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CHRONIQUE PAR ...

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Jehovad
Cette chronique a été mise en ligne le 18 mai 2012
Sa note : 15/20

LINE UP

-Kevin Moore
(chant+claviers+programmations)

-Jim Matheos
(guitares+programmations)

-Gavin Harrison
(batterie)

TRACKLIST

1) Cold Call
2) Guards
3) Indian Curse
4) Prayer Missiles
5) Wind Won’t Howl
6) Big Chief II
7) For Nothing
8) Invisible Men

DISCOGRAPHIE


OSI - Fire Make Thunder
(2012) - metal prog cyber metal prog - Label : Metal Blade Records



Voici à nouveau réunis les trois agents spéciaux d’O.S.I., merci de prononcer « oh-ess-aille » (petit rappel : Office of Strategic Influence, dérivation de Office of Strategic Services, l’agence américaine d’espionnage ancêtre de la CIA. Qui a dit que les Eternels étaient des brutes incultes ?), l’infatigable Jim Matheos, le visionnaire Kevin Moore et le talentueux Gavin Harrison. Après trois excellents albums qui apportèrent trois bonnes doses de sang neuf au prog metal, une nouvelle dose est prête à être injectée : elle s’intitule Fire Make Thunder.

Après une longue intro à base de samples electros et d’extraits d’enregistrements radiophoniques (un dada du capitaine Moore), on reçoit sans sommation un gros riff bien percutant comme Matheos sait si bien les imaginer. On retrouve au chant principal Moore et sa voix si particulière, à la fois douce, inquiétante et impassible, désormais la marque de fabrique du groupe. Enfin la contribution rythmique de Harrison, à la hauteur de ce qu’il fournit au sein de Porcupine Tree : sous de faux airs de simplicité se cache un jeu de batterie extrêmement subtil et terriblement créatif. Même recette pour les morceaux "Cold Call", "Guards" et "Big Chief II", chacun truffé d’une infinité de petits détails et effets électriques, électroniques et acoustiques en tous genres qui, assemblés selon une formule secrète, constituent le puzzle O.S.I. Egalement fidèles à la formule, les morceaux plus ambiants, toujours très beaux, toujours distillés en mêlant les mêmes ingrédients, les gros riffs en moins : "Indian Curse", "Wind Won’t Howl", "For Nothing". Une curiosité cependant sur Fire Make Thunder est cette pièce instrumentale intitulée "Prayer Missiles", constituée d’un enchaînement de plusieurs sections a priori sans trop d’unité, comme jetées au hasard de l’inspiration qui permet au passage à Harrison de se lâcher et faire une démonstration de l’étendue de son talent.
Tout en se plaçant dans la continuité discographique d’O.S.I., il faut bien avouer que cet album manque peut-être de cette petite étincelle qui le placerait à la hauteur de ses nobles prédécesseurs. Une certaine nonchalance, une lourdeur se dégage au final de l’ensemble, et même si toutes les qualités qui font O.S.I. sont présentes, on n’en reste pas moins sur sa faim, avec cette impression de petit quelque chose qui fait défaut, un manque de dynamisme, de trouvailles inattendues auxquelles on avait été habitués depuis les premiers balbutiements de l’O.V.N.I. O.S.I.. Cette impression est certainement en partie due à la proportion de morceaux dits ambiants que compte l’album : quatre sur un total de huit, plus de la moitié de la durée totale de l’album. Car un des intérêts que présente la musique d'O.S.I. réside dans l’alternance d’envolées musclées avec des passages beaucoup plus calmes. Or sur Fire Make Thunder les envolées épiques sont (trop) peu nombreuses et laissent un goût d’inachevé, même si les deux pôles entre lesquels oscillent O.S.I. sont rassemblés dans la pièce de clôture "Invisible Men" qui n’est pas sans rappeler le brillant "Shut Down" sur le tout premier album, mais en moins inspiré.


C’est l’impression globale qui reste de ce Fire Make Thunder en comparaison de la discographie d’O.S.I. : moins inspiré. Certes, le néophyte y trouvera maintes raisons de s’enthousiasmer devant ce son original, unique, rafraîchissant. Mais les vieux informateurs déjà dévoués à la cause O.S.I. risque d’être déçus : rien de bien neuf à l’horizon. 


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