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CHRONIQUE PAR ...

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Winter
Cette chronique a été mise en ligne le 10 avril 2012
Sa note : 19/20

LINE UP

-Marco I. Benevento
(chant)

-Alessandro Pace
(guitare)

-Andrea Chiodetti
(guitare)

-Francesco Giulianelli
(basse)

-Jonah G. Padella
(batterie)

-Francesco Sosto
(claviers)

TRACKLIST

1) Havoc
2) Outcast
3) The Forsaken Son
4) Second World
5) Aftermaths
6) Ground Zero
7) Reverie Is A Tyrant
8) Colonies
9) Noli Timere
10) Friends Of Pain

DISCOGRAPHIE


The Foreshadowing - Second World
(2012) - doom metal gothique Poésie de fin du monde - Label : Cyclone Empire



On dit parfois que c’est dans la difficulté que l’on progresse, que l’art est un moyen de sublimer ses peurs. Est-ce la vision extrêmement désenchantée du monde que possède The Foreshadowing qui leur communique ce talent artistique ? Est-ce le pessimisme des textes qui pousse le chanteur Marco à chanter si bien et si juste ? Toujours est-il que Second World est une œuvre magistrale, qui nous offre dix morceaux d’un gothic doom empli de poésie métallique. Nos Italiens ne sont peut-être pas des innovateurs, mais ils paraissent avoir parfaitement saisi l’essence de ce genre musical si enclin à donner sommeil quand il est joué médiocrement. Second World est un album qui s’avère être bon de la première à la dernière seconde, sans une fausse note, sans un moment ennuyeux. Pour un album de pas loin d’une heure, ça n’est pas mal…

Si l’influence de Paradise Lost se fait nettement sentir sur certains morceaux ("Outcast" et "Ground Zero" notamment), c’est plutôt du côté de My Dying Bride qu’il faudrait chercher un point de comparaison en ce qui concerne les éléments métalliques de l’album, et plus précisément d’albums comme Like Gods of the Sun (mais en mieux…). Les guitares ont presque essentiellement un rôle rythmique et, si l’on excepte quelques chorus, la mélodie est plutôt laissée entre les mains du claviériste, de chœurs à la claire inspiration grégorienne ("Havoc" ou "Noli Timere" par exemple) et au chant de Marco. Cet homme possède une voix (claire, pas de grunts ici) tout bonnement merveilleuse, dans la droite lignée de Dave Gahan de Depeche Mode. Ce dernier groupe est apparemment une source d’inspiration pour The Foreshadowing, car bon nombre de refrains et de mélodies font penser aux Britanniques. Et pour ceux que la comparaison ferait rire, il leur suffira d’écouter Music for The Masses ou Violator, ou encore se rappeler de l’escapade de Paradise Lost durant Host pour redevenir sérieux.
La première partie de l’album propose des titres assez rythmés, voire carrément lourds ("Aftermaths"), aux mélodies imparables ("Second World" , « Outcast »), donnent assez envie de taper du pied par terre. La combination guitares rythmiques / claviers d’ambiance est un modèle du genre dans presque tous les titres de cette première partie. A partir  de "Reverie is a Tyrant", on change un peu de décor et ce sont les ambiances qui prennent le dessus, même si le groupe nous gratifie encore de quelques riffs de guitares bien sentis. Un point culminant de cette sublime atmosphère poétique est atteint avec le très acoustique "Colonies", chanson à filer la chair de poule. Si le morceau suivant "Noli Timere" est un peu plus heavy, l’album finit avec un véritable hommage aux susnommés Depeche Mode, tant "Friends of Pain" aurait parfaitement pu touver sa place sur Violator. A noter que la pop des années 80 a marqué les esprits du groupe, puisque sur l’album précédent figure une reprise du "Russians" de Sting.


Le doom gothique a déjà un certain nombre d’années d’existence, mais rarement un groupe aura produit un album d’une telle qualité et, surtout, d’une telle constance. On aurait pu pardonner un petit écart, un petit break malvenu, une voix mal posée le temps de quelques secondes. Mais non, comme dans le cochon, dans Second World tout est bon. Les morceaux se succèdent avec bonheur, et la voix de velours de Marco, digne héritier des Gahan, Eldritch ou encore Perry (ces deux derniers étant respectivement les illustres chanteurs de Sisters of Mercy et Dead Can Dance, pour les profanes), rend le tout très proche de l’excellence. Avec le monumental batteur de Fleshgod Apocalypse Francesco Paoli, l’Italie possède un autre colosse, du chant cette fois. Messieurs, bravo.
 



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