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CHRONIQUE PAR ...

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Dupinguez
Cette chronique a été mise en ligne le 09 juillet 2012
Sa note : 14.5/20

LINE UP

-Apollo Papathanasio
(chant)

-Gus G.
(guitare)

-Petros Christodoulidis
(basse)

-Bob Katsionis
(guitare+clavier)

-Johan Nunez
(batterie

TRACKLIST

1) Wall of Sound
2) Losing My Mind
3) Few Against Many
4) The Undying Fire
5) Another Dimension
6) Glorious
7) Edge of a Dream
8) Destiny
9) Long Gone Tomorrow
10) No Heroes, No Sinners
11) Battleborn
12) No Heroes, No Sinners (acoustic)

DISCOGRAPHIE


Firewind - Few Against Many
(2012) - heavy metal - Label : Century Media



Firewind, c’est une affaire qui commence à bien tourner. Un rythme de sortie réglé comme du papier à musique, une qualité constante, une discographie bien fournie... et peut-être aussi une certaine lassitude, due à un manque d’ambition flagrant. Certes, le combo s’est taillé une bonne place sur la scène heavy à coups d’albums solides, mais n’a jamais vraiment su définir sa patte, sa touche personnelle, ce petit supplément d’âme qui lui aurait permis de se démarquer définitivement de la masse. La dernière livraison en date, Few Against Many, va-t-elle changer la donne?

La première chose qui frappe en lançant l’album, et pas dans le bon sens du terme, c’est la production. En effet, l’ensemble sonne un peu sourd et manque clairement d’espace, d’aération. Cela fait bizarre, en 2012, d’assister à une régression à ce niveau. Pourtant, Gus G, le guitariste leader du combo, doit quand même se faire suffisamment de blé chez le père Osbourne pour pouvoir se payer des productions dignes de ce nom. Mais qu’importe, c’est tout de même largement supportable, donc on fera avec. Niveau composition, vous vous en doutez probablement après la lecture de l’introduction qui ne trompera personne : on est en terrain connu. Avec toujours une efficacité de tous les instants, à commencer par l’opener (logique) "Wall of Sound", qui fleure bon le métier et l’experience : introduction qui fait subtilement (ou pas, en fait) monter la sauce, riff up-tempo, couplets sur rythmique acérée, chant puissant, tout est d’entrée posé sur la table pour que l’auditeur puisse être à l’aise dans son canapé et qu’il ait tout à sa disposition sans trop s’investir.
Le problème, c’est qu’à trop faire dans le catchy l’immédiat, on en fait des albums rapidement périssables. Prenons la chanson-titre : bon refrain, bon riff, mélodies sympa, petite accalmie centrale bienvenue... et pourtant, aussitôt écoutée, aussitôt oubliée. Le problème, c’est que ce genre de titres, il y en a une pelletée. Et puis voilà, le pire, c’est que c’est carrément bien torché à chaque fois. Alors au bout d’un moment, on a envie de se poser la question suivante : est-ce que ça suffit encore, aujourd’hui, quand on sort un album de heavy, de se contenter de faire dans la qualité en mettant de côté toute originalité? Les lecteurs les plus avertis, qui connaissent le goût prononcé de leur serviteur pour Grave Digger, seront peut-être surpris de lire que non, ça ne suffit plus. C’est d’autant plus dommage que les rares tentatives de variations, qui se situent plutôt en deuxième partie d’album, font mouche à chaque fois : la ballade "Edge of a Dream" (avec les Apocalyptica, histoire d’en rajouter côté dramatique), dans laquelle Apollo nous effraie un peu au début avant de sortir une très belle performance vocale, ou encore "Battleborn", mid-tempo épique bien senti aux ambiances travaillées.


Dommage, donc, quand on sait que le groupe est capable de produire un peu autre chose quand il s’en donne la peine, de se contenter d’un « album de plus »... Que les fans se rassurent, la qualité est toujours là, et c’est bien le principal pour ceux qui s’en contentent. Mais ne vaudrait-il pas mieux tourner le regard vers les rares groupes qui tentent encore de faire avancer le style, comme Voyager, pour ne citer qu’eux? 


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