5137

CHRONIQUE PAR ...

95
Wrathchild
Cette chronique a été mise en ligne le 02 avril 2012
Sa note : 15/20

LINE UP

-Erdmann
(chant)

-Doro
(guitare)

-Germano
(guitare)

-Fritz
(basse)

-Patrick
(batterie)

-Morten
(claviers)

TRACKLIST

1) Towards the Gates of Hercules
2) Worth a Tale
3) Eolian
4) Stormchild
5) Escape
6) Ahab
7) Taipouri
8) Thieves of the Sun

DISCOGRAPHIE


Elmsfire - Thieves of the Sun
(2012) - heavy metal - Label : Massacre Records



Treize ans. Il aura fallu treize ans pour Emsfire pour - enfin - sortir leur premier album. Formé en 1999 par la paire de guitaristes, Germano et Doro - pas la même - le groupe a fait quelques démos avant de forger le groupe avec les membres présents sur ce Thieves of the Sun.

Quelques écoutes et il est clair que ce groupe donne dans un heavy de très grande classe auquel ces treize années de gestation ont plus qu'été bénéfique. En effet, cette longue période a permis à Elmsfire de paufiner leurs morceaux et également de se souder en tant que groupe, car ici, c'est bien du béton teuton. C'est un groupe qui fait figure de vieux routards, et non de jeunes premiers que l'on entend, et une mention particulière va aux deux guitaristes qui s'en donnent à coeur joie, pour le bonheur auditif de tous! Une ombre plane néanmoins sur les compos. C'est celle d'un géant du métal teuton, Running Wild. En effet, les sujets des chansons portés très fantasy avec des allusions au monde de la mer  - Ahab, personnage de Moby Dick - rappellent fortement ces pirates. Mais c'est également dans certaines structures que se fait sentir l'influence. Running Wild avait pour habitude de faire tourner le même riff en rond pendant toute une chanson, à en lasser quelques oreilles... Ici, Elmsfire se sert de cette technique, mais dans une moindre façon, pour des résultats bien supérieurs. "Eolian" en est un exemple parfait ou le riff tourne sans cesse, représentant ce vent qui est tel un cyclone, emportant tout sur son passage. L'intro de ce titre renvoie également à Running Wild ainsi que le break et le solo, tout comme certaines notes sur "Stormchild", ou encore les choeurs en groupe utilisés à travers l'album. A noter, l'intro de "Ahab" qui rappelle fortement celle de "Port Royal".
Mais catégoriser Elmsfire en sous Running Wild serait une erreur. Et ce, complètement injuste. En effet, le groupe sait très bien rester loin des erreurs du groupe sus-nommé. Les chansons sont extrèmement variées et parfaitement construites, avec des airs et mélodies très accrocheuses qui restent bien en tête. Leur métal reste d'actualité avec un son très moderne, tout en respectant un certain héritage. Chose dont Running Wild fut incapable de faire, moderniser leur son. Ici, Elmsfire varient les tempos, changent de rythme, mais toujours de façon très intelligente et professionnelle. Tels des vieux de la vieille, ces changements ne sont jamais au détriment des chansons. Bien au contraire. Elmsfire savent très bien où ils vont, et maintiennent le cap vers un métal de très haute volée. D'autres influences montrent également leur nez. Ici, une intro qui rappelle Maiden, comme sur "Stormchild". Des notes folk, notamment sur "Worth a Tale", qui renvoient à Blind Guardian. Des éléments symphoniques, comme dans "Ahab" - pièce de résistance de l'album, soit dit en passant - où ils prennent une allure classieuse pour une orchestration majestueuse afin de créer un titre épique, digne de l'oeuvre. Ou bien encore, un virage assez thrash pendant "Taipouri" avec un savant mélange des genres, thrash, speed, et symphonique.


Un album de très haute facture, digne d'un groupe qui n'en serait plus à son coup d'essai. Et pourtant, quel premier coup réussi! Groupe à suivre de très près car ils ont le potentiel - et c'est tout le mal qu'on leur souhaite - d'égaler, voire même de surpasser la carrière d'un Running Wild.


©Les Eternels / Totoro mange des enfants corporation - 2012 - Tous droits réservés
Trefoil polaroid droit 5 polaroid milieu 5 polaroid gauche 5