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CHRONIQUE PAR ...

88
Mita
Cette chronique a été mise en ligne le 15 mai 2012
Sa note : 11/20

LINE UP

-Nehl Aëlin
(chant+clavier)

-Stephan H.
(guitare)

-Stéphane Beguier
(basse)

-Loïc Moussaoui
(batterie)

TRACKLIST

1) Prologue
2) Scene I : A Slow Vertigo...
3) Scene II : Sophrosune
4) Scene I : Utopia
5) Scene II : Húbris
6) Transe H.L. 2
7) Scene I : Genesis
8) Scene II : Dystopia
9) Scene I : Nemesis
10) Scene II : ...the Harsh Verdict
11) Epilogue

DISCOGRAPHIE


Akphaezya - Anthology IV: The Tragedy of Nerak
(2012) - inclassable metal prog - Label : Code666



Akphaezya, c'est un groupe qui avait marqué les esprits avec Anthology II. Perle de l'avant-gardisme, œuvre déjantée mais cohérente et dynamique, on ne s'ennuyait pas dans ce jazz-metal barré plein d'énergie, de fougue, mais aussi capable de moments d'accalmie. Anthology IV: The Tragedy of Nerak arrive quelques années plus tard, avec un prédécesseur qui avait placé la barre très haut. Trop haut, en réalité.

Car de ce nouvel album, un seul élément ressort intact : la chanteuse Nehl Aëlin. Elle est toujours aussi extraordinaire question voix, et ne ménage pas ses efforts. Qu'elle se fasse tribale, sorcière, enfant innocent, sensuelle, agressive, de son chant doux à ses growls les plus bestiaux, sa versatilité est tout simplement impressionnante, et tire littéralement tout l'opus vers le haut. Sa performance est encore meilleure que sur l'opus d'avant, bien que l'on puisse regretter une légère disparition de son chant extrême si bon. Heureusement, modèle de justesse et de spontanéité, Nehl nous laisse encore une fois sur les fesses. Et c'est la seule. Car si elle est géniale, ce qui suit derrière montre une forte régression.

Ce qui en devient presque inquiétant. Qu'est-il arrivé à Akphaezya ? Le groupe français semble avoir voulu se ranger, passer dans une musique beaucoup plus calme, moins virevoltante, ce qui aurait certes pu être une réussite, mais qui en réalité se transforme en une galette au goût totalement insipide. Comble du comble, certaines parties semblent déjà vues et revues, les arrangements électro (comme sur "Slow Vertigo") noient la section rythmique, et l'ensemble de l’œuvre peine sérieusement à décoller et à trouver une once d'intérêt. Parfois comme sur "Utopia" ou "The Harsh Verdict", on est réveillés, et ce qui nous ennuyait devient soudainement très intéressant : le retour a l'expérimentation est salvateur.

Akphaezya joue donc à l'enfant sage. Professionnel cet enfant, avec une production travaillée (même si on regrettera fortement une guitare en retrait), mais qui manque cruellement d'ambition et d'inventivité. Sous le concept de la tragédie grecque se cache une histoire fidèlement retracée, un point sur lequel on peut quand même applaudir le groupe, qui garde une certaine cohérence, tant à ce niveau que musicalement. Mais le trop peu d'intérêt suscité pour des morceaux qui se perdent dans d'interminables longueurs ("Slow Vertigo" ou "Húbris") vient à bout de l'excitation et de la passion. Parfois, aller vers le plus simple, le plus essentiel, ne fait pas de mal, plutôt que de constamment et inutilement rallonger la durée.

Anthology IV: The Tragedy of Nerak est un album décevant, d'un groupe qui a les moyens de faire vraiment beaucoup mieux. A force d'avoir évolué de la sorte, Akphaezya perd toute ambition, et d'excellent, ils devient seulement passable. Il va falloir se ressaisir pour le suivant, sinon, on qualifiera leur premier brûlot de coup de chance avec une chute inéluctable. Ce serait dommage.


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