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CHRONIQUE PAR ...

90
Seth
Cette chronique a été mise en ligne le 30 mai 2012
Sa note : 8/20

LINE UP

-Per Helge lande
(chant)

-Ole Walaunet 
(guitare)

-Tony Vetaas
(chant+basse)

-Kjetil Greve
(batterie)

TRACKLIST

1) Deathshake
2) I Rage
3) Dead to Me
4) Blood-Red and Black
5) Only One
6) Fallen
7) All Must Be Revealed
8) Soul Depart
9) Devil in Me
10) Lesson Learned

DISCOGRAPHIE

The Void (2012)

Deride - The Void
(2012) - metalcore - Label : Massacre Records



Les Norvégiens de Deride officient dans le style encore jeune du metal moderne (en voilà un euphémisme qu’il est bien), dans la branche thrashcore pour être plus précis. Un style qui simplement, comme la plupart du metal moderne, prend des éléments du thrash metal et y rajoute une couche de hardcore par-dessus.  Une recette qui a fait ses preuves au cours des dernières années, du moins commercialement. The Void constitue le troisième album du groupe et ne fait que confirmer la définition développée au-dessus.

Deride semble d’abord produire un thrash extrême, dont l’absence totale de voix claire le différenciera vite du thrash old-school. La rapidité et la technicité sont bien présentes, et Deride sera capable à plusieurs reprises de montées en puissance qui feront quand même leur petit effet. Mais même si l’ambiance de The Void donne une impression de thrash à son commencement, on finit cependant par désespérément tomber dans le thrashcore moderne, avec les voix et les rythmes saccadés qui correspondent, sans forcément que cela apporte quelque chose de croustillant à la soupe.  La puissance a beau être là, l’intensité reste absente de la recette, et l’on a beau chercher l’arrière-gout qui pourrait éventuellement rendre le tout intéressant, il ne vient malheureusement jamais.
Au cœur de ces fameux rythmes saccadés déjà cités, l’on aura parfois des semblants de mélodies qui s’entremêlent (on aura notamment droit à un riff un peu malsain au début de "Dead to Me", puis à un court solo de guitare au cœur de ce même morceau). Mais cet album est généralement un concentré de modern metal dans toute sa splendeur, c'est-à-dire qu’il bénéficie d’une bonne production, mais d’un contenu un peu standardisé, ce qui résulte à un type de son que l’on retrouvera assez souvent chez la plupart des groupes exerçant le style. Pas beaucoup de nouveauté donc, même si certains passages pourront potentiellement s’avérer prometteurs cependant, la fin de "Blood-Red and Black" en sera un exemple, en ce que la partie guitare se révèle plutôt intéressante, même si le chant conforme aux conventions du nu metal vient régulièrement ramener le tout sur la voie de l’ennui répétitif.
Cette bonne production mise à part (signée Massacre Records), nous avons généralement droit à des chansons très courtes, qui aboutissent malgré qu’elles soient au nombre de 10 à un album de trente-cinq minutes… Alors oui cela peut s’avérer assez court, surtout si l’on pense aux EP de quarante minutes de Rhapsody ou aux albums de Dream Theater qui font plus d’une heure trente (pour parler des extrêmes). Mais bien évidemment, l’objectif ici n’est pas le même, lorsque certains partent dans une recherche musicale toujours plus aux frontières du LSD, d’autres comme Deride vont préférer un son plus percutant, moins en nuance, qui fera son effet dès la première écoute. Des centaines de groupes ont préféré cette approche, même parmi les plus cultes (Accept pour ne pas les citer) et grand bien leur en a fait. Mais comme toujours quand on s’oriente ainsi, il faut être en mesure de proposer un son marquant de personnalité pour ne pas être oublié. Malheureusement, Deride n’en est pas encore là.


Deride poursuit donc tranquillement son bout de chemin, prenant ici et là des éléments de plusieurs styles qui lui plaît et les ajoutant aléatoirement à la mixture qui compose la musique du groupe. Le nom de l’album, The Void (le vide) est malheureusement pour eux trop parfait pour définir cet album. Et il est à espérer que Deride trouve le petit quelque chose en plus, la nouveauté pour se différencier au milieu de cette vague modern metal, et ce n'est pas la présence de Kjetil Greve d'Audrey Horne, qui chante quoi que ce soit à la donne pour l'instant.


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