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CHRONIQUE PAR ...

88
Mita
Cette chronique a été mise en ligne le 25 juillet 2012
Sa note : 16/20

LINE UP

-Xarius
(chant)

-Johannes
(guitare)

-Franz
(guitare)

-Caoimhin
(basse)

-Boronian Sturmfels
(batterie)

-Antimaterie
(claviers)

TRACKLIST

1) Spiegelbild der Vergangenheit
2) Weltenwanderung
3) Wenn die Nacht den Tag Verdrängt
4)
Ein Neuer Anfang
5) Wanduhr
6) Totes Licht
7) Mut zum Letzten Schritt
8) Virus
9) Die Begegnung

DISCOGRAPHIE


Locus Neminis - Weltenwanderung
(2012) - black metal cosmique - Label : Autoproduction



Le black metal symphonique et grandiloquent semble être un genre en totale perdition. Alors que les clones de Dimmu Borgir se multiplient (veuillez vous référer à la chronique de Krake par Lucificum), que les enfants cachés de Cradle of Filth nous font vomir (veuillez vous référer à la chronique de Nachtblut par moi-même), et que le renouveau peine à arriver, un petit groupe résiste encore et toujours à la facilité. Enfin, du moins, son premier album, extrêmement prometteur. La formation autrichienne de Locus Nominis promet du bon avec Weltenwanderung.

Pour vous situer un peu la chose, le sextet va plutôt piocher vers ce qui a fait le succès du style plutôt, au contraire, que de toucher à la grandiloquence d'un Abrahadabra. Alors ne vous étonnez pas si point d'orchestrations ne viennent vous fanfaronner au nez leurs notes peu discrètes, recouvrant la guitare. Non, rien de tout cela ici, mais plutôt une fusion totale entre guitare et clavier, avec pour objectif principal d'arriver à créer en premier lieu des ambiances somptueuses et intrigantes, qui nous permettent de voyager vers les terres inconnues dessinées par la musique de nos chers Autrichiens. La langue de Goethe, elle, offre un côté tranchant et martial à la fois, idéal grâce aux quelques sonorités industrielles qui viennent s'apposer ici et là.
Le concept majeur du brûlot porte donc sur le voyage, mais pas n'importe lequel. Plutôt quelque chose de cosmique, un thème déjà utilisé par Darkspace, par exemple. Et si Locus Neminis ne sera pas la formation la plus originale du monde, force est de constater qu'elle réussit très bien, non seulement, à nous transporter, mais aussi à délivrer un black metal riche, harmonieux, composé avec talent, construit avec conviction. "Wenn Die Nacht Den Tag Verdrangt" est un parfait exemple des capacités énormes de la formation : à la fois puissant par sa rythmique violente et sa batterie qui impose, mais envoûtant et glacial, grâce à des claviers, des chœurs et des ambiances magnifiquement retranscrites. De quoi savourer pleinement notre traversée dans le cœur de la nuit.
Petit bémol toutefois, le chant. Xarius n'est pas mauvais, mais également loin d'être excellent, car sa voix manque sérieusement de nuances et de modulations. Il reste dans un registre extrêmement linéaire, ne variant son growl que trop peu, et, s'il est puissant, il ne propulse pas au stade supérieur le côté vocal de Locus Neminis. Il n'entache heureusement pas du tout le bilan général, et si ce point est à améliorer, il reste mineur. L'autre petit défaut, c'est une inspiration assez marquée tout le long sur Arcturus. C'est parfois assez flagrant au niveau des claviers, et cela peut ainsi sentir, de temps en temps, la facilité. Mais cette remarque sera immédiatement tempérée par l'inspiration réelle de la musique et la haute teneur générale.
Il est aussi drôle de constater que les titres oscillent, eux, entre le très bon et l'excellent. Ca change de ne pas avoir à trier entre bof, médiocre et à jeter. Ici, les deux titres en deçà que sont "Wanduhr" et "Die Begegnung" restent très agréables, et le second, piste longue, si elle traîne encore quelques défauts (chant, rares longueurs) n'en reste pas moins une réussite. Mais "Ein Neuer Anfang", l'éponyme ou "Mut Zum Letzten Shritt" portent le groupe à l'apogée du black symphonique : entre des solos réussis et des parties acoustiques magnifiques dans la première, et un côté Arcturus dans ses meilleurs jours, noble et prenant dans les deux suivantes, comment ne pas succomber à un tel charme ? Et surtout, ce côté à la fois atmosphérique, cosmique, est prenant du début à la fin.


Weltenwanderung est un excellent album, du début à la fin. S'il possède encore quelques passages à vide, doit se démarquer de ses influences et trouver une meilleure place pour le chant, on ne pourra que succomber sur son aspect ambiant, son trip cosmique, sa beauté … Tout ce que l'on peut attendre d'une très grande œuvre du black symphonique. Locus Neminis place donc déjà la barre très très haute, et il va être difficile de sauter plus haut par la suite. Mais je suis certaine qu'ils en sont capables : attendons de voir le second effort.


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