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CHRONIQUE PAR ...

88
Mita
Cette chronique a été mise en ligne le 15 mai 2012
Sa note : 17.5/20

LINE UP

-Arjen Lucassen
(chant+instruments)

-Ed Warby
(batterie)

TRACKLIST

1) The New Real
2) Pink Beatles in a Purple Zeppelin
3) Parental Procreation Permit
4) When I’m a Hundred Sixty-Four
5) E-Police
6) Don’t Switch Me Off
7) Dr Slumber’s Eternity Home
8) Yellowstone Memorial Day
9) Where Pigs Fly
10) Lost in the New Real

DISCOGRAPHIE


Arjen Lucassen - Lost in the New Real
(2012) - rock prog - Label : Inside Out Music



Arjen Lucassen, on ne le présente plus. Tête pensante d'Ayreon, Guilt Machine, Ambeon ou Star One, ancien membre de Stream of Passion et Vengeance, le Néerlandais est devenu quelqu'un de très reconnu dans le milieu du metal, avec le plus souvent beaucoup de guests apparaissant sur ses albums. Sauf que là, Lost in the New Real est un concept où il se lance en solo et assure tout, y compris le chant ! Alors sans tous ses invités, qu'est-ce que va donner Arjen ?

Le seul reproche qui sera à adresser à cet opus, ce sera la présence des influences, ou, parfois, une tendance à la redite. "Where Pigs Fly" rappelle un peu trop ce qui a été fait sur Guilt Machine, et c'est ce qui empêchera à ce morceau d'atteindre l'excellence. De même, "Pink Beatles in a Purple Zeppelin", au nom très évocateur, nous montre également vers quels artistes notre créateur néerlandais se tourne pour s'inspirer dans sa propre musique. Et tout l'opus sera d'ailleurs plus tourné vers un rock à tendance progressive que vers du métal, avec, en plus, des touches électro et cybernétiques qui collent complètement au concept voulu par Arjen : cet homme perdu dans ce futur inconnu. La présence des influences ne masque pas une chose, c'est bien la fidélité à cette histoire.
Cet homme cryogénisé, qui se réveille des années plus tard, est perdu, tout comme le titre ou les paroles l'indiquent. Et que ce soit par cet aspect, par les sonorités, ou la présence d'un homme qu'Arjen admire (Rutger Hauer aux narrations, incarnant un docteur), tout est d'une cohérence à la limite du prévisible, mais si fidèle que ça en devient plus que prenant. Alors qu'il tente de s'adapter, de comprendre ("Don't Switch Me Off"), la conclusion est, elle, bien plus défaitiste. Le docteur ne parvient pas à convaincre notre homme, dans cette réalité qui le dépasse, qu'il ne comprend, ne veut plus comprendre, et demande, dans "Lost in the New Real", à être débranché, comme en témoigne le final. Il vous invitera donc à suivre cette histoire tout au long du brûlot, et on le suivra avec plaisir.
Et tout cela est bien sûr aidé par le chant d'Arjen, qui est plutôt simple, pas exceptionnel mais suffisamment convaincant et agréable pour ne pas nous faire décrocher. Il est un bon narrateur de sa propre histoire, qui semblerait parfois presque auto-biographique (aucune référence au fait qu'il commence à prendre de l'âge … quoique, peut-être l'histoire pourrait être tournée autour de cela, et de cette époque qui change). On retrouvera donc l'acteur Rutger Hauer et ses interventions, ainsi qu'un chanteur, Wilmer Waarbroeck, qui fait quelques chœurs, souvent aigus, et du growl sur "Parental Procreation Permit", pas particulièrement génial à ce niveau, mais loin d'être mauvais, c'est certain ! Le chant d'Arjen, lui, est plutôt posé, et si l'on peut avoir un regret, c'est parfois un manque d'emportement dans certaines scènes de l'histoire.
Enfin, si l'histoire est donc cohérente, la musique l'est aussi, et très diversifiée qui plus est. Du rock progressif très moderne, un peu électro, parfois plus virulent, souvent doux, qui ne plaira pas à tous mais constitue une œuvre très bien ficelée et réalisée. "Parental Procreation Permit" ou "Yellowstone Memorial Day" seront les deux titres qui devraient combler les fans invétérés de metal, et de metal seulement, surtout le deuxième par son côté sombre, dramatique, qui aurait très bien pu figurer sur un album d'Ayreon, mais en gardant quand même un aspect de nouveauté. Pas de tendance à la redite sur ce point et c'est tant mieux, car quand on voit à quel point notre Lucassen sait se renouveler, il aurait été dommage de voir une chute d'inspiration pour son album solo ! Et de l'inspiration, il en a tout le long, surtout sur la superbe pièce finale.


Parler d'un tel travail, d'un album comme Lost in the New Real n'est pas évident, tant il est dense, varié, maîtrisé mais difficile à aborder les premières fois. Il va rebuter au début, vous laisser sur votre faim, mais finalement, ce sera une étape nécessaire avant d'y découvrir toute sa beauté et son aura. Encore une fois, une œuvre solide de la part d'Arjen, qui prouve tous son talent. Son nom est définitivement à respecter dans le milieu rock / metal.


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