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CHRONIQUE PAR ...

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Malice
Cette chronique a été mise en ligne le 19 mars 2012
Sa note : 14/20

LINE UP

-Jonas Meyer
(guitare)

-Manuel Schönfeld
(claviers)

-Julian "Moses" Hoffmann
(basse)

-Kiryll Kulakowski
(batterie)

TRACKLIST

1) Entrance
2) Departure
3) Encounter
4) Calm Wisdom
5) Stir
6) Reflections
7) Eris
8) Don't Stay Here
9) End of a Decade
10) Coda

DISCOGRAPHIE

In Via (2012)

Frames - In Via



Dans la vie d'un chroniqueur, il existe des moments où l'on vient à se poser certaines questions : qu'est-ce que la musique ? Quel est son rôle ? Une musique qu'on peine à écouter autrement qu'en fond sonore est-elle une vraie musique ? La musique a-t-elle le droit d'être ennuyeuse ? Qu'est-ce qu'un voyage musical ? Un état de transe ou au contraire l'impression de ne jamais s'être montré aussi attentif ? Toutes ces questions, je me les suis posées en écoutant In Via.

Pour qui ne connaît pas le groupe, Frames fait un peu figure d'OVNI dans le monde du post-rock instrumental. Pourtant, les quatre allemands avaient déjà sorti un album auparavant - Mosaik - qui avait reçu un accueil aussi positif qu'encourageant. Que s'est-il passé ? Pourquoi le groupe ne s'est-il pas fait mieux connaître ? Peut-être parce que leur musique est loin d'être accessible. Que leur nouvel album nécessite plusieurs écoutes et que certains n'en auront pas le courage. Qu'il faut pour l'apprécier vraiment ne rien faire d'autre : plusieurs constatations neutres qui ne font ni office de qualités, ni de défauts. Elles ne sont rien d'autres que la pure vérité : In Via est un album aussi étrange que parfois difficile d'accès.
Il est difficile de décrire cet album, de même que l'ambiance qui s'en dégage. On pourra toujours constater que l'album use des guitares et du piano de manière presque abusive, oscillant entre tracks calmes et paisible ("Calm Wisdom", "Coda") et moments plus orageux ("Eris", "Reflections"), qu'il puise ses inspirations dans le jazz, le rock et le metal, mais qu'est-ce que cela apporte vraiment ? Il faudrait pouvoir extirper les sentiments que ce disque est sensé créer puis les coucher sur papiers, mais ces sentiments sont le genre de chose qui diffère avec l'auditeur. Cependant, on peut toujours tenter de décrire ce qu'a été pour nous l'intention du groupe, et elle me semble claire : avec In Via, Frames se livrent à l'exercice délicat de l'introspection.
Techniquement, l'album possède ses forces comme ses faiblesses : certaines chansons lasseront plus vite que d'autres, de même qu'au fil des premières écoutes elles risqueront de se mêler les unes aux autres. Cependant pour ceux qui auront la persévérance de s'accrocher, les moments qui parsèment In Via risquent de prendre une toute autre saveur, de même que l'auditeur risque de remarquer des éléments qui étaient passés inaperçus lors des premières auditions. Après, je ne dirai pas qu'il faut persévérer à tout prix : cet album n'est pas une référence, sa valeur dépendra du moment que chacun aura passé en l'écoutant.


Je sais que tout ceci peut paraître obscur, mais (au risque de me répéter) In Via est un album complexe, qui m'a plu malgré un sentiment de répétition et de longueur qui ne semble pas disparaître malgré mes nombreuses tentatives. Cependant, l'album est de bonne facture, et contient quelques jolis moments qui se détachent des tendances rock et atmosphériques actuels. Un deuxième album aussi curieux que sympathique, et ce malgré la curieuse impression qu'il laisse au final.


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