux tartiné de double pédale et orné de nappes de claviers, un solo à deux guitares harmonisées du plus bel effet, le tout assorti par une belle conclusion au piano qui vous laissera un agréable souvenir.

 
Voilà donc un autre album d’un autre groupe qui, sans pourautant apporter quoi que ce soit de neuf au style, fait bien les choses et c’est déjà pas mal. Le gros hic reste cependant avant tout la production de batterie et la production globale, qui fait entrave au complet rayonnement du groupe.


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