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CHRONIQUE PAR ...

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Winter
Cette chronique a été mise en ligne le 19 avril 2012
Sa note : 14/20

LINE UP

-Guillaume
(guitare+chant+samples)

-Nicolas
(basse)

-Olivier
(batterie)

TRACKLIST

1) Intro
2) Skinball's
3) Scarecrow
4) The Box
5) Red
6) Orange
7) Fiction
8) My Crayfish
9) Dreamer's Creek

DISCOGRAPHIE

HD855 12b (2012)

Seaholder - HD855 12b



« Ca ne va pas, ça débloque là-haut » Ainsi commence la dernière chanson de HD855 12b, mystérieux titre du premier album de Seaholder. Dire que cette affirmation résume bien la musique jouée par ce groupe originaire de la banlieue parisienne, serait aller un peu vite en besogne. Les titres proposés sur l’album tiennent bien la route et ne semblent pas l’œuvre de déments. Mais tout de même, l’atmosphère créée par leur post-métal trahit une certaine attirance pour l’instabilité et les concepts difficiles à saisir. Tantôt dissonnant, tantôt mélodique, tantôt glauque, le monde musical de Seaholder, assez peu axé sur la baston sonore, est une intéressante palette d’ambiances pesantes, allant du gris clair au gris foncé. Le groupe n’est clairement pas encore arrivé à maturité, mais il sait déjà retenir l’attention de l’auditeur...

Il saute à l’oreille de l’auditeur que ces artistes ont une facilité certaine pour décliner avec pas mal de bonheur l’ensemble de la famille post. La dominante de l’album est post-rock, avec ce refus total des structures classiques du métal refrain/couplet etc et ses guitares mi harmonieuses mi-noisy utlisées pour créer une image de calme après la tempête. L’ensemble de l’album est plaisant à l’oreille, et c’est un bon point. "The Box" est une belle ode à l’apocalypse, quasi-instrumentale (comme l’ensemble des chansons) et inclut quelques jolies trouvailles sonores. Seaholder sait néanmoins durcir le temps et donne dans le métal ou plus précisément dans le post-metal, voire dans le post-core, le temps de quelques gros riffs et quelques bonnes gueulantes à la Neurosis ("Fiction"). Il faut quelques écoutes pour rentrer dans cet univers particulier, mais une fois la chose faite, on a la sensation de se noyer lentement et en douceur dans un univers polymorphe, gris mais agréable à la fois.
Tout n’est cependant pas parfait dans HD855 12b, chose somme toute assez logique pour un premier album. Si l’on omet quelques petites maladresses (la fin un peu en eau de boudin de "Skinball’s" et la tendance à répéter parfois de manière un peu trop insistante le même accord), le principal défaut de l’album réside dans la longueur des morceaux. Le post-rock tel que le conçoit Seaholder appellerait des morceaux longs où les ambiances ont le temps de se développer. Le groupe serait d’ailleurs certainement capable de composer des titres intéressants et longs en même temps. Néanmoins, si l’on excepte le dernier morceau ("Dreamer’s Creek"), aucun titre ne dépasse les six minutes. En six minutes, un groupe de grindcore a le temps de mettre vingt chansons, mais le bel univers décrit par nos Parisiens a du mal à se laisser enfermer dans des morceaux relativement courts. Au final, on reste assez souvent sur notre faim, comme si les musiciens ne nous avaient joué qu’une partie des chansons. Il est certain que bon nombre d’albums ont eu des défauts autrement plus graves que celui-ci, mais tout de même, c’est un peu gênant.


En conclusion, on pourrait dire que Seaholder n’a donné ici qu’un court extrait d’une œuvre sous-jacente qu’il conviendrait d’exprimer sur un album autrement plus long. Pour le reste, il n’y a pas grand-chose à redire, tant la facilité qu’a le groupe à composer des mélodies de fin du monde saute aux yeux. Les artistes alternent avec bonheur, sur un tempo presque toujours lent, les mélodies cristallines, les agressions plus noisy et quelques moments plus rentre-dedans. Seaholder n’est vraiment pas loin d’acquérir une identité propre et HD855 12b, s’il est encore très perfectible, est tout de même globalement réussi. Il serait quand même souhaitable qu’une maison de disques se penche sur le berceau de ce nouveau-né, les gars le méritent.


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