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CHRONIQUE PAR ...

88
Mita
Cette chronique a été mise en ligne le 29 juillet 2012
Sa note : 16/20

LINE UP

-Beyza
(chant)

-Max
(guitare)

-G Rem
(basse)

-Jelly
(batterie)

TRACKLIST

1) Rebirth
2) Hate the Enemy
3) Sinner
4) Desire
5) Behind the Curtains
6) Back to Life
7) Obsession
8) Tell Me Lies
9) Awake
10) Forgotten
11) My Reality
12) End of My Story

DISCOGRAPHIE

Hypnotic (2012)

Astral Tears - Hypnotic
(2012) - néo metal oriental - Label : Autoproduction



Parfois les bonnes surprises vous tombent dessus, comme ça, c'est inattendu mais ça fait un bien fou. Et dans ces moments-là, être chroniqueuse devient une joie absolue. Pour ainsi dire, rien ne prédestinait Astral Tears, formation en provenance d'Orléans, à être l'un de ces groupes qui vous foutent une claque monumentale en un seul album. Et pourtant, Hypnotic est aussi professionnel qu'il regorge d'idées excellentes pour le futur.

Le metal joué par notre combo est moderne, très moderne même. Et ce côté au goût du jour est présent partout : dans les parties instrumentales puissantes et calculées, ou dans une production qui semble nous provenir tout droit d'un gros studio. Peut-être même l'un des meilleurs sons entendu jusque là pour une autoprod', ce qui est rare, et ne dénature en rien le charme procuré par la musique, mélodique mais agressive. On pourrait rapprocher ce que délivre Astral Tears d'un croisement entre, principalement, la période récente de Lacuna Coil (en largement plus inspiré !), et des passages musicaux à la Textures des plus surprenants. Inventif, le groupe ne recule devant rien pour montrer qu'ils peuvent percer dans le milieu.
Car, couplé à ce metal moderne, technique et rentre-dedans, on retrouve un propos diversifié au possible, qui évite toute répétition et linéarité. Chaque piste se suit de manière harmonieuse, en gardant un fil conducteur mais qui n'hésite pas à changer les paysages. D'un "Hate the Enemy" plus tranchant et simpliste, à un "Back to Life" qui offre une montée en puissance avec un refrain très émotionnel, ou encore "Behind the Curtains" qui nous ferait voyager dans des contrées éloignées, au plein cœur de l'Orient, l'inspiration d'Astral Tears est sans failles. Il y en a pour tous les goûts et les couleurs, et par de nombreux aspects, la formation française se démarque de sa concurrence sans l'ombre d'un problème. Là où un combo comme Exilia profile de la polyvalence de sa chanteuse, Astral Tears se démarque par ses ambiances.
Car le metal mélodique moderne du quatuor voit en son rang une chanteuse de grand talent : Beyza. Si la jeune femme nous fait souvent penser à un mélange entre Cristina Scabbia (Lacuna Coil) et Miri Milman (System Divide) dans le timbre, ses lignes de chant apportent le petit plus qui fait toute la différence, par un aspect oriental, mystérieux et sensuel. Sa performance sur la superbe "Desire" est envoûtante, et son interprétation sied comme un gant de velours. Lignes variées, mélancoliques ou énergiques, elle ne manque ni de technique, ni d'émotions, et c'est un atout que le combo exploite très bien, même si on ne pourrait qu'encourager Astral Tears à renforcer encore davantage les influences orientales, qui donnent vraiment ce goût d'exotisme, là où trop de groupes du genre manquent à la fois de personnalité et de saveur.
Ce qui est sûr, c'est que tout est fait pour fonctionner, mais toujours avec de la passion et du sérieux, sans se laisser aller à manquer d'âme. Si "Hate the Enemy" et "Sinner", bien que plutôt efficaces, sont un peu sous le lot (le groupe tombe un peu dans la facilité sur ces deux titres), elles sont compensées par des morceaux qui poussent l'atmosphère à son apogée, ou tout simplement des pistes à l'impressionnant pouvoir attractif. Dans le premier cas, c'est "Desire" et "Behind the Curtains" qui se suivent et amènent de la douceur, de l'autre côté c'est "Back to Life", "Tell Me Lies" ou "My Reality" qui prennent au tripes et vous collent un refrain dans votre esprit, refrain dont vous ne vous débarrasserez pas avant quelques temps, et tant mieux, tant il est travaillé et bien construit.


Astral Tears, avec son Hypnotic, frappe un grand coup et obligent les autres groupes à se réveiller s'ils veulent réussir à faire aussi bien. Car le professionnalisme et la qualité de la musique délivrée est stupéfiante, et il ne manque pas grand chose pour être leader du genre, loin devant les plus faibles Lacuna Coil ou Kells. Et c'est sans aucun problème que les Français devraient trouver un label très rapidement, et même un gros, tiens. Napalm, Spinefarm, etc, un bon groupe français, ça ne vous tente pas ?


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